Nos chercheurs à l'Acfas 2015

Plusieurs scientifiques de l'UQAM organisent des colloques dans le cadre du congrès qui a lieu à l'Université du Québec à Rimouski.

22 Mai 2015 à 13H33

Un colloque se penchera sur la volonté de plus en plus manifeste au sein des cultures majortaires d'exclure l'expression du religieux de l'espace public.Photo: iStock

De nombreux chercheurs de l'UQAM – professeurs, chargés de cours et étudiants – participent au congrès de l'Association francophone pour le savoir (Acfas), qui se tient cette année à l'Université du Québec à Rimouski du 25 au 29 mai. Cette 83e édition a pour thème «Sortir des sentiers battus». Près de 3 500 scientifiques, dont 300 participants étrangers issus d'une trentaine de pays, se réuniront à Rimouski pour l'occasion. Parmi les 135 colloques présentés lors de cet événement, en voici quelques-uns organisés par des Uqamiens dans divers domaines de la connaissance.

Entre le religieux et le séculier

La diversité religieuse qui caractérise les sociétés québécoise et canadienne suscite depuis une quinzaine d'années des débats importants dans l'espace public. Le colloque La polarisation entre religieux et séculier dans les représentations sociales (26 mai) propose de se pencher sur l'hypothèse d'un clivage de plus en plus marqué entre une conception de la citoyenneté qui inclut l'expression publique de l'appartenance religieuse et celle qui postule son incompatibilité avec la sécularisation avancée de la société.

«Nous voulons comprendre pourquoi la volonté d'exempter l'espace public de manifestations ou d'objets religieux s'est renforcée au sein des cultures majoritaires dans les sociétés démocratiques», explique Micheline Milot, professeure au Département de sociologie et coresponsable du colloque avec la postdoctorante Sarah Wilkins-Laflamme. La sociologue estime que la religiosité est de plus en plus perçue comme un phénomène marginal, distant de l'expérience vécue par la majorité, et non comme faisant partie des nombreuses formes identitaires inhérentes à la vie en société. «Certains l'associent même à un intégrisme pouvant menacer les conquêtes de la modernité laïque.»

En s'appuyant sur de grandes banques de données statistiques issues de recherches et de sondages, les intervenants au colloque se demanderont comment le Québec se compare au reste du Canada et à d'autres pays en matière d'acceptabilité sociale de la diversité religieuse. «Au Québec, les débats sur les accommodements raisonnables et le projet d'une charte de la laïcité ont favorisé une enflure médiatique et un discours social plus virulent à l'égard de la place du religieux dans la société, note Micheline Milot. Cela dit, une tendance existe, tant au Québec qu'au Canada anglais, à considérer les manifestations de religiosité comme suspectes et à croire que le religieux, dans une société sécularisée, doit être refoulé dans la sphère privée.»

La sociologue présentera une communication sur l'usage social de la laïcité au Québec. Selon elle, la référence à la laïcité aurait pris une place inédite dans le discours social, politique et médiatique depuis une dizaine d'années. «Malgré les processus de laïcisation des institutions et de sécularisation de la société, l'usage même du terme laïcité demeure récent. Il apparaît vers 2004, juste avant ce que l'on a appelé la "crise des accommodements raisonnables". Depuis, on assiste à une sorte de renversement. La laïcité devient une norme publique englobante, à l'instar des normes religieuses d'autrefois, visant à séculariser des pratiques ou des comportements privés, tel que le port de signes religieux.»

Des enseignants réflexifs

Dans tous les domaines de la formation, que ce soit celle des enseignants en éducation physique ou en danse, mais aussi des ingénieurs, des médecins ou des travailleurs sociaux, l'idée est à la mode: on veut former des employés réflexifs. «On ne veut pas seulement de bons techniciens capables d'appliquer des recettes, mais des employés capables d'avoir une réflexion, de faire un retour sur leurs expériences et d'exercer leur jugement», précise Philippe Chaubet, professeur au Département des sciences de l'activité physique et coresponsable, avec ses collègues Claudia Verret et Johanne Grenier, du colloque Faire réfléchir les futurs enseignants d'EPS et de danse pour construire des compétences professionnelles: quelles traces crédibles de réflexion? (27 mai).

