Miser sur l'innovation

En pleine croissance, la Faculté des sciences humaines prépare un nouveau plan stratégique.

19 Mars 2015 à 8H45

Série Du côté des facultés
Les doyennes et doyens parlent des réalisations et des axes de développement des sept facultés et école de l'UQAM.

Josée Lafond, doyenne de la Faculté des sciences humaines. Photo: Nathalie St-Pierre

La Faculté des sciences humaines (FSH) élabore un nouveau plan stratégique, qui vise à orienter son développement pour les cinq prochaines années. Ce plan sera soumis à son Conseil académique en juin prochain. «Le plan stratégique sera le fruit de la réflexion de l'ensemble des membres de la faculté, dit la doyenne, Josée Lafond. C'est pourquoi nous avons amorcé une tournée de consultation des départements afin que tous puissent se prononcer sur les forces et les faiblesses de la faculté, sur les occasions qui lui sont favorables et les écueils qu'elle doit éviter pour assurer la qualité de ses activités de formation et de recherche. Cet exercice permet aussi de mieux connaître les besoins des départements et de brosser un portrait global de la faculté.»

Avec ses neuf départements et école, sa vingtaine d'unités de recherche et ses quelque 60 programmes d'études, la FSH est l'une des plus imposantes de l'UQAM. Elle est reconnue pour la grande diversité de ses champs d'expertise, le caractère interdisciplinaire de ses activités de formation et de recherche et les liens étroits que ses chercheurs entretiennent avec le milieu. «Ce qui nous distingue, c'est l'ouverture au monde, le partage des savoirs et l'esprit d'innovation», souligne Josée Lafond.

Des programmes originaux

En plus des programmes disciplinaires – histoire, sociologie, philosophie –, la faculté propose des programmes qui ne sont pas offerts ailleurs. L'UQAM a été la première université en Amérique du Nord à offrir un programme de doctorat en sexologie et la première au Québec à proposer un doctorat interdisciplinaire en santé et société, sans compter le baccalauréat en histoire, culture et société et les programmes de 2e et de 3e cycles en science, technologie et société. «Après le doctorat en travail social, que nous offrons conjointement avec les Universités de Montréal et McGill depuis l'automne 2014, nous allons bientôt lancer un doctorat en géographie», note avec fierté la doyenne.

La demande sociale est forte pour que se créent davantage de programmes multidisciplinaires et spécialisés en vue de répondre aux besoins particuliers du milieu. «C'est la raison pour laquelle la faculté a mis en place récemment un programme court en psychologie périnatale, observe Josée Lafond. Nous réfléchissons, par ailleurs, à des formations liées à la question autochtone et aux rapports entre santé et religion, en collaboration avec d'autres facultés. Nous envisageons également d'offrir à distance certains programmes pour les étudiants en région.»

En 2015, la FSH sera la seule faculté de l'UQAM dont tous les programmes de grade, soit une trentaine, auront été évalués ou seront en cours d'évaluation. «Cette mise à jour permettra d'améliorer leur qualité et leur pertinence», affirme la doyenne.

Le nombre de nouveaux étudiants inscrits à la faculté est en hausse depuis quelques années, en particulier au 3e cycle ainsi que dans les certificats, les programmes courts de 1er cycle et les Diplômes d'études supérieures spécialisées (DESS). En 2014-2015, les étudiants en sciences humaines ont reçu 105 (42 %) des 245 bourses attribuées aux étudiants de l'UQAM par l'ensemble des organismes subventionnaires.

Quatre chaires stratégiques

Josée Lafond se réjouit que la faculté ait obtenu quatre des huit chaires stratégiques créées par l'UQAM au cours de la dernière année. Le vieillissement et la diversité citoyenne, la méthodologie et l’épistémologie de la recherche partenariale, la philosophie des sciences et la neuropsychotoxicologie environnementale seront au centre des travaux des nouvelles chaires, dont les titulaires respectifs sont les professeurs Michèle Charpentier (travail social), Jean-Marc Fontan (sociologie), Christophe Malaterre (philosophie) et Dave Saint-Amour (psychologie). Le programme des chaires stratégiques vise à soutenir la recherche dans des secteurs émergents, intersectoriels ou novateurs.

La faculté a identifié cinq grandes thématiques de recherche pour les cinq prochaines années. Celles-ci ne couvrent pas la totalité des travaux des chercheurs, mais elles illustrent la diversité de leurs champs d'intérêt et correspondent aux pôles d'excellence de la faculté: les identités, la diversité, la culture et la citoyenneté; la santé et le mieux-être individuel et collectif; la pensée, la cognition humaine, le langage et les représentations sociales; les enjeux socio-économiques, territoriaux et environnementaux; la démocratisation de la production de la connaissance scientifique et le libre accès aux résultats de la recherche à l’ère du numérique. Cette dernière thématique est transversale. Plusieurs travaux reposent, en effet, sur des partenariats avec les milieux gouvernementaux ou paragouvernementaux, des groupes communautaires et des syndicats ou des organismes à but non lucratif.

Au cours des cinq dernières années, la FSH a embauché une vingtaine de nouveaux professeurs. «Nous devons renforcer l'appui à nos recrues, tant en ce qui concerne leurs tâches d'enseignement que de de recherche, souligne la doyenne. Aussi, nous avons créé une série d'outils – fonds de démarrage et de dépannage, projets ciblés – afin de mieux les accompagner dans leur cheminement.»

La faculté accorde beaucoup d'importance à la reconnaissance de l'excellence de ses membres. «Comme nos chercheurs sont particulièrement performants, nous exerçons une veille sur tous les prix qui, au Canada et au Québec, sont décernés aux chercheurs», note Josée Lafond. De plus, la faculté a créé ses propres prix d'excellence en enseignement et en recherche, un prix pour la meilleure thèse de doctorat et un prix Atlas destiné à un membre du personnel de soutien.

Internationalisation

L'internationalisation de la recherche et de la formation est devenue incontournable et la FSH n'échappe pas à cette réalité. Celle-ci est impliquée dans 260 des quelque 615 ententes internationales de l'UQAM. «Notre objectif est de renforcer la mobilité des étudiants et de développer des programmes conjoins avec des universités à l'étranger», insiste la doyenne.

De concert avec le Service des ressources humaines, la faculté a lancé récemment un projet pilote visant à améliorer de façon continue l'environnement de travail de tous les membres du personnel administratif et de soutien. «C'est un autre exemple qui témoigne de notre esprit d'innovation», dit Josée Lafond.  

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