Pour une tête en santé

Une conférence destinée au personnel présentera des stratégies pour combattre le stress.

26 Avril 2016 à 15H47

Illustration: Association canadienne pour la santé mentale

«Combien de personnes ont déjà éprouvé des douleurs aux articulations?», demande parfois Jean-Nicolas Brousseau lorsqu'il anime des ateliers. À tout coup, plusieurs mains se lèvent. Quand il demande combien ont vécu des épisodes dépressifs ou expérimenté des moments d'anxiété, les mains levées se font beaucoup plus rares. «Les statistiques indiquent pourtant qu'une personne sur trois vivra un épisode anxieux dans sa vie, souligne le directeur de la Division de la santé et de la qualité de vie du Service des ressources humaines. À l'UQAM, 42 % des dossiers en invalidité sont reliés à la santé mentale. Mais on craint encore d'être stigmatisé si on en parle. Il y a beaucoup de travail à faire pour combattre les préjugés.»

Sous le thème «7 astuces pour être bien dans sa tête», la Semaine nationale de la santé mentale aura lieu du 2 au 8 mai prochains. «Nous profitons de cet événement pour rappeler l'existence du Programme d'aide au personnel, un service tout à fait confidentiel. Il ne faut pas attendre d'être rendu au plus mal pour y faire appel», affirme celle qui en est nouvellement responsable, la psychologue Marjorie Laberge (B. Sc. psychologie, 95).

Prendre soin de sa santé mentale s'effectue par de petits gestes au quotidien, rappelle-t-elle. «L'activité physique, la méditation, le yoga, voire toute activité ou loisir qui procure du plaisir peut aider à gérer le stress du travail et à se prémunir contre l'anxiété et la dépression. Il importe également d'avoir quelqu'un à qui se confier lors des périodes plus difficiles. Le soutien social est l'un des facteurs de protection les plus importants dans les cas de dépression.»

Le sommeil est aussi très important. «Les troubles de l'humeur y sont reliés. Il est donc important de se coucher sensiblement à la même heure chaque jour et de ne pas utiliser la tablette ou le téléphone intelligent juste avant d'aller au lit», souligne Marjorie Laberge.

Savoir mettre ses limites auprès de son employeur figure également parmi les recommandations de la psychologue, surtout en cette ère où les outils technologiques nous rendent disponibles 24 heures sur 24. «Être en bonne santé mentale, précise-t-elle, cela signifie d'avoir encore de l'énergie après le travail pour s'investir dans sa vie sociale et familiale.»

Conférence-midi: «Le stress et ses couleurs»

Date: 4 mai à 12 h
Lieu: salle D-R200

Cette conférence de Stéphanie Audet, d'Optima Santé Globale, permettra d’identifier les facteurs du stress, d’appréhender ses symptômes avant même qu’ils ne deviennent envahissants, et de mettre en pratique des stratégies éprouvées pour le gérer, le tout dans une approche dynamique, globale et empreinte de compassion.

Conférence réservée aux employés de l'UQAM.
Aucune inscription requise. On peut apporter son lunch.

Comme une grippe

La santé mentale est trop souvent négligée, affirme Jean-Nicolas Brousseau. «Je la compare souvent à une grippe, dit-il. Quand on est grippé, on prend soin de soi, on se repose et cela prévient la pneumonie et l'hospitalisation. C'est la même chose en santé mentale: il faut capter les premiers signaux. Quand on est fatigué, il faut prendre quelques jours de vacances, en parler avec quelqu'un de confiance, tenter d'extérioriser nos problèmes par le sport, la méditation, une activité plaisante. Notre corps nous parle et il faut l'écouter.»

Le plus grand danger qui guette les personnes anxieuses et déprimées qui ne prennent pas les mesures pour se soigner est de voir leurs symptômes s'atténuer d'eux-mêmes au bout de quelques semaines. «On croit que tout est revenu à la normale, mais cela n'est pas le cas. Notre corps finira par nous renvoyer d'autres signaux, plus puissants, pour que l'on comprenne le message», explique Jean-Nicolas Brousseau.

«Peu importe l'âge, le sexe ou le statut social, l'anxiété et la dépression ne font pas de discrimination, ajoute Marjorie Laberge. Il faut être vigilant pour détecter les symptômes: irritabilité, pleurs plus fréquents, perte d'intérêts pour des activités que l'on aime habituellement et tendance à s'isoler.»

Les collègues de travail sont souvent bien placés pour détecter de tels symptômes. «Nous passons 35 à 40 heures par semaine avec nos collègues. Ils finissent par nous connaître et ils sont en mesure de déceler les signes d'une détresse psychologique», note Marjorie Laberge.

Jean-Nicolas Brousseau invite les gens qui ont des questions à visiter le site santetravail.uqam.ca. Ils y retrouveront des capsules et des trucs santé, ainsi que des hyperliens vers des ressources telles que le Programme d'aide au personnel, le groupe Revivre, un organisme spécialisé dans les cas d'anxiété et de dépression, et les Maisons Péladeau, qui s'occupent du traitement des dépendances.

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