Cela dit, comment former des praticiens réflexifs plutôt que de simples exécutants? Que doit-on leur donner comme modèle de réflexion? Quels outils? «Toutes sortes d'approches sont utilisées dans les cours – porte-folio, journal de bord, échanges en classe après un stage –, note Philippe Chaubet. Nous avons tous nos manières de faire. L'idée, c'est de partager ces différentes expériences entre professeurs de danse et d'éducation physique et à la santé. Et de voir ce qui fonctionne le mieux.»

Pour le chercheur, il est capital de former des enseignants réflexifs. «Nos étudiants doivent se demander pourquoi ils font ça, s'ils veulent être de simples entraîneurs ou des éducateurs, et à quel genre de société ils souhaitent contribuer en tant qu'éducateurs.» Des enseignants plus réflexifs seront plus aptes à faire réfléchir leurs propres élèves. «Il ne suffit pas de dire à un enfant de sept ou huit ans de ne pas manger de malbouffe parce que ce n'est pas bon pour sa santé ou à un adolescent de faire plus d'exercice pour qu'il s'exécute. Il faut le faire réfléchir à l'importance, pour lui et pour la société, d'avoir un corps en santé.»

Philippe Chaubet signale qu'un deuxième colloque, dont il est également coresponsable, sera consacré au sujet: La réflexivité: entre l'expérience déstabilisante et le changement? Ce colloque, qui ne se restreint pas à l'enseignement de l'éducation physique et de la danse, témoigne de l'importance de ce sujet de recherche. Il regroupe 26 présentations et se poursuivra pendant deux jours (25-26 mai).

La modernité au pluriel

Présentation des membres de l’Académie Royale des Sciences par Colbert à Louis XIV en 1667, par Henri Testelin.

D'où vient la modernité? Du siècle des Lumières? De la révolution industrielle au XIXe siècle? On se pose souvent la question. Mais on peut aussi se demander ce qui caractérise la modernité. La conception d'un monde fondé sur des individus libres, égaux et rationnels? Le développement du capitalisme et de l'État-nation? La démocratie représentative? Ces questions ne cessent d'alimenter les travaux des chercheurs en sciences sociales et humaines. Le colloque Modernités, temporalités et spatialités: problèmes historiques et perspectives sociologiques (27 mai) explorera le caractère multiple, inégal et fragmenté de la modernité. «Le concept de modernité est fréquemment utilisé, mais insuffisamment problématisé d'un point de vue historique, affirme Xavier Lafrance, professeur au Département de science politique et coresponsable du colloque. L'objectif est d'interroger les multiples trajectoires, européennes et non européennes, qui ont conduit à la modernité.»

Selon Xavier Lafrance, la modernité n'apparaît pas nécessairement avec l'essor du capitalisme au XIXe siècle, comme le prétendent divers experts. «Il semble bien que l'espace européen a été le théâtre de nombreux processus de modernisation inégaux et distincts les uns des autres. En Angleterre, la modernité a été associée à une culture capitaliste qui émerge des le XVIe siècle et qui se développe dans la foulée de l'établissement d'une monarchie parlementaire. En France, la transition à la modernité peut être associée à la centralisation des pouvoirs et à la bureaucratisation de l'État, phénomènes qui se sont concrétisés de façon discontinue, sans être liés au capitalisme.»

Le colloque sera aussi l'occasion de s'interroger sur le caractère occidental du concept de modernité. «On peut se demander si le fait d'exporter ce concept dans d'autres régions, au Moyen-Orient et en Chine par exemple, n'est pas le fruit d'une vision européocentrique du monde, note le professeur. Comment analyser les nombreuses modernités parallèles et les différentes réalités sociales du monde extra-européen quand on est principalement armé d'outils conceptuels dérivés de l'histoire européenne?»

