La douleur de l'absence

Le film Papa est là, de l'étudiante Johane Bergeron, se penche sur l'enlèvement parental vécu par des pères.

15 Juin 2015 à 10H38

Avec environ 300 cas par année, l'enlèvement parental est la forme d'enlèvement d'enfants la plus fréquente au pays. Johane Bergeron (DESS en design d'événements, 2008), candidate à la maîtrise en muséologie, vient de réaliser un documentaire sur cette réalité méconnue et complexe vue à travers le prisme de pères d'enfants kidnappés par leur mère. Le film, qui s'intitule Papa est là, sera diffusé en grande première sur les ondes de TV5, le mercredi 17 juin à 22 h, quelques jours avant la Fête des pères.

Papa est là raconte la longue traversée ponctuée d'obstacles et d'espoir de quatre hommes à la suite de l'enlèvement parental de leurs enfants. Le documentaire est porté par l'histoire de Thomas, photographe et père qui se voit subitement privé de l'accès à son fils Diego, disparu au Mexique. Pour l'aider à comprendre ce qui lui arrive, il entreprend le projet de photographier Pierre, Ricardo et Tony, des pères qui vivent la même situation, et qui se confient dans l'intimité de son studio. Leur souffrance est la même, mais leur parcours et leur manière de transiger avec la douleur de la perte diffèrent.

Malgré la complexité du sujet, Johane Bergeron a voulu nous faire découvrir un univers empreint de dignité, de tendresse masculine, de résilience et de camaraderie. «Préoccupés par le bien-être et la sécurité de leurs enfants, ils parlent de leur réalité complexe – judiciaire, financière et psychologique – qui se transforme rapidement et bouleverse leur quotidien», souligne la réalisatrice.

Le documentaire, tourné sur plusieurs années, est produit par les Productions Catbird, en collaboration avec Enfant-Retour Québec et TV5. Enfant-Retour Québec, qui célèbre cette année son 30e anniversaire, a participé à la recherche des protagonistes du documentaire. L'organisme à but non-lucratif est reconnu comme étant la référence au Québec pour les familles, les corps de police, les éducateurs et les médias en matière de recherche d'enfants disparus et de prévention des disparitions et de l'exploitation.

Il s'agit du deuxième documentaire de Johane Bergeron, qui a réalisé et produit Montre-moi ce que tu vois de l'autre que je ne vois pas en 2007, un film célébrant la diversité culturelle, qui a fait partie d'un projet nomade d'exposition photos que la réalisatrice a conçu à titre de commissaire indépendante d'expositions.

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