Un aménagement à repenser

Des étudiants brassent des idées sur un projet d'implantation de bornes de recharge pour voitures électriques.

17 Octobre 2016 à 10H37

Une vingtaine d'étudiants du DESS en design d'événements et de la maîtrise en design de l'environnement ont participé, le 12 octobre dernier, à une journée d'idéation concernant l'Îlot vert.
Photo :Nathalie St-Pierre

Un terrain appartenant à l'UQAM, situé au coin des rues Sanguinet et Christin, face au Centre sportif, accueillera l'an prochain trois bornes de recharge pour voitures électriques, dont une borne de recharge rapide. Il s'agira de la première borne de ce type à être installée sur un terrain n'appartenant pas à la Ville de Montréal. Une vingtaine d'étudiants du DESS en design d'événements et de la maîtrise en design de l'environnement ont participé, le 12 octobre dernier, à une journée d'idéation sur ce projet, baptisé l'Îlot vert.

Les étudiants ont amorcé leur réflexion par un exercice de scénarisation intitulé «20 minutes pour une recharge à 80 %» dont l'objectif était de réfléchir à la nature de l'îlot vert au-delà de l'image du stationnement ou de la station-service, en mettant l'accent sur les usages et usagers quotidiens du site – étudiants et employés de l'UQAM, personnel du CHUM, etc.

«L'objectif de la journée était de proposer une série d'idées qui guideront le design de l'îlot, explique la professeure Céline Poisson, de l'École de design. La réflexion mettait l'accent sur le temps d'attente : 20 minutes pour une recharge à 80 %, c'est ce qu'offre la borne de recharge rapide. Il s'agit d'en faire l'occasion d'une recharge qui est tout autant celle du conducteur et de lui proposer des scénarios: une prise de contact avec le quartier, un moment passé sur le campus ou au Centre sportif, par exemple.»

Un projet-étalon

La matinée a été consacrée à des présentations sur le contexte du projet, amené à l'UQAM par Alain Milette, directeur du Bureau des transactions immobilières. Des représentants de l'arrondissement Ville-Marie – Michel Rioux, Christine Racine et Daphné Saint-Pierre – ont expliqué aux étudiants les objectifs de la Ville, qui souhaite développer un projet-étalon pour l'aménagement de ce type de service.  

La professeure Céline Poisson avec les étudiants.Photo: Nathalie St-Pierre

Accompagnés par les professeurs Céline Poisson, Mark Poddubiuk, Maurice Cloutier, Thomas-Bernard Kenniff, Sinisha Brdar, Anne-Marie Broudehoux, Carlo Carbone, Carole Lévesque et Réjean Legault, les étudiants étaient divisés en équipes pour l'exercice de scénarisation. «Les équipes ont été modifiées pour la séance de travail de l'après-midi, indique Céline Poisson. Chaque équipe devait cette fois développer une esquisse de proposition d'aménagement incluant un plan, deux ou trois croquis, des vues en perspective, des photomontages et/ou une maquette.»

Les propositions des étudiants devaient répondre à des critères comme l'adaptabilité par rapport aux variations d'usage de jour et de nuit, en été comme en hiver, et ce, en tenant compte de l'inévitable évolution de la technologie de recharge des véhicules électriques au fil des ans. La qualité de l'aménagement, l'intégration dans le milieu et la faisabilité à court terme devaient également être considérées.

En fin de journée, les six équipes ont présenté leurs projets devant les représentants de l'arrondissement et les responsables de l'UQAM. La plupart ont proposé d'accentuer le rôle transitoire de l'îlot entre le pavillon DeSève et le Centre sportif, certaine misant sur un marquage au sol, à la manière d'une traverse piétonnière, d'autres en pavant à la fois le terrain et la largeur de la rue Christin menant jusqu'au pavillon DS, éliminant ainsi les trottoirs pour en faire une place où voiture et piétons pourraient cohabiter.

Micro-aménagement

L'urbaniste Christine Racine, de l'arrondissement Ville-Marie, et le professeur invité Thomas-Bernard Kenniff. Photo: Nathalie St-Pierre

L'idée d'un endroit pour se ressourcer, se «recharger» s'est incarnée dans différentes propositions: supports à vélo originaux, espace semi-couvert pour s'abriter du soleil, mobiliers urbains mobiles, écran de projection, conteneur utilisé comme kiosque pour offrir café, nourriture et livres, etc. On a proposé d'installer une plateforme en bois sur le sol, un système d'ancrage multifonction, une topographie en paliers, et même une butte gazonnée. Tous les projets ont tenté de maximiser la superficie de l'îlot. «Un site comme celui-là pose la question de la rareté de l'espace, a souligné l'urbaniste Christine Racine, de l'arrondissement Ville-Marie. Les micro-aménagements ont la cote ces temps-ci et je vois que vos propositions vont en ce sens. C'est très intéressant!»

La journée fait l'objet de travaux évalués dans le cadre de cours au DESS en design d'événements avec Céline Poisson et de la maîtrise en design de l'environnement avec Mark Poddubiuk. «Quelques étudiants sous la direction de Mark développeront un projet à partir des meilleures idées entendues aujourd'hui», a souligné Céline Poisson en fin de journée. «C'est une belle collaboration et c'est très apprécié», a conclu Christine Racine, en précisant que l'arrondissement présentera le projet qui émanera de cette initiative au comité consultatif d'urbanisme de la Ville de Montréal. L'idéation de l'Îlot vert devrait devenir réalité à l'été 2017. 

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