Eau secours!

Un projet étudiant remporte un prix en enseignement de la science et de la technologie.

20 Novembre 2015 à 9H54

Quatre étudiants du baccalauréat en enseignement secondaire, Anne-Sophie Lessard, Sabrina Barnes, Martin Veilleux et Maxime Pépin, ont remporté récemment le volet Secondaire du concours La Relève de l'Association pour l'enseignement de la science et de la technologie au Québec (AESTQ), doté d'une bourse de 1000 dollars. Ce concours a pour but de souligner la qualité du matériel didactique produit par les futurs professionnels de l’enseignement en science et technologie du préscolaire, du primaire et du secondaire. Intitulé Eau Secours!, le projet de l'équipe uqamienne aborde la filtration de l’eau dans un contexte de survie en forêt.

Serge Dufresne de la Caisse Desjardins de l'Éducation, parrain du prix, et les lauréats Maxime Pépin, Martin Veilleux, Anne-Sophie Lessard et Sabrina Barnes. Photo: AESTQ

C'est dans le cadre d'un cours de didactique des sciences, donné par le professeur Patrick Charland, que les étudiants ont créé leur situation d'apprentissage et d'évaluation à l'intention des élèves de deuxième secondaire. «Notre projet devait s'accorder avec la première compétence énoncée par le programme ministériel en science et technologie, soit l'expérimentation scientifique, explique Anne-Sophie Lessard. Nous devions également nous plier à une contrainte spécifique: intégrer un lien avec les mathématiques.»

Le quatuor a imaginé la situation suivante: à la suite d'un écrasement d'avion, les élèves se retrouvent en pleine forêt. Pour survivre, ils doivent fabriquer un filtre à eau, ce qui implique d'analyser la capacité de filtration de différents éléments issus de la nature: feuilles, terre, roches, glands de chêne, sable, samares, etc.

Cette situation d’apprentissage, précise l'étudiante, permet aux élèves d’aborder la purification de l’eau autrement qu’en contexte industriel où l'on utilise souvent la séparation chimique. «L’objectif est de défaire l’idée préconçue selon laquelle l'eau potable provient nécessairement d’une usine. En demandant aux élèves de tester et de concevoir leur filtre avec des éléments de la nature, on les amène à comprendre les différents phénomènes scientifiques qui se cachent derrière la conception d’objets technologiques.»

La partie mathématique est abordée avec la notion de pourcentage. «Les élèves sont invités à présenter le pourcentage d'efficacité de leur filtre, c'est-à-dire de la masse qu'ils ont réussi à filtrer. Ils comparent ce pourcentage avec les autres équipes de leur classe, chacune ayant expérimenté un protocole différent.»

Tous les étudiants du cours de didactique des sciences devaient soumettre leur projet au concours de l'AESTQ. Les équipes qui l'emportent dans chacune des catégories voient leur projet mis en forme sur le site de l'organisme, avec tous les documents – présentation de la situation d'apprentissage, cahier de l'élève et grille d'évaluation – permettant aux enseignants qui le souhaitent de réaliser l'expérience en classe.

Les artisans d'Eau Secours! n'ont pas pu tester leur situation d'apprentissage auprès d'élèves de deuxième secondaire, mais Anne-Sophie Lessard a eu l'occasion d'en tester une partie lors d'un camp de jour scientifique avec des élèves âgés de 7 à 12 ans, au parc national du Mont-Saint-Bruno. «Les jeunes ont adoré l'expérience, dit-elle fièrement. Au fond, le résultat importe peu, car c'est la démarche scientifique qui est évaluée.»

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