Artisan d'une discipline universitaire

Michel Despland reçoit un doctorat honorifique pour sa contribution exceptionnelle au domaine des sciences de la religion.

17 Novembre 2014 à 10H20

Le recteur Robert Proulx, le nouveau docteur honorifique Michel Despland, et la doyenne de la Faculté des sciences humaines, Josée S. Lafond.Photo: Jean-François Hamelin

Par décision de son Conseil d'administration et sur la recommandation de sa Faculté des sciences humaines, l'UQAM a décerné le 14 novembre dernier un doctorat honoris causa à Michel Despland. L'Université veut ainsi souligner le rayonnement intellectuel, culturel et social de sa remarquable carrière universitaire d’enseignant et de chercheur en sciences des religions au Québec, au Canada et à l’échelle internationale.

L'événement avait lieu à la salle Pierre-Mercure du Centre Pierre-Péladeau, dans le cadre de la collation des grades de la Faculté des sciences humaines, organisée par le Bureau des diplômés en collaboration avec le Registrariat, les facultés, divers services et le Centre Pierre-Péladeau. Plus de 200 diplômés ont assisté à la cérémonie en présence de nombreux invités, parents et amis.

La genèse des sciences des religions

Né en Suisse, Michel Despland a obtenu une licence en théologie de l'Université de Lausanne, puis une maîtrise et un doctorat de l'Université Harvard en 1966. Il enseigne d'abord au Presbyterian College de l'Université McGill et ensuite au Département d'étude de la religion de l'Université Sir George Williams. C'est un contrat de recherche auprès de la Commission Laurendeau-Dunton sur le bilinguisme et le biculturalisme, en 1965, qui marque le début de la participation du professeur Despland aux débats de société entourant la sécularisation des institutions culturelles et sociales ainsi que la place du religieux au Québec.

«Dans le monde universitaire, on assiste alors à la déconfessionnalisation des établissements existants, à la création d'universités, de même qu'au développement d'un domaine de recherche que l'on va appeler "sciences des religions", a rappelé Jacques Pierre, directeur du Département de sciences des religions de l'UQAM», qui a prononcé l'éloge à Michel Despland. À cette époque, cette discipline cherche à se donner au Québec une place institutionnelle qui lui soit propre. «Le professeur Michel Despland sera un des artisans les plus importants de cette genèse disciplinaire, a souligné Jacques Pierre. La Société canadienne d'étude des religions, qu'il a contribué à créer et dont il sera le premier secrétaire, reste aujourd'hui encore le porte-étendard des sciences des religions au Canada. M. Despland est aussi l'un des fondateurs de la Société québécoise pour l'étude de la religion, créée en 1989.»

Au cours de sa carrière de presque 50 ans à l'Université Concordia (née de la fusion, en 1974, de l'Université Sir George Williams et du collège Loyola), Michel Despland a formé une relève importante de chercheurs et d'enseignants. L'abondance et l'importance scientifique de sa production sont nourries par une érudition exemplaire, de même que par les collaborations fructueuses qu'il a instaurées avec les communautés universitaires francophones et anglophones du pays.

Son œuvre est traversée par des thèmes qui lui sont chers, notamment la philosophie et l'histoire du concept de religion, l'histoire du christianisme, l'histoire des sciences des religions en France au XIXe siècle et les théories du sacrifice. Ses travaux portent également sur la responsabilité du savant à l'égard du présent. Témoin attentif de l'évolution du discours sur la laïcité au Québec, il a publié en 2009, aux Presses de l'Université Laval, un ouvrage intitulé Vivre ensemble : croyances et sciences en terre laïque. Récipiendaire de nombreuses bourses et subventions de recherche, il est membre de la Société royale du Canada depuis 1997. Il a aussi joint le Provost's Circle of Distinction de l'Université Concordia, en 2009, et y a reçu, en 2012, le titre de professeur émérite.

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