Plusieurs des conférenciers qui seront présents au colloque se réclament de la sociologie historique, un champ d'études qui s'est développé à partir des années 70. «La force de ce courant de recherche consiste à repenser des concepts théoriques, comme ceux de modernité et d'État moderne, en les ancrant dans un savoir historique, c'est-à-dire dans le temps et dans l'espace, afin de reconstituer leur complexité et leur spécificité», souligne Xavier Lafrance.

Une question de vocabulaire

Au fil des ans, de nombreux colloques organisés dans le cadre de l'Acfas ont porté sur la didactique du français. Le colloque Enseignement et apprentissage du lexique (27-28 mai) s'intéresse, comme son titre l'indique, à la question plus spécifique de l'apprentissage du vocabulaire. «Cela permet de valoriser ce domaine de recherche qui suscite de plus en plus d'intérêt», souligne sa coresponsable, la professeure du Département de didactique des langues Ophélie Tremblay.

Plusieurs spécialistes reconnus dans ce domaine participeront à l'événement, dont les didacticiens français Claudine Garcia Debanc et Francis Grossman. À côté d'approches plus théoriques, le colloque fera aussi une place à une conférencière de la compagnie Druide informatique, fabricant du logiciel Antidote, qui parlera du travail qui se fait pour développer le vocabulaire à travers différentes applications.

«L'apprentissage et l'enseignement du vocabulaire, cela ne se limite pas à l'orthographe lexicale, souligne Ophélie Tremblay. On parle aussi de la façon dont on utilise les mots, de la cooccurrence des mots (le fait que des mots s'emploient avec certains mots et non d'autres) ou de la polysémie - le fait que les mots ont souvent plus d'un sens.»

Ainsi, une présentation joliment intitulée «Quand les mots changent de peau: intervenir sur la polysémie du lexique géométrique» s'attardera à la maîtrise du lexique dans le contexte spécifique de la géométrie. «Le mot sommet en géométrie partage des éléments de sens avec le sommet du sommet de la montagne, note la professeure. Connaître le sens du mot dans le langage courant peut donc aider à comprendre le concept géométrique. Mais si on peut gravir le sommet d'une montagne, on va plutôt mesurer le sommet d'un angle.»

Les conférences présenteront des stratégies, outils et jeux éducatifs utilisés pour explorer le sens des mots et les liens qu'ils entretiennent entre eux: des activités comme l'«attrapeur de mots», le «défilé de mots» ou la «danse des mots», à partir de laquelle les enfants s'approprient le sens d'un mot par le mouvement du corps. Une recherche, qui fera l'objet d'une présentation, a ainsi été menée au préscolaire par les professeures Caroline Raymond (Département de danse) et Catherine Turcotte (Département d'éducation et formation spécialisées) pour voir si la danse pouvait servir de levier afin d'enrichir le vocabulaire des enfants.

«Il existe une variété d'approches qui peuvent être complémentaires, dit Ophélie Tremblay. C'est stimulant pour les chercheurs, mais aussi pour les enseignants, de savoir qu'il existe autant d'outils différents. Surtout qu'avec le vocabulaire, on est plus proche de l'expressivité que de la norme.»

Le Nord québécois sous tous ses angles

Iqaluit, au Nunavut.

Que l'on soit enthousiaste ou sceptique face au Plan Nord du gouvernement québécois, il n'en demeure pas moins que cette politique de développement a mis en branle un renouveau d'intérêt à l'égard du Nord québécois, cet immense territoire qui couvre plus des deux tiers de de la province. Ce Nord, parfois difficile à délimiter, fera l'objet du colloque Le Nord québécois, un milieu géographique aux multiples visages : états des lieux et défis actuels (27 et 28 mai). «C'est un territoire très peu peuplé et encore largement méconnu qui contient des paysages, des ressources et des écosystèmes uniques, accueillant à la fois des peuples ancestraux – Inuit, Cris, Innus et Naskapis – et de nouvelles populations», note Laurie Guimond, professeure au Département de géographie et coresponsable du colloque avec ses collègues Étienne Boucher, de l'UQAM, Martin Simard, de l'UQAC, et Étienne Rivard, de l'Université Laval.

