Échanges en Turquie suspendus

La situation politique préoccupante force à interrompre les échanges étudiants avec ce pays.

2 Août 2016 à 13H56

Compte tenu de la situation politique en Turquie, le Service des relations internationales (SRI) a décidé de suspendre tous les échanges étudiants prévus dans ce pays en 2016-2017. Le SRI juge que le risque encouru par les étudiants serait trop élevé. Bien que des mesures de sécurité additionnelles aient été prises par notre université partenaire, l’UQAM ne peut s’assurer de la sécurité dans la ville ni dans la région d’Istanbul où les étudiants voyagent durant leur séjour. Le site d'Affaires mondiales Canada recommande d'ailleurs d'«éviter tout voyage non essentiel » en Turquie, ce qui fait en sorte qu'aucun étudiant ne se rendant dans ce pays ne serait admissible à la bourse à la mobilité.

À l’heure actuelle, les troubles trouvent leur source dans plusieurs situations rendant les étudiants vulnérables : les actions terroristes des groupes kurdes en Turquie, les attentats commis par le groupe armé État islamique (qui vise surtout les lieux touristiques) et la tentative de coup d’État du 15 juillet dernier par des groupes militaires. À cela, il faut ajouter la réponse du gouvernement turque: on note une augmentation de mesures répressives et autoritaires, telles que des arrestations de masse.   

Universités Canada, l'association représentant les universités canadiennes au Canada et à l’étranger et dont le recteur Robert Proulx est membre du conseil d'administration, a d'ailleurs émis un communiqué, le 29 juillet, pour exprimer sa préoccupation à l'égard des mesures qui accompagnent l’état d’urgence prolongé décrété par le gouvernement.

«Nous nous sentons particulièrement interpellés par les informations selon lesquelles des milliers de doyens et de professeurs universitaires ont été démis de leurs fonctions et interdits de voyage, faisant l’objet d’actes de représailles et d’intimidation», peut-on lire dans le communiqué. «De tels gestes nous apparaissent contraires aux valeurs universitaires reconnues dans tous les pays membres de l’OCDE. »

Les dirigeants des universités canadiennes réitèrent l’importance que leurs établissements accordent à la liberté d’expression et à la liberté universitaire comme garants de la démocratie. «Le respect de l’ensemble des libertés démocratiques, notamment le droit à la libre circulation des idées et des personnes, est au cœur des valeurs que les étudiants et les professeurs ont le devoir de promouvoir», écrivent-ils, appelant les autorités turques à respecter les droits de chacun, y compris ceux des présumés responsables du coup d’État.

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