Objectif: 30 stades!

Une étudiante et un diplômé partent sur les routes américaines afin de promouvoir le retour du baseball majeur à Montréal.

5 Mai 2014 à 14H39

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Gabriel Morissette et Adry Laurin. Photo: Nathalie St-Pierre

Gabriel Morissette et Adry Laurin, deux passionnés d'histoire et de baseball dans la jeune vingtaine, s'apprêtent à se payer un road trip hors de l'ordinaire: assister à un match dans chacun des 30 stades de la Ligue majeure de baseball. Leur but: faire la promotion du baseball et du retour des Expos à Montréal. Le nom de leur aventure: Montreal on the road.

Les deux amoureux se sont rencontrés il y a un an. Gabriel était finissant en enseignement secondaire, concentration sciences humaines/univers social (il est depuis diplômé), Adry est étudiante au bac en histoire. «Mes parents étaient entraîneurs de baseball et de balle-molle, ma sœur et moi y avons joué de 10 à 17 ans», raconte Adry Laurin. C'est donc elle la joueuse et lui le fan de salon. «Disons que son lancer est meilleur que le mien», dit en riant Gabriel Morissette. «Je comprends toutes les facettes du jeu et il est mordu de statistiques et d'histoire. On se complète bien!», renchérit Adry.

Les deux amateurs ont assisté aux matchs présaison entre les Blue Jays et les Mets, présentés en mars dernier au Stade olympique. Selon eux, la fièvre du baseball s'est de nouveau emparée de Montréal. «Il y a aussi le Projet Baseball Montréal, piloté par l'ancien joueur des Expos, Warren Cromartie, qui souhaite ramener une équipe dans la métropole. Et Expos Nation, qui est partenaire de notre aventure. Bref, il y a encore de nombreux fans de baseball à Montréal», note Gabriel Morissette.

Les préparatifs

«Nous avons économisé l'argent nécessaire pour acheter des billets et de l'essence. La nourriture et le sommeil passeront en second!», dit en riant Adry Laurin à propos de leur périple. Les deux aventuriers dormiront la plupart du temps dans leur minifourgonnette. Ils veulent être indépendants et n'attendent pas la charité, mais ils ne cracheraient pas non plus sur une commandite ou deux pour leur donner un coup de main. «Si des gens nous donnent de l'argent, cela nous permettra de dormir dans une chambre d'hôtel une fois aux 6 jours plutôt qu'aux 8 jours et nous pourrons peut-être manger un bon repas. Mais sinon ce n'est pas grave: nous mangerons des Ramen!», ajoute la jeune femme.

Des gens intéressés par leur aventure ont offert au duo des billets gratuits dans certaines villes, de l'hébergement ici et là et ils ont même été contactés par des ballpark chasers (des amateurs de baseball poursuivant également l'objectif de visiter tous les stades) qui leur ont donné des conseils.

L'itinéraire

Bâtir leur itinéraire ne fut pas de tout repos. «Les équipes jouent souvent six matchs à domicile, puis six matchs à l'étranger, et elles ont ensuite un jour de congé. Si on arrive dans une ville une journée trop tard, on peut être obligé d'attendre sept jours avant le prochain match local», explique Gabriel. C'est pourquoi leur itinéraire comporte quelques zigzags. «Et on se croise les doigts pour ne pas que la pluie reporte trop de matchs!», ajoute Adry.

Leur périple s'amorcera à la fin juin par un arrêt à Cooperstown (New York), lieu du Temple de la renommée du baseball majeur. Ils assisteront à leur premier match le 1er juillet au Fenway Park de Boston et termineront leur aventure au Rogers Centre, à Toronto, le 28 septembre.

Passionnés d'histoire, les deux complices ont prévu quelques arrêts culturels, notamment à Gettysburg (Pennsylvanie), à Savannah (Georgie), à la Nouvelle-Orléans, à Las Vegas (pour la ville et pour Hoover Dam, le barrage sur le fleuve Colorado entre le Nevada et l'Arizona), au Parc national de Yosemite (Californie), au Parc national de Yellowstone (Wyoming), à Portland (Oregon) et à Niagara Falls. Et comme ce sont de vrais amateurs de sports, ils s'arrêteront aussi à Odessa (Texas), domicile des Permian Panthers, l'équipe de football ayant inspiré le livre et le film Friday Night Lights, età Dyersville (Iowa) pour visiter Field of Dreams, le site où a été tourné le film du même nom mettant en vedette Kevin Costner en 1989. Ils effectueront aussi un saut au stade de l'équipe de football des Wolverines de l'Université du Michigan.

Se faire voir

Adry Laurin et Gabriel Morissette comptent bien être visibles avec leur attirail des Expos durant leur passage dans tous ces stades. «Nous sommes emballés d'aller à la rencontre des gens pour leur expliquer le but de notre démarche, explique Gabriel. Et avec les médias sociaux, qui sait, cela pourrait rapidement faire boule de neige.»

Ils se serviront de leur blogue pour consigner leurs commentaires et réflexions après chacun de leurs arrêts. Leurs comptes Twitter, Facebook et Instagram seront aussi alimentés en photos et autres anecdotes durant le voyage. «Nous tenterons aussi de réaliser de courts films afin d'effectuer un montage à notre retour», ajoute Gabriel.

Ils souhaitent également contacter les médias locaux dans chaque ville afin de donner encore plus de visibilité à leur projet. «Bien sûr, nous garderons profil bas dans les stades où les équipes vont mal financièrement, pour ne pas avoir l'air de vouloir leur enlever leur équipe, précise Gabriel. Nous savons à quel point c'est douloureux de perdre une équipe, alors nous respecterons les partisans.»

Un véritable espoir?

Le retour des Expos est-il envisageable? «Il faudrait un nouveau stade au centre-ville et une solide planification financière, mais j'y crois», affirme Adry Laurin. «Regardez les Jets de Winnipeg au hockey ou les Ravens de Baltimore au football, ajoute Gabriel Morissette. Toutes les villes qui ont obtenu une seconde chance avec une équipe professionnelle en ont fait un succès. Pourquoi pas Montréal avec les Expos?»

Pour appuyer financièrement le projet Montreal on the road: http://montrealontheroad.com/about/

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