Préserver la biodiversité

La productivité des forêts est menacée par le déclin de la biodiversité, révèle une étude publiée dans Science.

13 Octobre 2016 à 15H08

Le déclin de la biodiversité menacerait la productivité forestière à travers le monde et plus particulièrement dans les forêts boréales d'ici.Photo: Marie-Claude Bourdon

Une équipe réunissant 84 chercheurs à travers le monde, dont Alain Paquette, chargé de cours à l'Institut des sciences de l'environnement et agent de recherche à la Chaire CRSNG/Hydro-Québec sur le contrôle de la croissance des arbres, a dévoilé les résultats de la plus vaste étude réalisée à ce jour sur l'effet de la biodiversité sur le fonctionnement des forêts. Publiés le 14 octobre dans Science, leurs résultats indiquent que la biodiversité a un effet positif sur la productivité forestière et, par conséquent, qu'un recul de la première accélérerait le déclin de la seconde à l'échelle planétaire.

«L'effet est variable selon les régions – il serait, par exemple, plus intense dans les forêts boréales d'ici –, explique Alain Paquette, qui est aussi membre du Centre d'étude de la forêt. Mais, globalement, une perte de 10 % des espèces forestières se traduirait par une réduction de 2 à 3 % de productivité, ce qui représente des pertes financières estimées entre 13 et 23 milliards de dollars US annuellement. Et l'effet augmenterait rapidement avec des pertes additionnelles.»

Cette étude a été réalisée en s'appuyant sur les données de 777 126 placettes permanentes – la placette est une unité d'échantillonnage d'une superficie variant entre 100 et 1100 mètres carrés – dans 44 pays, représentant tous les biomes forestiers du monde, soit plus de 30 millions d'arbres de 8737 espèces.

«Ces résultats sont les premiers issus de la Global Forest Biodiversity Initiative (GFBI), qui vise l'amélioration des connaissances sur les modèles et processus liés au fonctionnement des forêts dans le monde. L'initiative vise à favoriser le partage des connaissances et des données relatives aux forêts», souligne Alain Paquette, qui siège sur le comité de direction du GFBI.

Un article rédigé en 2011 par Alain Paquette, en collaboration avec le professeur Christian Messier, du Département des sciences biologiques, est à l'origine, parmi d'autres, de cette nouvelle étude internationale. L'article, qui établissait un lien entre la productivité des forêts et leur diversité au Québec, était paru dans Global Ecology and Biogeography et avait valu aux deux chercheurs de figurer dans le palmarès des découvertes de l'année du magazine Québec Science.

PARTAGER
COMMENTAIRES 0 COMMENTAIRE