Le Grand Balcon à la Galerie

La Galerie de l'UQAM présente deux artistes et un collectif dans le cadre de la Biennale de Montréal.

18 Octobre 2016 à 16H58

La Galerie de l'UQAM présente deux artistes et un collectif dans le cadre de la Biennale de Montréal. Sur la photo: Luis Jacob, Album XII, 2013-2014, montage d'images et plastique, 148 panneaux (44.5 x 29 cm chaque). Avec l'aimable permission de Birch Contemporary, Toronto, et Galerie Max Mayer, Düsseldorf.

Dans le cadre de l'édition 2016 de la Biennale de Montréal, la Galerie de l’UQAM présente à partir du 21 octobre jusqu'au 10 décembre des œuvres des artistes Luis Jacob et Judith Hopf et du collectif new-yorkais Thirteen Black Cats. La Biennale propose cette année une sélection de plus de 150 œuvres d'art contemporain (cinéma, vidéo, peinture, sculpture, photographie, installation, performance, nouveaux médias) réparties dans plus d'une vingtaine de sites, dont la Galerie de l'UQAM et le Musée d'art contemporain. Conférences, rencontres, causeries, visites guidées et concerts sont aussi au programme.

Intitulée Le Grand Balcon, cette édition de la Biennale de Montréal est librement inspirée de la pièce Le Balcon de Jean Genet, qui fait de cette plateforme un espace de contestation entre la révolution et la contre-révolution, entre la réalité et l’illusion. Quelque 55 artistes et collectifs d'ici et d'ailleurs prennent part à la Biennale montréalaise, dont plusieurs Uqamiens, comme le professeur Michael Blum, de l'École des arts visuels et médiatiques, et les diplômées Valérie Blass (B.A. arts plastiques, 1999; M.A. arts visuels et médiatiques, 2006), et Myriam Jacob-Allard (M.A. arts visuels et médiatiques, 2015). L'événement se déroule jusqu'au 15 janvier 2017.

Programmation uqamienne

Les considérations historiques et urbanistiques de l'artiste torontois Luis Jacob se couplent à une approche philosophique et anthropologique, laquelle imprègne l’ensemble de ses parcours artistique, littéraire et commissarial. Luis Jacob déploiera à la Galerie de l'UQAM l’un de ses Albums, où il met en relation des centaines d’images issues de l’histoire de l’art, de la culture populaire et des fils de nouvelles. La banque d’images trouvées puis assemblées par l’artiste dans Album XII (2013-2014) s’intéresse au cadre subjectif de l’expérience esthétique. Regroupées selon un libre principe de correspondance, les images suggèrent des analogies qui sont à construire, à développer ou à compléter par le spectateur.

Les extensions philosophiques des recherches de Jacob transparaissent aussi dans l’impression sérigraphique The Demonstration (2013), dont le sujet central, un monochrome blanc présenté par des mains anonymes, met en abîme l’expérience intime et complexe du spectateur.

Dans ses sculptures, installations et vidéos, l'artiste berlinoise Judith Hopf transfigure les cadres modestes et les matériaux ordinaires en démonstrations drôles, voire stupides, de valeurs humanistes. L'artiste décrit sa méthode de travail comme une tentative de faire quelque chose «qui ne me met pas de mauvaise humeur». Pour la Biennale, Judith Hopf a conçu un mobilier simple, mais perforé ─ une table, un banc, un socle ─, qui intègre des écrans projetant certains de ses films absurdes évoquant l'expérience contemporaine dans une société qui carbure à la surexploitation, à l'épuisement et à la fatigue chronique.

Fondé par Lucy Raven, Evan Calder Williams et Vic Brooks, le collectif de recherche et de production basé à New York Thirteen Black Cats lancera en grande première l'œuvre Corpse Cleaner, un court-métrage qui s’intéresse à l’héritage de la puissance atomique aux 20e et 21e siècles. Le film se penche en particulier sur les lettres échangées par Claude Eatherly, pilote de l’armée de l’air, dont le rapport météorologique positif a permis le bombardement atomique d’Hiroshima, et Günther Anders, philosophe, théoricien et militant antinucléaire allemand, dont l’œuvre traduit une obsession pour la capacité de la technologie à dépasser les intentions humaines. Alors qu’une voix hors champ nous rappelle le contenu des lettres, on apprend que le producteur hollywoodien Bob Hope a abordé Eatherly en vue de faire un film sur sa vie. Ancien nettoyeur d’accessoires cinématographiques au Hollywood Custom Palace, Anders lui confie cependant que le système hollywoodien ne serait pas en mesure d'aborder cet «acte fatal».

Le vernissage des trois expositions aura lieu le jeudi 20 octobre à 17 h 30 à la Galerie de l'UQAM.

PARTAGER
COMMENTAIRES 0 COMMENTAIRE