Lectures d'octobre

Notre sélection mensuelle d'ouvrages publiés par des professeurs, chargés de cours, étudiants, employés, diplômés ou retraités de l'UQAM.

4 Octobre 2016 à 13H41

Série «Titres d'ici»

La conquête de la Maison-Blanche

«La Conquête de la Maison-Blanche est une saga qui s'étire sur de longs mois, qui absorbe des sommes astronomiques et qui remue les eaux saumâtres du passé des candidats et de leur famille. Elle est désormais suivie, un peu à la manière des Hunger Games, comme une série télévisée où seul le candidat le plus rusé, le plus connecté, le plus nanti ou le plus agressif survivra, au terme de pratiquement une année et demie de joute», affirme Élisabeth Vallet dans Comprendre les élections américaines, édition 2016. Depuis les événements de 2001, les États-Unis ont vécu plusieurs bouleversements – démographiques, culturels, économiques et politiques – qui ont redessiné le pays. L'avènement des Millennials (la génération Y), l'essor du Tea Party, la résurgence des «hommes blancs en colère», l'augmentation des tueries de masse et la déliquescence du Parti républicain ont mis la table pour une année électorale mouvementée. En ayant recours à des exemples historiques marquants, l'auteure, professeure associée au Département de géographie et directrice scientifique à la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques, explique la mécanique des élections américaines aussi bien que les nouveaux enjeux électoraux. Ne reste plus qu'à voir qui de Hillary Clinton ou de Donald Trump sera élu(e) le 8 novembre prochain à titre de 45e président(e) des États-Unis. Paru au Septentrion.

La prise de risque en création

Publié sous la direction de la professeure Anne-Marie Ninacs, de l’École des arts visuels et médiatiques (ÉAVM), l'ouvrage Interdire, susciter, combattre présente les travaux, écrits et visuels, de professeurs, de chargés de cours et d'étudiants de l'École, réalisés en 2014 et 2015, autour du thème de la prise de risque en création. Divisé en trois parties, il aborde différentes dimensions du processus créatif: transgresser les non-dits et les interdits («Interdire»), aller vers l'inconnu («Susciter»), et résister aux pressions extérieures pour demeurer maître de son œuvre («Combattre»). La première partie fait suite à une discussion qui a eu lieu après l'attentat contre les caricaturistes de Charlie Hebdo. Les professeurs Dominic Hardy, Michael Blum et Mario Côté étudient «l'action de l'artiste et le destin de ses images dans des contextes qui répriment certaines expressions de manière tacite ou tactique». Dans la seconde partie de l'ouvrage, Moniques Richard et Laurent Pilon, entre autres, s'intéressent au risque créateur en enseignement des arts. Dans la dernière partie, le chargé de cours Michel Bricault s'entretient avec Georges Didi-Huberman, de l'École des Hautes Études en Sciences sociales, à Paris, qui a donné en 2014 un séminaire sur Roland Barthes à l'UQAM. Publié par l'ÉAVM, en collaboration avec Repro-UQAM.

Le mal du Québec

Après avoir publié l'an dernier un pamphlet intitulé L'avenir du bluff québécois, dans lequel il dénonçait le manque d'envergure des chefs politiques censés mener à bien le projet indépendantiste, le professeur du Département de philosophie Christian Saint-Germain récidive avec Le mal du Québec. Le Québec œuvre-t-il à sa propre disparition? S'enferme-t-il de plein gré dans l'ignorance? Le projet d'indépendance nationale a-t-il déjà été autre chose qu'un concours d'amateurs? Voilà quelques-unes des questions traversant cet essai critique, qui invite à la liquidation du Parti québécois et à la refondation du nationalisme. Parmi les symptômes pathétiques du mal québécois, il y aurait le Parti québécois et ses chefs, soutient Christian Saint-Germain. «Le cas Péladeau n'est pas le moins intéressant parce qu'il représente le succès étourdi, le rêve commercial sans effort de la société québécoise, et la disproportion absolue entre l'insignifiance historique du personnage et l'ampleur de la tâche.» L'expression «Mal du Québec», écrit l'auteur, renvoie aussi à «l'infirmité d'une société difficilement continuée», à «une société dépossédée de tout idéal, remise à ses comptables, à ses médecins» et au «refus réitéré de répondre à une vocation exceptionnelle en Amérique au milieu de la richesse amérindienne, d'accepter l'exceptionnalité d'une langue et hier encore d'une religion». Paru chez Liber.