L'existence de la région administrative du Nord-du-Québec cache en effet une réalité régionale des plus diversifiées entre les territoires du Moyen-Nord et ceux du Grand Nord. «Il y a de grandes différences entre l'Eeyou Istchee-Jamésie, le Nunavik et les corridors miniers de la Côte-Nord, précise la chercheuse. Même si cette complexité régionale ne doit pas faire oublier les enjeux communs tels que l'isolement, les problèmes de transport et les services publics limités.»

Les questions concernant le développement des ressources naturelles et les défis environnementaux associés aux grands barrages ou aux exploitations minières traverseront bien sûr l'ensemble du colloque, mais plusieurs autres enjeux seront abordés, notamment les défis «géotechniques» liés à la construction et au maintien d'infrastructures en milieu soumis au pergélisol et aux changements climatiques, et les problèmes socioéconomiques se répercutant sur l'emploi et le bien-être des collectivités.

Organisé par le Regroupement des géographes du Québec, ce colloque accueillera également des sociologues et des anthropologues Une vingtaine de communications seront présentées par des chercheurs aguerris, mais aussi par des étudiants de cycles supérieurs, des praticiens sur le terrain et des agents gouvernementaux. «L'engouement pour le Nord est tel que nous avons reçu des propositions de présentations concernant l'Arctique canadien et les territoires nordiques de l'Ontario, du Manitoba et du Yukon, souligne Laurie Guimond. Cela nous permettra d'ouvrir une perspective comparative avec le Nord québécois.»

Gérer les risques naturels

Les inondations, glissements de terrain, avalanches, tempêtes et ouragans constituent un risque permanent au Québec comme ailleurs dans le monde. Le 10colloque sur les risques naturels au Québec (27 au 29 mai), qui réunit des chercheurs et des gestionnaires, vise à minimiser l'impact des risques naturels et à améliorer les interventions en cas de catastrophe.

L'étude des risques naturels est reconnue comme une discipline scientifique depuis 2006. «Même si nous croyons bien les connaître, nous devons constamment réévaluer les connaissances dans le domaine», affirme Mustapha Kebiche, professeur associé au Département de géographie et coresponsable du colloque en collaboration avec Yann Roche, directeur du Département, et deux professeurs de l'UQAR. «Avec les changements climatiques, on peut avoir des surprises, tant du point de vue de l'intensité que de la fréquence des catastrophes naturelles.»

Cette 10e édition abordera principalement l'impact des risques sur les humains, la vulnérabilité et la résilience des populations. Les conférenciers proviennent d'universités, organismes et ministères du Québec, mais aussi du Nouveau-Brunswick, de France, du Maroc, d'Algérie, d'Italie, de Suisse, d'Espagne et d'Irlande du Nord. «La gestion des risques naturels est un problème planétaire, reconnu par l'ONU et l'UNESCO, qui sollicite une collaboration entre gouvernements et institutions météorologiques de partout à travers le monde», souligne Mustapha Kebiche.

Parmi les conférences proposées, le ministère de la Sécurité publique présentera sa première Politique québécoise de sécurité civile couvrant la période 2014-2024. Cette politique établit un cadre d’action commun à tous les citoyens, ministères, organismes, municipalités et organisations et précise la vision, les fondements, les orientations et les objectifs que la société québécoise se donne pour assurer une meilleure gestion des risques et des catastrophes.

