Mieux gérer l'eau souterraine

La professeure Marie Larocque participe à un projet de transfert de connaissances sur cette importante source d'eau potable.

3 Février 2015 à 14H14

Travaux d'arpentage Photo: GRES

Le Réseau québécois sur les eaux souterraines (RQES) a reçu près de 315 000 dollars du Programme de soutien à la valorisation et au transfert du ministère de l’Économie, de l’Innovation et des Exportations pour poursuivre la mise en œuvre de sa stratégie de transfert des connaissances sur les eaux souterraines. Ce projet, qui s'étalera sur deux ans, sera mené par un groupe de recherche multidisciplinaire réunissant les professeurs Marie Larocque, du Département des sciences de la Terre et de l'atmosphère, Julie Ruiz, de l’Université du Québec à Trois-Rivières, Vincent Cloutier, de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, et Jean-Michel Lemieux, de l’Université Laval. Sept régions pilotes ont été ciblées: Abitibi-Témiscamingue, Bécancour, Montérégie Est, Saguenay-Lac-Saint-Jean, Mauricie, Communauté métropolitaine de Québec et Outaouais.

Une ressource indispensable

Au Québec, 1,5 million de personnes, surtout concentrées en milieu rural, dépendent de l’eau souterraine comme source d’approvisionnement en eau potable. Cette ressource renouvelable est généralement de très bonne qualité et, contrairement à l’eau de surface, nécessite peu ou pas de traitement avant sa consommation, rendant ainsi son exploitation plus économique. L’eau souterraine est aussi largement employée en agriculture (irrigation et abreuvement du bétail) et par les industries. Elle est essentielle au maintien de nombreux écosystèmes en fournissant un apport de base en eau aux lacs, rivières et milieux humides. Sa gestion durable constitue une priorité.

Marie Larocque. Photo: Nathalie St-Pierre.

Afin de combler les connaissances fragmentaires sur cette ressource et de répondre aux sollicitations croissantes concernant son utilisation, le gouvernement du Québec a mis sur pied, en 2009, le Programme d’acquisition de connaissances sur les eaux souterraines (PACES). Celui-ci vise à dresser un portrait réaliste des eaux souterraines des régions, dans le but de les protéger et d’en assurer la pérennité. Le 31 mars 2015, environ 80 % du territoire municipalisé du Québec méridional aura été couvert par une étude de caractérisation hydrogéologique régionale.

Base commune de connaissances

La stratégie de transfert des connaissances mise en œuvre par le RQES poursuit plusieurs objectifs: développer une base de connaissances commune pour les intervenants régionaux de l’aménagement du territoire; faire en sorte qu’ils acquièrent un vocabulaire de base pour exprimer leurs besoins; améliorer leur capacité de mettre à profit les mesures réglementaires, incitatives et de sensibilisation existantes pour la protection et la gestion de l’eau souterraine. Elle vise enfin à identifier des leaders régionaux susceptibles de favoriser la coordination des mesures de protection et de gestion de l’eau souterraine et d’aider les intervenants à développer leur propre stratégie.

Des journées d’atelier de transfert de connaissances, réunissant des experts en hydrogéologie et des intervenants régionaux, seront offertes dans chacune des sept régions. Des activités en sous-groupe sur les connaissances hydrogéologiques régionales, les bases de données et la prise de décision seront aussi organisées afin de favoriser un apprentissage actif. À la fin du projet, à l’automne 2016, une boîte à outils sera éditée, qui servira à opérationnaliser le transfert des nouvelles connaissances sur les eaux souterraines dans toutes les régions du Québec.

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