Un labo nouveau genre

Les chercheurs de NeuroLab étudieront le processus d'apprentissage au moyen d'équipements de pointe.

10 Décembre 2015 à 17H21

Unique au monde, Neurolab permet d'analyser simultanément les interactions entre le cerveau de plusieurs personnes pour mieux comprendre le processus d'apprentissage.Photo: Nathalie St-Pierre

L'étude des interactions sociales dans l'apprentissage sera au centre des activités du Laboratoire de neurosciences éducationnelles (NeuroLab), lequel a été inauguré le 9 décembre, à l'UQAM. L'événement s'est déroulé en présence des membres du laboratoire, soit les professeurs Julien Mercier (éducation et formation spécialisées), directeur de NeuroLab, Patrick Charland (didactique) et Dave Saint-Amour (psychologie), ainsi que du recteur Robert Proulx et des doyennes des Facultés des sciences de l’éducation et des sciences humaines, Monique Brodeur et Josée S. Lafond.

L'infrastructure de NeuroLab comporte des équipements modernes et novateurs qui ont été financés par l’entremise du Fonds des leaders John-R-Evans de la Fondation canadienne pour l’innovation (FCI). Les membres du laboratoire ont reçu une subvention de 850 000 dollars, l’une des plus importantes obtenues par des chercheurs de l’UQAM à ce concours de la FCI. L’aménagement de NeuroLab maintenant complété, le laboratoire peut accueillir des chercheurs de l’UQAM et de l’extérieur, de même que des étudiants des cycles supérieurs. Un site Web présentant les recherches menées au laboratoire a également été mis en ligne.

Un défi de taille

Monique Brodeur, doyenne de la Faculté des sciences de l'éducation, Julien Mercier, directeur de NeuroLab, Robert Proulx, recteur de l'UQAM, Josée Lafond, doyenne de la Faculté des sciences humaines.Photo: Denis Bernier

Le caractère unique de NeuroLab réside dans sa capacité à analyser les interactions entre plusieurs personnes. Ses chercheurs ont relevé le défi posé par la synchronisation de tous les équipements de collecte de données. Ils mesureront des aspects du fonctionnement du cerveau et du système nerveux, qui permettent de révéler des phénomènes reliés à l’apprentissage.

«Des laboratoires comme celui-là, il en existe quelques-uns, mais il n’y en a qu’un seul – notre NeuroLab! – qui permet de collecter, simultanément, des données sur plusieurs personnes à la fois alors qu’elles interagissent», a déclaré Robert Proulx, lui-même un spécialiste des sciences cognitives.  Avec NeuroLab, «l’UQAM a tous les atouts pour se positionner comme un leader dans le domaine de l’étude des interactions sociales dans l’apprentissage», a t-il ajouté.

Comprendre le processus d'apprentissage

Les chercheurs de NeuroLab s'intéresseront aux situations impliquant un enseignant et son élève ou deux étudiants en interaction «Nous voulons savoir, par exemple, à quel moment l’élève a besoin d’aide au cours d’une activité d’apprentissage, à quel point l’enseignant s’en rend compte et quel est l’effet de l’aide sur l’apprentissage, explique Julien Mercier. Nous voulons aussi mieux comprendre, dans le temps, le processus d’acquisition de connaissances, surtout quand on constate que les élèves ont progressé après une certaine période.»

NeuroLab utilisera des équipements de mesure et d’analyse de pointe sur les plans comportemental (enregistrement audiovidéo, suivi du regard, reconnaissance d’expression faciale) et psychophysiologique (encéphalographie, pupillométrie, respiration, rythme cardiaque, conductance électrodermale), ce qui permettra de réaliser des études en dyades ou en petits groupes.

L’étude des interactions sociales dans l’apprentissage, un domaine interdisciplinaire ancré dans les sciences cognitives, nécessitera des collaborations intersectorielles, tant à l’UQAM qu'à l’international. L'équipe de NeuroLab entend relever cet autre défi tout en répondant au besoin de formation de personnel doublement qualifié en neurosciences et en sciences sociales. 

PARTAGER
COMMENTAIRES 0 COMMENTAIRE