Faut-il avoir peur du peuple?

Zapatistes, altermondialistes, Indignés, Occupy, Printemps érable et Nuit debout. Alors que ces mouvements populaires sont présentés par certains comme l'incarnation de la démocratie directe, d'autres n'y voient que des mobilisations certes sympathiques mais insignifiantes, quand ils ne tentent pas de les discréditer en les associant à la violence. S'appuyant sur sa connaissance de ces expériences politiques et de l'histoire des pratiques démocratiques, y compris hors de l'Occident, le professeur du Département de science politique Francis Dupuis-Déri propose une réflexion critique dans l'ouvrage La peur du peuple. Il décrit la lutte entre l'agoraphobie et l'agoraphilie politiques (la peur et l'amour de l'assemblée citoyenne), analysant les arguments des deux camps. Il discute aussi du rapport délicat entre le peuple assemblé dans l'agora pour délibérer (le démos) et celui qui descend dans la rue pour manifester (la plèbe). «Cette peur à l'égard du peuple habite les élites économiques, politiques et culturelles, et justifie les interdictions les plus strictes quant au droit de s'assembler et de manifester (…) Elle hante souvent le peuple lui-même, qui préfère se rassurer et remettre son destin entre les mains d'un ou plusieurs chefs», écrit l'auteur. Son ouvrage se situe à la croisée de la philosophie politique, de l'anthropologie et de la sociologie. Paru chez Lux Éditeur.

Le tourisme du futur

Incontournable, le tourisme est une industrie «fragile puisque soumise aux influences politiques, économiques, sociales et climatiques», écrit le professeur Bruno Sarrasin, du Département d’études urbaines et touristiques de l'ESG UQAM, en introduction de L'avenir des marchés touristiques. De la veille stratégique aux scénarios prospectifs. L'ouvrage ─ une version remaniée de La prévision prospective en gestion, un livre qu'il a cosigné avec le défunt professeur Jean Stafford, du même Département ─ se penche sur différentes manières de penser l'avenir au moyen de procédés spécifiques à la prévision. L'idée est d'appréhender l’avenir des marchés touristiques à court, à moyen ou à long terme. Les auteurs (la diplômée Marie-Christine Bruneau, analyste marketing chez Ad Hoc recherche et titulaire d’une maîtrise en développement du tourisme, a aussi collaboré à l'ouvrage) présentent comment l’intelligence d’affaires, la veille stratégique et les modèles de prévision statistiques contribuent à l’évaluation des risques, à l'analyse des tendances et nourrissent la prise de décision. Leur livre permettra aux étudiants et aux professionnels du domaine du tourisme de recueillir des données valides et, ainsi, d’élaborer des scénarios prospectifs de qualité. Publié aux Presses de l'Université du Québec.

Regards critiques sur le cours ECR

Le cours Éthique et culture religieuse (ECR) a remplacé depuis 2008 l'enseignement religieux confessionnel et l'enseignement moral dans les écoles primaires et secondaires du Québec, suscitant de nombreuses réactions et faisant même l'objet de deux jugements de la Cour suprême du Canada. «Tous les ouvrages qui ont porté sur ce cours jusqu’à maintenant ont été excessivement complaisants et ont évacué les aspects conflictuels qu’il pose tant dans ses fondements que dans sa mise en œuvre en classe», soulignent l'ancien professeur de l'UQAM Normand Baillargeon et le journaliste et diplômé Daniel Baril (B.Sp. sciences religieuses, 76) dans La face cachée du cours Éthique et culture religieuse. L'ouvrage qu'ils dirigent s’adresse à un large public, principalement aux parents d’élèves de toutes convictions confondues. Son objectif est d’informer la population de la véritable nature, méconnue soutiennent-ils, de ce cours et de ses effets sur la formation de la pensée. Il porte dans un premier temps sur les lacunes du cours et définit des impasses, des tensions et des difficultés auxquelles a conduit son implantation, tandis que la seconde partie propose des solutions à ces problèmes. Une douzaine de collaborateurs y signent des textes. Publié chez Leméac.

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