Enseigner au postsecondaire

Un colloque bilingue sur les innovations pédagogiques et l'utilisation de la technologie aura lieu à l'UQAM.

24 Mai 2016 à 11H04

L'utilisation du numérique pour enseigner est devenue incontournable. Photo: Nathalie St-Pierre

L'UQAM accueillera pour la première fois le 3 juin prochain le colloque Supporting Active Learning & Technological Innovation in Studies of Education (SALTISE). «Il s'agit d'une initiative de chercheurs anglophones – du Collège Dawson, du Collège John Abbott, de l'Université Concordia et de l'Université McGill, entre autres – qui s'intéressent aux innovations pédagogiques et à l'utilisation de la technologie dans l'enseignement postsecondaire», explique Anastassis Kozanitis, professeur au Département de didactique.

Embauché à l'UQAM en août dernier, Anastassis Kozanitis voulait créer un équivalent francophone du colloque SALTISE. «Comme je ne voulais pas que nos deux événements soient en conflit d'horaire, j'ai contacté les organisateurs de SALTISE. Ils étaient plus que ravis: ils m'ont non seulement invité à me joindre à eux, mais ils ont aussi proposé de tenir l'édition 2016 de leur colloque à l'UQAM.» Le colloque SALTISE se veut bilingue depuis sa création, mais l'événement n'a jamais réussi à attirer beaucoup de professeurs des établissements francophones, précise le chercheur. «D'où l'idée de le tenir en milieu francophone.»

«Avec ce colloque, on souhaite abolir la fracture entre chercheurs anglophones et francophones dans le milieu de la recherche en pédagogie de l'enseignement supérieur, indique Diane Leduc, également professeure au Département de didactique. Nous nous connaissons tous, mais nous ne travaillons pratiquement jamais ensemble.»

L'événement s'adresse aux enseignants collégiaux et universitaires. «Les professeurs du milieu collégial sont très actifs sur le plan pédagogique, observe Diane Leduc. On les voit beaucoup innover, modifier leurs manières d'enseigner, se questionner, faire de la recherche et collaborer.».

«Il y aura une quarantaine de présentations, la majorité en sciences. Il y a malheureusement très peu de chercheurs qui s'intéressent à l'enseignement postsecondaire en sciences humaines.»

Anastassis Kozanitis,

professeur au Département de didactique

Tous ceux qui s'intéressent aux innovations pédagogiques, aux pédagogies actives et aux technologies sont donc conviés à cette 5e édition du colloque SALTISE. «Il y aura une quarantaine de présentations, la majorité en sciences. Il y a malheureusement très peu de chercheurs qui s'intéressent à l'enseignement postsecondaire en sciences humaines», déplore Anastassis Kozanitis.

Certaines conférences porteront sur des données issues de la recherche, tandis que d'autres présenteront des expériences pédagogiques concrètes. Un système de traduction sera offert aux participants du colloque et les étudiants de cycles supérieurs sont les bienvenus.

Un nouveau groupe de recherche

L'utilisation du numérique pour enseigner est devenue incontournable, comme en fait foi le nouveau Programme court de troisième cycle en pédagogie universitaire et environnement numérique d'apprentissage. «On entend pourtant peu parler de la pédagogie postsecondaire, même s'il y a des initiatives qui naissent à gauche et à droite. Certains innovent, mais ça reste dans leur collège ou leur département universitaire», déplore Diane Leduc.

«Les professeurs qui publient dans une revue disciplinaire n'ont pas toujours le temps, ni la reconnaissance, pour publier dans d'autres publications sur leurs projets ou leurs innovations pédagogiques, explique Anastassis Kozanitis. S'ils le font, ces publications hors discipline ne sont pas reconnues pour leurs demandes de subvention. C'est un frein majeur à la diffusion des recherches dans le domaine au Canada.»

Afin de mettre en lumière ces précieuses recherches, Anastassis Kozanitis et Diane Leduc sont en train de créer le Groupe de recherche sur les environnements d'apprentissage à l'enseignement supérieur, lequel regroupera les professeurs spécialisés en pédagogie de l'enseignement supérieur à l'UQAM.

Des formations appréciées

Les deux chercheurs ne doutent pas une seconde du succès du nouveau programme de troisième cycle. «Le Programme court de 2e cycle en pédagogie de l'enseignement supérieur, qui s'adresse surtout aux gens qui n'ont aucune expérience de l'enseignement et qui veulent devenir professeur au collégial, connaît un vif succès, souligne Diane Leduc. Nous offrons également des cours en pédagogie dans différents programmes, notamment à la Faculté des arts ainsi qu'aux doctorats en administration, en chimie, en biologie et en informatique.»

En Belgique, les professeurs d'université ne peuvent obtenir leur permanence à moins d'avoir réussi une formation de trois cours en pédagogie, ajoute-t-elle. «À l'UQAM, la formation de trois jours pour les nouveaux professeurs est optionnelle, mais la majorité s'y inscrit. La curiosité et le désir d'acquérir de meilleures bases en pédagogie sont là.»

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