Une faculté en plein essor

Depuis 2011, la Faculté des sciences a connu la plus forte croissance de l'UQAM en termes de nouvelles admissions.

16 Avril 2015 à 13H38

Luc-Alain GiraldeauPhoto: Nathalie St-Pierre

Série Du côté des facultés
Les doyennes et doyens parlent des réalisations et des axes de développement des sept facultés et école de l'UQAM.

«L'UQAM enseigne les sciences et notre calibre est comparable à celui des autres universités montréalaises. Voilà un secret encore trop bien gardé», affirme en souriant Luc-Alain Giraldeau, doyen de la Faculté des sciences.

Au cours des dernières années, la Faculté des sciences a mis sur pied ou participé à plusieurs initiatives afin d'accroître sa visibilité, d'abord au cœur du Quartier des spectacles –  le projet 21 balançoires et les projections sur le pavillon Président-Kennedy, entre autres –, puis dans la région montréalaise – publicités dans les abribus, journée portes ouvertes pour les cégeps, événements scientifiques d'un jour pour les élèves du secondaire. Ces efforts donnent des résultats. «Depuis le dépôt du plan stratégique couvrant la période 2011-2016, nous sommes la faculté ayant connu la plus forte croissance de l'UQAM en termes de nouvelles admissions, et ce aux trois cycles», précise fièrement le doyen.

En poste depuis juin dernier, Luc-Alain Giraldeau a hérité du plan stratégique de son prédécesseur, Mario Morin, et souligne que «les réalisations des dernières années découlent de ce plan». Mais il est particulièrement fier du programme d'appui financier universel qu'il a lui-même mis en place l'an dernier, alors qu'il était vice-doyen à la recherche. Ce programme garantit aux doctorants de la faculté un revenu minimum de 13 000 dollars pour toute la durée de leurs études.

«Parmi les facultés de l'UQAM, c'est nous qui avons le plus grand nombre de chercheurs subventionnés à l'externe – et la plus grande proportion, soit environ 80 % de nos professeurs. Nous engrangeons près de 45 % des subventions externes octroyées à l'université.»»

luc-alain giraldeau

Doyen de la Faculté des sciences

La création d'un centre de services aux étudiants, qui regroupe au même endroit les coordonnateurs, les assistantes à la gestion des études et les directeurs de programme de tous les programmes de premier cycle (sauf biologie et sciences de l'activité physique), figure également parmi les bons coups de la faculté, selon le doyen. «Nous sommes désormais en mesure d'aider les étudiants plus rapidement lorsqu'ils se présentent avec un problème de nature académique.»

Évaluation et création de programmes

La Faculté procède depuis quelques mois à l'évaluation de ses programmes. «Les disciplines évoluent sans cesse et nous devons ajuster les contenus et le fonctionnement de chaque programme», explique Luc-Alain Giraldeau. Cela mène à des modifications comme celles en cours pour le baccalauréat en actuariat. «Certains étudiants abandonnent en cours de route, car ils ne veulent plus devenir actuaires, explique le doyen. En leur offrant la possibilité de combiner informatique ou statistiques avec l'actuariat, nous leur offrirons d'autres débouchés, en phase avec le marché du travail, car plusieurs entreprises ont besoin de professionnels capables d'analyser des risques dans différents contextes.»

Deux nouveaux programmes sont également dans les cartons: un baccalauréat en sciences naturelles appliquées à l'environnement et un doctorat en sciences de l'activité physique.

Le financement de la recherche

Dans la course aux fonds de recherche, la Faculté des sciences tire bien son épingle du jeu. «Parmi les facultés de l'UQAM, c'est nous qui avons le plus grand nombre de chercheurs subventionnés à l'externe – et la plus grande proportion, soit environ 80 % de nos professeurs, souligne fièrement le doyen. Nous engrangeons près de 45 % des subventions externes octroyées à l'université.»

Afin de maintenir ces bons résultats, la faculté a mis en place des conditions d'accueil favorables pour ses nouveaux professeurs. «L'offre de fonds de démarrage en recherche a été bonifiée et elle est désormais déterminée avec le directeur de département, révèle le doyen. Cette offre fait partie de la lettre d'invitation envoyée à un candidat qui a postulé pour un emploi.»

