Philosopher sur la science

Christophe Malaterre inaugure le Laboratoire de philosophie des sciences.

22 Septembre 2016 à 15H55

La table ronde «Naturaliser en science», qui a précédé le lancement du Laboratoire, réunissait Christophe Malaterre, Molly Kao (Université de Montréal), Luc Faucher et François Claveau (Université de Sherbrooke). Photo: Nathalie St-Pierre

Un nouveau Laboratoire de philosophie des sciences (LAPS) a été inauguré à l'UQAM le 21 septembre, en même temps qu'était lancée la Chaire de recherche du Canada en philosophie des sciences de la vie. Le titulaire de la Chaire, le professeur du Département de philosophie Christophe Malaterre, est un spécialiste de cette question.

La Chaire se veut un lieu de réflexion philosophique sur la science contemporaine, dont la programmation s’articule autour de trois axes propices au développement de collaborations entre les sciences et la philosophie. Les travaux porteront sur la question des origines de la vie et de la transition de l'inerte au vivant, sur le concept de biodiversité ainsi que sur la nature de l'explication scientifique en biologie. Les espaces du LAPS, mis sur pied grâce à une subvention de la Fondation canadienne pour l'innovation, accueillent déjà quelques étudiants aux études supérieures intéressés par ces questions.

«Je trouve très important que la science et la philosophie se parlent, dit Christophe Malaterre. On a, d'un côté, des scientifiques qui disent que la philosophie ne sert à rien, que ce n'est que de la spéculation, et, d'un autre côté, des philosophes qui ne s'intéressent pas à la science, ce qui est dommage. Quand on fait une philosophie très centrée sur l'humain, on en oublie parfois que l'humain se place dans une nature qui est l'objet des sciences empiriques.»

Selon le professeur, les sciences empiriques devraient être considérées comme les alliées de la philosophie. «Les grands philosophes –Descartes, Aristote – étaient aussi de grands scientifiques, rappelle-t-il. Je pense qu'il est important de renouer avec une tradition de dialogue entre la science et la philosophie, la science apportant un certain nombre de résultats, d'observations, et la philosophie essayant de faire sens de ces résultats dans une conception du monde peut-être plus large que celle que s'autorisent les scientifiques.»

Luc Faucher, Josée Lafond, Catherine Mounier, Christophe Malaterre et Alain Voizard, directeur sortant du Département de philosophie.Photo: Martine Gingras

La vice-rectrice à la recherche et à la création Catherine Mounier ainsi que la doyenne de la Faculté des sciences Josée Lafond étaient présentes lors du double événement de lancement et d'inauguration, qui s'est tenu au nouvel «espace philo» (W5). L'événement était précédé d'une table ronde intitulée «Naturaliser en science», organisée en collaboration avec le Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie (CIRST). Réunissant les professeurs Christophe Malaterre («Naturaliser le vivant»), Molly Kao, de l'Université de Montréal («Naturaliser en physique»), Luc Faucher, de l'UQAM («Naturaliser le mental»), François Claveau, de l'Université de Sherbrooke («Naturaliser en sciences économiques») et Frédéric Bouchard, de l'Université de Montréal, qui agissait comme président de séance, la table ronde a fait salle comble.

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