Vues sur Rio

Des étudiants en design présentent une exposition sur les transformations urbaines et sociales à Rio.

10 Octobre 2014 à 14H06

L’exposition photo Rio: Méga-événements et transformations urbaines.Photo: Nathalie St-Pierre

Le hall du pavillon de Design de l’UQAM accueille, jusqu'au 22 octobre, l’exposition photo Rio: Méga-événements et transformations urbaines. Conçu par 14 étudiants de l'École de design, ce projet témoigne de leur expérience à la suite d'un séjour d'études effectué à Rio de Janeiro, en mai dernier, dans le cadre du cours «Rio de Janeiro: La ville-événement en construction», donné par leur professeure Anne-Marie Broudehoux de l'École. En sa compagnie, les 14 étudiants, qui proviennent de quatre programmes d'études en design (baccalauréat et maîtrise en design de l'environnement, D.E.S.S. en architecture moderne et patrimoine et D.E.S.S. en design d'événements), ont visité durant deux semaines des infrastructures sportives, des sites de grands projets en construction ainsi que des favelas, en plus de participer à des événements culturels.

L'exposition présente une série de photographies ainsi qu'une vidéo portant notamment sur les transformations urbaines et sociales subies par la ville de Rio en prévision de la tenue de deux méga-événements sportifs, soit la Coupe du monde de football en juin 2014 et les Jeux olympiques d'été de 2016. «Malheureusement, de telles mégaconstructions entraînent bien souvent la destruction de l'environnement et du tissu social, de même que des déplacements forcés de populations défavorisées qui habitent dans les favelas, soit sur les lieux où ont eu lieu les événements ou sur les sites de ceux qui s'y dérouleront», explique Anne-Marie Broudehoux qui, dans le cadre de ses recherches, s'intéresse à ces problématiques.

L'exposition met en valeur deux visions opposées de la ville de Rio de Janeiro, surnommée la cidade maravilhosa (ville merveilleuse). «Rio est une ville rêvée, bâtie par les pouvoirs en place, qui abrite des méga-projets et de grands chantiers comme ceux de la zone portuaire de Porto Maravilha et de l'ascenseur de Cantagalo, inauguré en 2010, lequel offre une vue saisissante sur la ville», souligne Marie-Hélène Roch, étudiante au D.E.S.S. en design d'événements, qui a participé au stage et à l'exposition. «Mais Rio est également une ville occupée où l'on trouve les laissés-pour-compte du récent boom économique et de nombreux résidents de favelas qui s'organisent tant bien que mal en mettant sur pied des petits commerces informels et qui se construisent ou se reconstruisent un milieu de vie en réutilisant toutes sortes d'objets et de matériaux, poursuit-elle. Cette exposition veut à tout prix éviter le piège du misérabilisme et de la caricature, car notre expérience là-bas a été des plus positives.»

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