Le plan stratégique de la recherche de la Faculté des sciences devrait voir le jour dans le courant de l'année. «Il sera arrimé au plan institutionnel de la recherche», note le doyen.

Collaborations entre chercheurs

La collaboration entre les départements, les 13 centres de recherche institutionnels, les 10 chaires de recherche du Canada et les 8 chaires de recherche-innovation est également une priorité pour le doyen. «La science repose sur la capacité d'obtenir des équipements de pointe et de les maintenir en bon état, explique ce dernier. Depuis dix ans, nous avons acquis pour près de 20 millions de dollars d'équipements. En mettant en place des plateformes collaboratives payantes, nous maximiserons leur utilisation et cela nous permettra de les maintenir en bon état.»

«Je souhaite augmenter la collaboration entre les facultés et école de l'UQAM pour l'offre de cours. Nos étudiants en sciences ont besoin des lumières sociologiques, historiques et philosophiques, entre autres, afin d'éclairer et de contextualiser certains éléments abordés dans leur cursus. »

La Faculté des sciences participe également au projet du Fonds d’excellence en recherche Apogée Canada, lequel subventionnera des projets scientifiques susceptibles de devenir des chefs de file à l'échelle internationale. Le projet soumis regroupe la presque totalité des chercheurs et unités de recherche en sciences de l'environnement, le domaine phare de la Faculté des sciences. «Nous espérons que ce projet d'envergure saura relancer avec brio l'Institut des sciences de l'environnement», affirme le doyen.

Projets d'avenir

Puisque sa campagne électorale est encore fraîche à sa mémoire, le doyen rappelle avec plaisir quelques-uns des engagements qui devraient se frayer un chemin dans le prochain plan stratégique de la faculté – lequel fera évidemment l'objet de consultations, prend-t-il soin de préciser.

«Je souhaite augmenter la collaboration entre les facultés et école de l'UQAM pour l'offre de cours, dit-il. Nos étudiants en sciences ont besoin des lumières sociologiques, historiques et philosophiques, entre autres, afin d'éclairer et de contextualiser certains éléments abordés dans leur cursus. Je suis convaincu que certains étudiants en arts ou en sciences humaines, par exemple, ont également besoin de bases en sciences pour complémenter leurs apprentissages. Il importe donc de se coordonner pour décider des cours interfacultaires à offrir et, surtout, de leur niveau, car on ne veut pas perdre les étudiants après dix minutes sous prétexte que c'est trop avancé!»

Le doyen aimerait également développer une meilleure communication avec les étudiants. «Ceux-ci ont participé à l'élection du doyen, mais je n'ai presque pas de contact avec eux, déplore-t-il. Ils doivent pourtant faire partie intégrante des décisions prises par la faculté. Mon objectif est de trouver un mécanisme pour que nous puissions entrer en contact plus facilement.»

Enfin, Luc-Alain Giraldeau aimerait mettre en branle une réflexion poussée sur les modes d'enseignement. «J'aimerais qu'on évalue l'importance de changer les méthodes d'enseignement, pour passer de méthodes passives à des méthodes actives qui impliquent davantage les étudiants», dit-il.

Le doyen fait bien sûr référence au baccalauréat en biologie en apprentissage par problèmes. «C'est un succès monstre, insiste-t-il. C'est le programme avec le plus haut taux de rétention, le plus haut taux de succès, la plus haute cote R à l'entrée et le plus haut taux d'étudiants qui poursuivent aux cycles supérieurs. Les professeurs qui l'ont mis sur pied sont invités à travers le monde pour en discuter et partout les gens sont ébahis. Or, à la Faculté des sciences et à l'UQAM en général, on ignore ce baccalauréat, victime de plusieurs fausses rumeurs – qu'il coûte cher, que les professeurs sont paresseux, que les étudiants n'y apprennent rien. Je veux bien croire que nul n'est prophète en son pays, mais il est temps de changer nos façons d'enseigner parce que cette méthode fonctionne: le taux de diplomation frôle les 80 %, ce qui n'était pas le cas avant l'implantation de l'apprentissage par problèmes. C'est bien de recruter des étudiants, mais il faut les mener jusqu'au diplôme!»

PARTAGER
COMMENTAIRES 0 COMMENTAIRE