Pratiques funéraires, deuil et immigration

Quelles sont les pratiques rituelles funéraires actuelles des immigrants dans une société d'accueil dite laïque? Comment les rituels funéraires, essentiels au processus de deuil, sont-ils aménagés dans le contexte québécois? Le colloque Deuil et mort en contexte migratoire: expériences, pratiques rituelles funéraires, stratégies d'entraide et réseaux transnationaux (28 mai) présentera les résultats d'un projet de recherche (2013-2016) financé par le Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH). «L'objectif de cette recherche interdisciplinaire était de mieux comprendre l'expérience et le processus de deuil d'immigrants de confession musulmane, chrétienne et hindoue installés au Québec, et en particulier à Montréal», explique la professeure Lilyane Rachedi, de l'École de travail social, responsable du colloque et chercheuse principale. Vingt et une personnes immigrantes ayant perdu un proche au Québec ou à l'étranger ainsi que des représentants religieux ont participé à la recherche.

Plusieurs professeurs et étudiants des cycles supérieurs ont participé à la recherche et vont présenter ou animer des conférences en lien avec différents volets de la recherche.

La première partie du colloque présentera différents exemples d'adaptation de pratiques funéraires en contexte d'immigration. «Les résultats de la recherche ont démontré que les immigrants semblaient bien s'adapter aux lois de la société d'accueil», souligne Lilyane Rachedi. Les pratiques funéraires associées à la mort et au deuil sont très flexibles et modulables, en fonction des contextes ou pour mieux respecter les lois en vigueur dans la société d'accueil. «Les gens vont transformer leurs pratiques ou vont même jusqu'à en inventer de nouvelles. Au lieu de disperser les cendres du défunt dans le Gange en Inde, comme le veut la tradition hindouiste, les gens peuvent le faire dans le fleuve Saint-Laurent», illustre la professeure.

Le second volet exposera l'importance des réseaux de soutien transnationaux dans le processus de deuil. «Les immigrants disposent d'un solide réseau de soutien et de solidarité, observe la chercheuse. Dès l'annonce du décès, le réseau ─ qui traverse bien souvent les frontières géographiques, culturelles et politiques ─ se met rapidement en branle: chaîne téléphonique, entraide, messages courriels et visites.»

S'adressant davantage aux praticiens, le troisième volet du colloque portera sur les stratégies d'accompagnement des immigrants endeuillés. «Bien qu'il existe plusieurs groupes de soutien, cette formule ne correspond pas toujours aux personnes immigrantes, surtout si elles sont arrivées au pays récemment, dit Lilyane Rachedi. Il existe pour l'instant bien peu de services adaptés à leurs besoins en matière d'accompagnement.» En bout de ligne, rappelle la professeure, le processus de deuil est très important pour les personnes immigrantes. «Autrement, les endeuillés éprouvent énormément de culpabilité; certains vont même jusqu'à se dire hantés par les défunts.»

Désertion électorale

Les électeurs québécois, comme dans l'ensemble du monde occidental, boudent les urnes. Ce phénomène s'observe à tous les paliers d'élection et touche également d'autres lieux décisionnels comme les syndicats et les organismes publics. Ce sera le sujet du colloque Pourquoi ne votent-ils plus? Réflexion autour de l'absentéisme électoral et de la participation citoyenne (28 et 29 mai). «Ce colloque n'a pas pour objectif de mesurer avec plus de précision l'ampleur de l'absentéisme électoral. Il propose plutôt d'analyser ce phénomène sous trois angles: ses causes profondes, ses solutions, et ses effets sur la démocratie et la société en général», affirme François P. Robert, chargé de cours au Département de communication sociale et publique, qui organise l'événement en collaboration avec Ian Parenteau, du Collège militaire royal de Saint-Jean, et Kathrine Lapalme, de l'Institut du Nouveau Monde (INM).

Parallèlement à l'absentéisme électoral, on ne peut pas ignorer la vague des mouvements de participation citoyenne, note François P. Robert. «Les gens qui s'investissent dans ces mouvements ressentent-ils encore l'urgence d'aller voter? Se désintéressent-ils du processus électoral? Ce sont des questions légitimes en filigrane du colloque.»

