À la barre de la Fondation

L'UQAM doit demeurer une université différente, souligne le nouveau directeur général de sa Fondation, Pierre Bélanger.

27 Mai 2015 à 11H55

Pierre Bélanger. Photo: Cabinet de relations publiques National

«Je crois à la différence de l'UQAM, une université qui a formé et qui continue de former des gens d'exception dans tous les domaines», lance Pierre Bélanger. Depuis le 25 mai dernier, cet ancien politicien et conseiller principal au cabinet de relations publiques National est le nouveau directeur général de la Fondation de l'UQAM. Le Conseil d'administration de la Fondation l'a unanimement désigné à ce poste. L'avocat de formation compte mettre à profit sa vaste expérience, son important réseau de contacts aux niveaux local, national et international ainsi que ses talents de communicateur pour aider l'Université à mener sa prochaine campagne majeure de développement. 

Diplômé en droit de l'Université de Montréal et membre du Barreau du Québec depuis plus de 25 ans, Pierre Bélanger a d'abord pratiqué le droit commercial et civil dans le cabinet Bélanger et Bélanger, de 1983 à 1992. «Au début, j'ai été tenté par le droit criminel, puis je me suis tourné vers le droit social et le droit civil, précise-t-il.  Pendant les trois premières années, 60 % de ma pratique consistait à répondre à des demandes d'aide juridique.»

Élu député d’Anjou en 1992 sous la bannière du Parti québécois, le jeune avocat entame une carrière politique qui durera jusqu'en 1998. «J'ai toujours été quelqu'un de politisé. Au tournant des années 90, le Québec traversait une période de grande effervescence politique. C'était l'époque de l'échec de Meech et du référendum de Charlottown. J'ai décidé de me présenter dans le cadre d'une élection partielle. Je n'étais pas une vedette, mais j'étais connu dans le comté d'Anjou. J'ai été élu après avoir fait du porte à porte entre Noël et le Jour de l'an !», raconte Pierre Bélanger en riant.  

Après avoir siégé dans l'opposition, où il était porte-parole de son parti en matière de justice, il est réélu en 1994 et devient le plus jeune vice-président de l'Assemblée nationale de l'histoire du Québec. Puis, il assume les responsabilités de leader parlementaire du gouvernement et de ministre délégué à la Réforme électorale et parlementaire (1996-1997), avant d'occuper la fonction de ministre de la Sécurité publique (1997-1998). Pierre Bélanger se souvient particulièrement de la crise du verglas, en 1998. «Pour la première fois, des médias, comme le Réseau de l'information, couvraient les événements 24 heures sur 24. Comme ministre de la sécurité publique, je devais orchestrer le déploiement des forces policières, des pompiers et de l'armée dans les différentes régions touchées par le verglas. Cela a été une période difficile, mais personne n'est mort de froid. Depuis, notre modèle de gestion de crise est enseigné à travers le monde.»

Au terme de sa carrière politique, Pierre Bélanger préside pendant cinq ans la Commission des services juridiques du Québec (1999-2004). «J'ai toujours aimé me confronter à des enjeux complexes et diversifiés», mentionne l'avocat. Il œuvre ensuite dans le réseau de la santé et des services sociaux comme directeur des services administratifs de Portage (2007-2009) et directeur général de Boscoville 2000 (2009-2011), avant de se retrouver au Cabinet de relations publiques National où il agit, notamment, comme conseiller stratégique et conseiller en relations gouvernementales auprès de différentes institutions universitaires montréalaises.

Améliorer l'image de l'UQAM

Selon Pierre Bélanger, le premier défi de la Fondation consiste à améliorer l'image de l'UQAM. «En raison des événements des derniers mois, bien des gens pensent que les activités d'enseignement ne s'y déroulent pas de façon harmonieuse. Nous savons que ce n'est pas le cas. Malgré les turbulences, il faut que l'Université continue de faire parler d'elle pour ce qu'elle fait de bien et de différent.»

Quand on regarde qui sont les diplômés de l'UQAM et quelles sont leurs réalisations, il y a de quoi être fier, soutient le directeur général de la Fondation. «Jean-Pierre Ménard, par exemple, un diplômé en sciences juridiques que je connais bien, a été l'un des premiers avocats au Canada à pratiquer le droit médical et à promouvoir les droits des usagers du système de la santé. Lynn Jeanniot, détentrice d'un MBA et membre du conseil d'administration de la Fondation de l'UQAM, est première vice-présidente à la direction, Ressources humaines et Affaires administratives, à la Banque Nationale.»

L'UQAM offre, par ailleurs, des programmes originaux et novateurs qui ont acquis une grande notoriété, poursuit Pierre Bélanger. «Je pense, entre autres, au programme de baccalauréat en droit international et relations internationales, à des programmes de l'École des sciences de la gestion ou encore à ceux de l'École supérieure de mode. Ce sont des joyaux qui méritent d'être connus.»

Développer la culture philanthropique

Le directeur général est conscient que la culture philanthropique au Québec n'est pas aussi développée qu'ailleurs. «La tradition n'est pas aussi bien implantée chez les francophones que chez les anglophones, observe-t-il. Nous devons travailler à fidéliser les diplômés et les finissants à leur alma mater. Cela dit, nous ne partons pas de zéro. La Fondation réussit à récolter plus de 6 millions par année, ce qui n'est pas rien.»

Pierre Bélanger reconnaît aussi la grande compétition qui règne dans le milieu des fondations. «On peut convaincre les gens de donner quand on leur propose d'appuyer un projet concret, comme la création d'une chaire de recherche, d'un programme d'études ou d'un programme de bourses pour les étudiants», souligne-t-il.

Celui-ci entend demeurer vice-président du Conseil d'administration du Château Dufresne et vice-président, Communications, à la Chambre de commerce de l'Est de Montréal. «L'UQAM est la seule université présente sur le territoire de la Chambre  de commerce. Plusieurs entreprises y développent des projets intéressants, notamment en matière d'environnement. J'aimerais qu'elles se rapprochent de l'Université.»

Au cours des prochaines semaines, Pierre Bélanger rencontrera tous les doyens. «Je veux mieux comprendre la culture de l'UQAM et j'ai hâte de m'en imprégner», conclut-il.

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