Séjour à Hawaï

Une vingtaine d'étudiants en géographie ont vécu une expérience inoubliable dans l'archipel au milieu du Pacifique.

11 Juin 2015 à 15H55

Le quartier Waikiki, à Honolulu, vu du sommet de Diamond Head, un ancien volcan.
Photo :Justin Laperrière

On retrouve à Hawaï une concentration importante de scientifiques du monde entier, ne serait-ce qu'en raison du point de vue unique offert par l'archipel pour observer les étoiles, étudier le climat et divers phénomènes géologiques. Du 26 avril au 9 mai derniers, un groupe de 26 étudiants du baccalauréat en géographie, accompagnés des professeurs Robert-André Daigneault et Sylvain Lefebvre, faisaient augmenter la population de chercheurs. Les étudiants effectuaient un séjour d'études dans le cadre du troisième cours de méthodologie de leur cursus, désigné comme «stage d'intégration».

«Hawaï est un lieu d'étude formidable, affirme Robert-André Daigneault, qui est également directeur des programmes de premier cycle en géographie. Big Island, la plus grosse île de l'archipel, abrite deux volcans encore actifs: le Kīlauea et le Mauna Loa. Le premier était en éruption lorsque nous y étions, ce qui est rare.»

Dans le cadre de ce voyage, trois équipes d'étudiants ont travaillé sur des problématiques relevant de la géographie physique, tandis que trois autres se sont penchées sur des sujets de géographie humaine. «La moitié des activités sur place étaient obligatoires pour tous, l'autre moitié étaient laissées à la discrétion des étudiants, qui ont eux-mêmes pris rendez-vous avec des intervenants locaux et effectué des relevés sur le terrain», précise Sylvain Lefebvre. «L'objectif est de consolider les apprentissages du programme et de développer les compétences des étudiants à la pratique de la géographie sur un terrain non familier», ajoute Robert-André Daigneault.

Volcans et tsunamis

«Notre équipe a travaillé sur la gestion du risque volcanique dans la ville d'Hilo, qui est située à proximité du volcan Kīlauea et qui peut être affectée par des coulées de lave, nous apprend Roxanne Rivard-Lachance, l'une des étudiantes qui a participé au voyage. Nous avons visité les zones à risque et rencontré les différents experts impliqués dans le dossier.»

L'archipel d'Hawaï a souvent été frappé par des tsunamis et abrite depuis de nombreuses années le Pacific Tsunami Warning Center, situé à Pearl Harbor. «C'est le genre d'endroit impossible à visiter pour les touristes et nous y avons eu accès. Ce fut très instructif pour nos étudiants», note Robert-André Daigneault.

Les étudiants et leurs professeurs ont également eu la chance de visiter l'observatoire climatique du Mauna Loa, l'un des premiers à avoir sonné l'alarme planétaire sur l'augmentation de CO2.

Identité et valeurs traditionnelles

D'autres étudiants se sont intéressés à des problématiques liées au tourisme et à la culture hawaïenne. «Les Hawaïens de souche prônent fièrement leur identité et ils souhaitent que les valeurs traditionnelles – respect de la nature et harmonie avec les éléments – soient intégrées et valorisées dans l’expérience touristique», affirme Sylvain Lefebvre.

«À cet égard, l'aménagement du territoire est un enjeu majeur, souligne Jessica Élie-Léonard. Nous avons travaillé sur le cas du complexe hôtelier Turtle Bay Resort, situé sur l'île d'Oahu. Le propriétaire du complexe veut l'agrandir et fait face à des résistances, notamment de la part de l'organisme Keep the North Shore Country. Nous avons voulu comprendre les impacts d'un tel projet en rencontrant à la fois un représentant du complexe et une activiste écologiste, en plus de quelques autres intervenants locaux.»

Les problématiques retenues par les étudiants


Volet physique

Gestion du risque volcanique dans la ville d'Hilo
La dynamique de l'érosion côtière en lien avec une augmentation du niveau des mers
La gestion des coraux par la limitation du nombre de touristes

Volet humain

Les impacts du projet d'expansion du Turtle Bay Resort
La culture du taro – tubercule alimentaire des régions tropicales –, menacé de disparaître au profit du taro chinois
Les valeurs hawaïennes à préserver: le cas du hula, une danse accompagnée de chant, qui a été récupérée par Hollywood

L'archipel réservait quelques surprises aux Uqamiens. «Avant de nous y rendre, nous avions tous une image cliché d'Hawaï, un endroit hyper touristique et très cher, mais au-delà de Waikiki, qui est assez conforme à cette image, nous avons découvert un lieu authentique avec des habitants chaleureux, fiers de leur culture et de leur identité», poursuit l'étudiante. «À quelques reprises durant notre séjour, on nous a accueillis dans les bâtiments publics officiels avec un chant traditionnel, le oli. Nous avions tous la chair de poule», raconte Sylvain Lefebvre, qui a même eu le privilège d'assister à une cérémonie de remise de diplômes – avec costumes traditionnels – à l'Université d'Hawaï à Hilo. «C'était magique!», se rappelle-t-il.

Retour à la réalité

Pas facile de revenir à Montréal après un séjour sous le soleil hawaïen. «Nous avons été plusieurs à prolonger notre séjour au-delà de la durée du stage, soulignent en riant Jessica Élie-Léonard et Roxanne Rivard-Lachance. Certains y sont même encore à l'heure actuelle!»

L'automne prochain, les étudiants devront procéder à la rédaction d'un rapport de recherche et effectuer une présentation de leurs résultats, laquelle sera ouverte au grand public. «Tenter d'appliquer ailleurs ce que l'on a appris au Québec est très formateur, note Jessica Élie-Léonard. Ce fut une expérience extrêmement inspirante sur le plan professionnel.»

«Toute la recherche effectuée pour ce type de stage sert parfois de bougie d'allumage et de tremplin vers la maîtrise en géographie», conclut Sylvain Lefebvre.

Un incitatif intéressant

«La géographie est au cœur d'enjeux contemporains tels que la conservation de l'environnement, la gestion des risques naturels et l'aménagement du territoire», souligne Robert-André Daigneault, directeur des programmes de premier cycle en géographie.

Trois cours-terrain forment l'épine dorsale du baccalauréat en géographie, explique-t-il. Le cours «Méthodologie I et camp de terrain», dont la première partie a lieu à la station écologique de l'UQAM, à Saint-Michel-des-Saints, constitue une introduction aux problématiques étudiées en géographie.

Le cours «Méthodologie II – Préparation au stage d'intégration» vise à la fois la préparation académique en vue du stage final, c'est-à-dire le choix d'une problématique, la recherche et la préparation qui y sont associés, ainsi que la préparation financière et logistique.

Enfin, le cours «Méthodologie III – Stage d'intégration» consiste en un stage intensif sur le terrain, d'une durée maximale de deux semaines, réalisé à l'échelle nationale ou internationale.

C'est la deuxième fois que le stage d'intégration a lieu à Hawaï. L'an prochain, les étudiants s'envoleront pour la Roumanie, tandis qu'en 2017, ils visiteront Valence et Barcelone, en Espagne. «La possibilité d'effectuer un stage à l'international est un incitatif qui favorise la rétention de nos étudiants, souligne Robert-André Daigneault. Nous avons reçu récemment les étudiants de la prochaine cohorte et ils étaient enchantés de savoir qu'ils auront la possibilité d'aller en Espagne pour leur stage final.»

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