Stages en RD

L'expertise des professeurs est précieuse pour des entreprises souhaitant démarrer de nouveaux projets. Et les étudiants en profitent.

30 Mai 2014 à 14H45

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Création d’un parc d’eau-vive au parc Jean-Drapeau de Montréal. Alexandre Fréchette, candidat à la maîtrise en géographie travaille actuellement sur ce projet dans le cadre de son stage Mitacs Accélération à la Fédération québécoise de canoë-kayak d’eau-vive. Il est supervisé par le professeur Sylvain Lefebvre.

Au cours des dernières années, plusieurs études ont relevé que le nombre de diplômés au doctorat a dépassé la capacité des universités à les recruter comme professeurs. Tous ces Ph.D. aspirent pourtant à trouver leur place au soleil. «Nous leur offrons la possibilité de tâter le terrain du côté des équipes de recherche et développement (RD)», affirme Jean-Philippe Valois, directeur du développement des affaires chez Mitacs.

Créée en 1999, Mitacs est une organisation canadienne à but non lucratif qui sert d'intermédiaire entre les entreprises, les professeurs et les étudiants de cycles supérieurs – maîtrise, doctorat et postdoctorat. «Nous donnons un coup de pouce aux organisations qui ont une problématique à résoudre en RD, mais qui n'ont pas le savoir-faire, ou le temps, ou suffisamment d'argent pour le faire, et qui voudraient profiter de l'expertise d'un professeur chevronné dans le domaine, explique Jean-Philippe Valois. Habituellement, c'est une occasion pour impliquer un étudiant de cycle supérieur.»

Mitacs propose à l'organisation d'investir un montant (habituellement autour de 7 500 $) qu'elle doublera (pour atteindre 15 000 $). Cela permet alors au professeur associé au projet d'offrir un stage de 4 à 6 mois à l’un de ses étudiants. En 2013-2014, une trentaine de projets ont permis d'offrir 57 stages à des étudiants de l'UQAM, dans des domaines comme les sciences de la gestion, les sciences de la Terre et de l'atmosphère, la biologie et la géographie. «Nous avons quadruplé le nombre de stages offerts par rapport à l'an dernier», souligne Jean-Philippe Valois.

Ce sont parfois les entreprises qui déposent une demande d'expertise auprès de Mitacs, mais ce peut aussi être un professeur ou un étudiant qui lance le projet. Dans ce cas, il faut s'adresser en premier lieu au Service des partenariats et du soutien à l'innovation (SePSI) de l'UQAM. «Le SePSI s'assure que les questions de propriété intellectuelle, de confidentialité et d'éthique sont réglées avant d'aller de l'avant, précise Jean-Philippe Valois. La demande officielle doit être signée par le SePSI, le professeur, l'étudiant et le représentant de l'entreprise.»

Les règles ayant changé avec le dernier budget fédéral, Mitacs pourra bientôt travailler aussi facilement avec des organismes à but non lucratif qu'avec des entreprises privées. «Cela devrait nous permettre de tisser plus facilement des liens avec les professeurs en sciences humaines, qui font souvent affaire avec des organismes communautaires ou des OBNL, poursuit Jean-Philippe Valois. Avis aux intéressés!»

Développer des habiletés sociales

Mitacs offre également aux étudiants de cycles supérieurs et aux chercheurs postdoctoraux la possibilité d'acquérir des compétences interpersonnelles en entrepreneuriat et en gestion de projet. «Nous effectuons un bilan de chaque stage avec les responsables en entreprise, explique Jean-Philippe Valois. Le commentaire que nous recevons le plus souvent concerne les habiletés sociales des chercheurs. Ce sont souvent des passionnés dans leur domaine, mais ils gagneraient à développer ce type d'habiletés.»

Les ateliers de deux jours offerts par Mitacs touchent à des thèmes comme le professionnalisme et les compétences relationnelles, les aptitudes de réseautage et de communication, les techniques de présentation et la gestion de projet. 

Accueillir des étudiants étrangers

Les étudiants étrangers qui terminent leur premier cycle universitaire peuvent aussi profiter d'un programme créé par Mitacs: les stages de recherche Mitacs Globalink. «Nous permettons à des professeurs canadiens de recruter des stagiaires parmi les meilleurs étudiants étrangers du Brésil, de la Chine, de l'Inde, du Mexique, de la Turquie ou du Vietnam, lesquels sont les pays ciblés par nos gouvernements», explique Jean-Philippe Valois.

Le but visé est de renforcer ou d'établir de nouveaux partenariats de recherche entre professeurs d'ici et de l'étranger (les stagiaires doivent être supervisés par un professeur canadien et par un professeur dans leur pays d'origine), en plus d'inciter ces étudiants à demeurer au pays pour y poursuivre leurs études aux cycles supérieurs – un autre programme de bourses existe à cet effet. «Comme ce sont des étudiants très doués, plusieurs créent des entreprises au Canada après leurs études», précise Jean-Philippe Valois.

Environ 600 étudiants étrangers sont arrivés au Canada ce printemps pour effectuer un stage de recherche de 12 semaines auprès d'un professeur. On en compte six à l'UQAM, entre autres en biologie, en microélectronique, en informatique et  en science politique.

Les étudiants canadiens – en fin de baccalauréat, à la maîtrise ou au doctorat – peuvent aussi se prévaloir d'un programme de bourses Mitacs Globalink pour effectuer des stages de recherche dans l'un des six pays ciblés.

Mitacs, qui fait affaire avec l'ensemble des universités canadiennes, est financé par les gouvernements du Canada et du Québec, ainsi que par les universités qui souhaitent adhérer à ses programmes spéciaux.

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