L'art d'analyser les données

Le SCAD offre un soutien aux étudiants de cycles supérieurs qui doivent utiliser des méthodes statistiques pour leurs recherches.

10 Mars 2014 à 14H43

Photo

Coordonnatrice du Service de consultation en analyse de données (SCAD) du Département de mathématiques, Jill Vandermeerschen accueille parfois dans son bureau des candidats à la maîtrise ou au doctorat qui sont assis sur des mines de données précieuses… impossibles à exploiter. «Ce sont des étudiants qui ont terminé leur cueillette de données et qui ne savent pas comment les analyser», dit-elle.

Ce service, qui existe à l'UQAM depuis plus de 25 ans, gagnerait à être connu davantage par la communauté universitaire. «En pratique, l'intervention du statisticien devrait toujours se situer en amont du travail de recherche, explique Geneviève Lefebvre, professeure au Département de mathématiques et directrice du SCAD. Il faut choisir la bonne méthode statistique et l'arrimer correctement à des questions de recherche bien définies. Malheureusement, ce n'est pas toujours ce qui arrive.»

Les étudiants aux cycles supérieurs qui consultent le SCAD ont suivi des cours de statistique, mais cela n'est souvent pas suffisant, notent les deux expertes. «Dans ces cours de base, les données collent parfaitement aux modèles utilisés, mais dans la réalité, ce n'est pas toujours le cas», souligne Jill Vandermeerschen. «Les étudiants apprennent comment utiliser les méthodes, sans connaître la théorie qui précède le choix d'une méthode ou d'un logiciel plutôt qu'un autre, complète Geneviève Lefebvre. Nous sommes là pour les former et les guider dans ce processus.»

Les étudiants en priorité

Le SCAD offre du soutien en priorité aux étudiants des cycles supérieurs, pour les recherches effectuées dans le cadre de leur mémoire ou thèse. «Plusieurs étudiants viennent me voir au début de leur maîtrise ou de leur doctorat avec un plan d'analyse et me demandent s'ils sont sur la bonne voie», illustre Jill Vandermeerschen. «C'est un art d'apprendre à choisir la méthode statistique appropriée pour répondre à des questions de recherche», ajoute Geneviève Lefebvre.

Photo
Jill Vandermeerschen. Photo: Nathalie St-Pierre

Si les étudiants arrivent avec leurs données et une foule de questions, la coordonnatrice du SCAD leur vient en aide. «Je n'effectue pas les analyses à leur place, mais je leur indique comment on applique une méthode statistique pour qu'ils comprennent ce qu'ils ont à faire. Je leur donne en quelque sorte une formation», explique Jill Vandermeerschen.

Les demandes proviennent d'étudiants inscrits dans des disciplines variées, en biologie et en kinanthropologie, mais aussi en didactique des langues, en linguistique et en psychologie, entre autres. «En général, le SCAD traite davantage avec des étudiants qui ne sont pas inscrits en sciences», note la directrice.

Le SCAD offre aussi ses services aux professeurs, chargés de cours, agents de recherche ou post-doctorants de l'UQAM, moyennant un tarif horaire, comme c'est le cas pour les chercheurs, les équipes de recherche ou les organismes externes. «Les demandes provenant de l'externe grimpent en flèche, mais nous acceptons ce genre de contrats seulement quand le temps le permet», précise Jill Vandermeerschen, qui avoue ne pas manquer de travail lorsqu'approche la période de dépôt des demandes de subventions. L'argent reçu à titre d'honoraires est transformé en bourses de stage pour les étudiants en statistique.

La coordonnatrice n'est pas seule dans le travail de soutien, car elle peut toujours faire appel aux sept membres du comité scientifique du SCAD, tous des professeurs du Département de mathématiques ayant des expertises particulières dans le domaine des statistiques.

Des projets en développement

Photo
Geneviève Lefebvre. Photo: Émilie Tournevache

Geneviève Lefebvre a pris la relève de la professeure Sorana Froda à titre de directrice du SCAD en juin 2013. Un mois plus tard, Jill Vandermeerschen était embauchée à titre de coordonnatrice, en remplacement de Bertrand Fournier, parti à la retraite. Proposer des stages constitue le premier projet du duo, qui souhaite développer de nouveaux créneaux. «Au département, nous offrons des programmes en statistique, mais  il n'est pas évident de recréer dans les cours la pratique de la statistique telle qu'elle est vécue sur le marché du travail, explique Geneviève Lefebvre. Voilà pourquoi nous aimerions offrir aux étudiants de premier cycle en statistique des stages au cours desquels ils seraient amenés à travailler sur des cas réels.» Les détails concernant un premier stage offert à l'été 2014 se retrouvent sur le site du SCAD.

Si le projet fonctionne bien, Jill Vandermeerschen et Geneviève Lefebvre projettent d'établir des partenariats avec des groupes de recherche afin d'offrir d'autres types de stages, cette fois aux étudiants de cycles supérieurs en statistique. Elles aimeraient aussi éventuellement répondre à la demande concernant des besoins de formation avec les logiciels statistiques les plus couramment utilisés.

«Bref, nous croyons qu'il y a beaucoup de chercheurs, étudiants ou professeurs qui pourraient bénéficier de notre expertise», concluent Geneviève Lefebvre et Jill Vandermeerschen.

PARTAGER