Il s'agit de la huitième édition du colloque sur la participation des citoyens, organisé en partenariat avec l'INM et réunissant chercheurs et praticiens de différents horizons. «C'est intéressant de réfléchir entre collègues universitaires, mais c'est encore plus intéressant lorsque des gens qui baignent dans cet univers se joignent à la conversation», souligne le chargé de cours.

La conférence d'ouverture de l'événement sera prononcée par Claude Béland, du Mouvement Démocratie et citoyenneté, qui cumule 50 ans de carrière dans l'univers des coopératives, des entreprises sous contrôle démocratique, et qui a présidé en 2002-2003 les États généraux sur la réforme des institutions démocratique du Québec. «M. Béland avait soumis une communication au même titre que les autres participants car le sujet l'intéressait, note en riant François P. Robert. Nous lui avons suggéré d'ouvrir le colloque avec sa conférence intitulée "Délégation de pouvoirs et confiance".» Le directeur général des élections du Québec, Denis Royer, prononcera également une conférence intitulée «Le rôle et les initiatives du Directeur général des élections du Québec en matière de promotion de la participation électorale.»

C'est le lancement de l'ouvrage L'état du Québec 2015, publié par l'INM, qui donnera le coup d'envoi au colloque le 28 mai dès 18 h. Le directeur général de l'INM, Michel Venne (B.A. communication, 1990), prononcera la conférence de clôture.

Faire connaître la culture sourde

Le colloque «Études sourdes dans la francophonie: assises, enjeux et perspectives» (28 et 29 mai) réunira des chercheurs provenant de plusieurs disciplines, dont les recherches portent sur différents aspects des études sourdes. «Comme nous avons constaté qu'il était difficile pour les étudiants et les chercheurs sourds de se sentir inclus dans la société et d'avoir une pleine participation sociale, nous avons eu l'idée de leur offrir cette plateforme d'échange», explique la professeure du Département de linguistique Anne-Marie Parisot, responsable du colloque.

Les études sourdes, un domaine de recherche émergent, vont bien au-delà du point de vue médical, précise la professeure et responsable du programme de formation des interprètes français/langue des signes québécoise (LSQ). «Le colloque vise entre autres à mieux faire connaître et comprendre les enjeux de l'identité et de l'appartenance à la culture sourdes», poursuit Anne-Marie Parisot. L'identité sourde se définit par la langue des signes, précise-t-elle. «La langue en constitue le pivot.»

Les thèmes du colloque porteront sur la promotion des droits des sourds et l’accès aux services, sur l’intégration et l'inclusion en milieux scolaire et professionnel, sur les types d’expressions linguistiques en langue des signes, sur l’enseignement et la structure de la langue des signes, sur l’art et la création en langue des signes. Des chercheurs sourds et entendants des États-Unis, du Canada, de la France et du Royaume-Uni, notamment, présenteront leurs recherches, dont le professeur et diplômé Patrick Boudreault, de l'Université Gallaudet, aux États-Unis, la seule université sourde au monde.

Parmi les travaux qui seront présentés par des chercheurs de l'UQAM, on note une recherche sur la perception qu'ont les élèves sourds de leur bien-être à l'école et une autre sur la problématique des compétences dans la pratique de l'interprétation visuelle. Le colloque sera aussi l'occasion de rassembler la communauté francophone de chercheurs en études sourdes. «La majorité des travaux de recherche dans le domaine est publiée en anglais, rappelle Anne-Marie Parisot. Les universités anglophones ont développé plusieurs programmes interdisciplinaires en études sourdes (Deaf Studies), ce qui n'existe à peu près pas du côté francophone.»

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Commentaires

En ce qui concerne le clivage entre religieux et séculier, je crois que les religions sont souvent perçues menaçantes, entre autres au Québec, par le passé religieux de celui-ci mais également par des faits dans le monde actuel. Comme par exemple des groupes chrétiens conservateurs aux États-Unis faisant pression pour remettre en question les cours de sciences ou le statut des femmes dans certaines sociétés musulmanes, juives ou autres. Le religieux peut potentiellement interférer dans le domaine public.