Expert en tourisme

Michel Archambault a fait de la Chaire de tourisme Transat une référence incontournable sur la scène internationale.

4 Décembre 2013 à 11H23

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Michel Archambault. Photo: Miguel Morelli.

L'École des sciences de la gestion (ESG) doit beaucoup au professeur Michel Archambault, qui a créé en 1992 la Chaire de tourisme, devenue depuis  la Chaire de tourisme Transat, une référence dans la francophonie et dans le reste du Canada. «La Chaire a contribué à la notoriété de l'École et de l'UQAM, car ses experts sont parmi les plus cités de l'université dans les médias», note avec fierté son créateur, qui a reçu le titre de professeur émérite du Département d'études urbaines et touristiques.

Détenteur d'un baccalauréat en commerce de HEC Montréal, d'une maîtrise en sciences de la gestion de l'Université catholique de Louvain et d'un doctorat en sciences économiques appliquées de l'Université libre de Bruxelles, Michel Archambault a d'abord travaillé dans le secteur privé avant de décrocher un poste de professeur à HEC Montréal. Il a ensuite été sous-ministre adjoint à la Main-d'œuvre et à l'Emploi ainsi qu'au Tourisme. «C'est là que j'ai eu la piqûre, raconte-t-il. Qui n'aimerait pas travailler dans un domaine qui procure du plaisir aux gens? Le tourisme est une ouverture sur le monde et c'est une industrie transversale fascinante.»

De retour à HEC Montréal après son passage dans la fonction publique, il a soumis l'idée de créer une chaire de tourisme, mais n'a pas obtenu d'échos favorables. L'UQAM a manifesté son intérêt. La Chaire de tourisme Transat, dont Michel Archambault fut titulaire jusqu'en 2012, a servi de modèle à la création de plusieurs autres chaires de recherche-innovation à l'UQAM. «Nous avons réussi à associer à la Chaire les principaux acteurs sociaux, économiques et culturels du domaine du tourisme, ce qui nous a permis de constituer un fonds de dotation de plus d'un million de dollars, qui est géré par la Fondation de l'UQAM», souligne Michel Archambault.

À une époque où les occasions de réseautage étaient peu nombreuses pour les hauts dirigeants touristiques, le professeur a créé – en partenariat avec American Express – le Cercle de tourisme du Québec. Celui-ci s'est réuni de 1994 à 2009 à plus d'une soixantaine de reprises, mobilisant chaque fois des conférenciers prestigieux.

Michel Archambault est aussi l'instigateur du Réseau de veille en tourisme créé en 2004, un organisme dédié à la collecte et à la diffusion d'informations stratégiques, qui reçoit plus de 400 000 visites par an sur son site Web. Le Réseau de veille de la Chaire était cité comme un modèle à suivre par la direction du tourisme de l'OCDE dans un rapport publié en 2010. «La Chaire et le Réseau de veille nous ont permis au fil des ans de former une relève dans le domaine, ajoute le professeur émérite. Ce sont aujourd'hui nos diplômés, passionnés par le tourisme, qui ont pris le relais.»

À titre de chercheur, il a organisé plusieurs colloques et symposiums internationaux dans le domaine du tourisme et publié plusieurs ouvrages devenus des références. Il a également enseigné à tous les cycles d'études. Les Gueuletons touristiques, des dîners-conférences mettant les étudiants en contact avec les employeurs, figurent aussi parmi ses réalisations.

Le statut de professeur émérite ne signifie pas que l'heure de la retraite a sonné. «Je m'intéresse depuis quelques années aux impacts des changements climatiques sur le tourisme et je poursuis des recherches en ce sens», précise Michel Archambault. Le chercheur occupe le poste de président du Bureau des gouverneurs de la Chaire de tourisme Transat et il vient d'être nommé président par intérim du conseil d'administration de Tourisme Montréal. Il est également président du conseil d'administration du Festival Montréal en lumière et membre du Comité directeur en tourisme mis de l'avant pour conseiller le ministre.

Difficile de ne pas tenter de soutirer à ce spécialiste du tourisme quelques confidences sur ses vacances idéales. «Je retourne à Cape Cod depuis 25 ans, mais cela ne m'empêche pas de découvrir de nouvelles destinations, dit-il en riant. J'adore que ma curiosité soit piquée, autant dans un environnement urbain qu'en pleine nature. Je suis par ailleurs un voyageur qui ne se contente pas d'une seule formule. Hôtel, auberges, gîtes, bed & breakfasts ou camping, j'aime tous les modes de séjour. L'important est d'être déconnecté de la réalité du travail et de profiter pleinement des ressources de l'endroit visité – sport, culture et gastronomie sont des incontournables.»

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