Deux approches en danse

Un séminaire international réunit pour la première fois des spécialistes anglophones et francophones de l'analyse du mouvement.

31 Mai 2016 à 9H02

Une douzaine de spécialistes américains et français en danse seront réunis dans le cadre d'un séminaire international intitulé «Vers une actualisation de l'analyse qualitative du mouvement», qui aura lieu au Département de danse, du 31 mai au 3 juin prochains. «Dans l'univers de la danse, il existe deux approches qualitatives de l'analyse du mouvement, explique la professeure Nicole Harbonnier, responsable de l'événement en collaboration avec la chargée de cours Geneviève Dussault et avec Catherine Ferri, intervenante en formation de professeurs au Pôle d'enseignement supérieur spectacle vivant (PESSV) Bretagne - Pays de la Loire. Le Laban Movement Analysis (LMA) et l'Analyse fonctionnelle du corps dans le mouvement dansé (AFCMD) ont toutes deux été développées au XXe siècle, la première aux États-Unis, la seconde en France.»

Nicole Harbonnier mène depuis 2013 un projet de recherche afin de repenser l'articulation entre les dimensions fonctionnelles et expressives du mouvement. Elle souhaite ainsi faire ressortir les complémentarités de ces deux approches «qui s'ignorent par la langue et la géographie, mais qui ont pourtant plusieurs points en commun.» Pour cela, elle a interviewé 12 analystes LMA et 12 analystes AFCMD. «Ceux-ci devaient analyser la même séquence de danse, explique-t-elle. Les résultats indiquent des spécificités propres à chaque approche, certes, mais aussi des convergences.»

Douze des vingt-quatre spécialistes interviewés dans l'étude ont accepté l'invitation de Nicole Harbonnier afin de venir croiser leurs regards dans le cadre du séminaire. «Nous travaillerons sur les données issues de ma recherche, mais aussi avec des danseurs, dans l'action, dans le but de valider les résultats obtenus. C'est une première mondiale, car tous ces gens ne se sont jamais rencontrés pour travailler ensemble!»

Lors de la première journée du séminaire, le 31 mai, Nicole Harbonnier et ses deux collègues présenteront les résultats de la recherche et le tout sera suivi d'une discussion. «La séance est ouverte au grand public», souligne la professeure.

La journée du 1er juin sera consacrée à des ateliers théorico-pratique sur les notions de poids et de flux et sur la relation à l'espace. «Ce sont des activités ouvertes à la communauté de la danse et aux analystes du mouvement montréalais», précise-t-elle.

Un colloque, intitulé «À qui profite l'analyse du mouvement?», aura lieu le 2 juin. «Il s'agit d'ouvrir la discussion sur l'apport de l'analyse du mouvement dans différents domaines, autres que la danse. Des gens qui se servent de l'analyse qualitative du mouvement viendront témoigner de leurs expériences en physiothérapie, en ostéopathie, en musique, en anthropologie, comme complément à la capture du mouvement, en communication non verbale et en langage des signes», précise Nicole Harbonnier. Le colloque, qui bénéficiera d'une traduction simultanée, est ouvert au grand public.

Le 3 juin, une table ronde sera présentée dans le cadre du Festival TransAmériques (FTA). «La veille, nous aurons assisté à la plus récente création de Louise Lecavalier, Mille batailles. Nous aurons pris le temps de l'analyser selon nos approches respectives et nous partagerons nos réflexions avec le public, à l'Agora Hydro-Québec du Cœur des sciences.» 

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