Mission recherche en Chine

Une mission de la vice-rectrice Catherine Mounier vise la valorisation de la recherche et le développement de partenariats scientifiques.  

9 Février 2016 à 16H36

Série L'UQAM et la Chine
À l'occasion du Nouvel An chinois, Actualités UQAM présente un dossier spécial sur les liens entre l'UQAM et la Chine, l'une des trois zones prioritaires identifiées par l'Université dans sa stratégie de développement international. 

La première partie de la mission s'est déroulée à Guangzhou (Canton), la troisième plus grande ville chinoise après Beijing et Shanghai.Photo: Azwari Nugraha

La vice-rectrice à la Recherche et à la création, Catherine Mounier, accompagnée du directeur du Service des relations internationales (SRI), Sylvain St-Amand, et d' Anne-Marie Larose, directrice générale d'Aligo, la société de valorisation de la recherche partenaire de l'UQAM, a conduit une mission à Guangzhou  et à Beijing, en Chine, fin janvier, axée sur la recherche et sa valorisation. Cette mission s'inscrit dans le cadre du Plan stratégique de l'UQAM 2015-2019, qui prévoit le déploiement d'une stratégie d'internationalisation visant le rayonnement accru de l'UQAM et des membres de sa communauté ainsi que le développement de partenariats internationaux autour des principes liés à la collaboration, au partage des savoir et à la responsabilité sociale des universités.

«Nous avions, lors de cette mission, deux objectifs principaux: la valorisation des innovations développées par nos chercheurs et le développement de partenariats de recherche avec des universités chinoises», explique la vice-rectrice Catherine Mounier, qui a été impressionnée par les campus universitaires et les infrastructures de recherche qu'elle a visités lors de son séjour.

La mission s'inscrivait également dans la volonté du Vice-rectorat à la recherche et à la création de concentrer les efforts d'internationalisation de l'UQAM au cours de la prochaine année sur trois régions du monde, à savoir la Chine, le Brésil et l'Europe francophone. «Cela ne signifie pas que nous cesserons de collaborer avec d'autres régions du monde, précise le directeur du SRI. Mais le temps, les énergies et les moyens que la vice-rectrice à la Recherche et à la création peut consacrer à l'international seront plus efficacement utilisés s'ils se concentrent principalement sur ces trois régions.»

«Les Chinois ont trouvé très intéressant le modèle d'Aligo, qui permet d'accompagner le développement d'une innovation du laboratoire jusqu'à sa commercialisation», mentionne Catherine Mounier. Des innovations développées par Angiochem (biotechnologies) et par Noviflow (téléinformatique et réseaux), deux entreprises dérivées de recherches menées à l'UQAM, ont, entre autres, été présentées aux représentants des universités et des fonds d'investissement chinois que les membres de la mission ont rencontrés au cours de leur voyage.

Un formidable marché

«La Chine constitue un formidable marché pour nos innovations, note Catherine Mounier, et, surtout, les Chinois ont les moyens financiers pour appuyer le développement de la recherche.» Pour passer de la découverte en laboratoire à la commercialisation d'une innovation, d'énormes investissements sont nécessaires et c'est souvent cette partie de la recherche qui est la plus difficile à financer, explique la vice-rectrice. «Avec leurs fonds d'investissement publics et privés qui disposent de centaines de millions de dollars à investir, les Chinois sont en mesure de contribuer de façon significative au développement d'une innovation qui les intéresse pour leur marché», note Sylvain St-Amand.

La Chine représente un marché d'autant plus intéressant que celui-ci n'est pas couvert par les ententes d'exclusivité que l'UQAM a déjà signées pour le transfert de ses découvertes. «La plupart de nos ententes d'exclusivité ne couvrent que l'Amérique du Nord et l'Europe, explique Catherine Mounier. Cela signifie que même si un produit est déjà sur le marché en Amérique du Nord, cela ne nous empêche pas de conclure une entente avec un partenaire chinois pour sa commercialisation en Chine.»

Guangzhou, troisième ville chinoise

La première partie de la mission s'est déroulée à Guangzhou (Canton), la troisième plus grande ville chinoise après Beijing et Shanghai. La métropole, qui compte près de 15 millions d'habitants, «était traditionnellement une ville manufacturière, mais elle cherche aujourd'hui à se développer du côté des services et des technologies», précise Sylvain St-Amand.

Zheng Limin, de l'Université Zhongshan, Cai Dingli, directeur des affaires étrangères de Guangzhou-Yuexiu, Anne-Marie Larose, d'Aligo, Catherine Mounier et Sylvain St-Amand à l'Université Zhongshan de Guangzhou.

Les membres de la mission étaient reçus par la Commission Science, Technologie et Innovation de la ville de Guangzhou, par la direction des affaires étrangères de la Ville et par la compagnie biopharmaceutique GrandHope Ils ont aussi rencontré  le diplômé Jianguo Huang, membre de l’Académie des sciences de Chine (Chinese Academy of Sciences, CAS) et directeur du Groupe de recherche sur l'écologie forestière et la modélisation du South China Botanical Garden. Le professeur Huang, un chercheur de haut calibre financé par le programme 100 talents (100 Talents Program) de la CAS, un programme national qui soutient les meilleurs chercheurs du pays, détient un doctorat en sciences de l'environnement de l'UQAM et collabore toujours avec son ex-directeur, le professeur du Département des sciences biologiques Yves Bergeron (voir article connexe). Jianguo Huang est aussi en lien avec  le professeur d'origine chinoise Changhui Peng, également du Département des sciences biologiques, qui mène des travaux sur la forêt tropicale au sud de Guangzhou. «C'est Changhui Peng qui nous a mis en contact», précise Sylvain St-Amand.

À Guangzhou, la délégation uqamienne a rencontré des représentants de l'Université Zhongshan et de l'Université du Sud de la Chine en science et technologies, qui ont démontré beaucoup d'intérêt pour d'éventuelles collaborations avec l'UQAM. Une délégation de l'Université du Sud de la Chine en science et technologies est d'ailleurs attendue à l'UQAM en mai prochain.

Intérêts communs

Sylvain St-Amand et Catherine Mounier en compagnie de leurs hôtes chinois, Fang Xin et Mu Rongping, de l'Académie des sciences de Chine.

Les membres de la mission ont ensuite été reçus à l'Académie des sciences, à Beijing, où ils ont, entre autres, rencontré des membres de l'Institut de la science et du développement, qui conseillent le gouvernement chinois en ce qui a trait au développement des politiques dans le domaine de l'innovation. L'UQAM entretient depuis plusieurs années des contacts avec la CAS et il existe d'ailleurs un partenariat de recherche entre le Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie (CIRST), basé à l'UQAM, et l'Institut des sciences et du développement. Des discussions ont eu lieu pour explorer la possibilité de collaborations entre l'UQAM et d'autres instituts de l'Académie des sciences.

Catherine Mounier avec Zhang Huijie et Xu Ming, de l'Académie des sciences agricoles.

La vice-rectrice et le directeur du SRI ont également visité l'Académie des sciences agricoles, avec laquelle des partenariats de recherche pourraient être établis sur des thématiques telles que l'environnement, le développement durable, les abeilles, l'agriculture urbaine et la nutrition, qui intéressent les deux institutions. Xu Ming, directeur du Département de la coopération internationale, fera partie de la délégation chinoise à la 6e réunion du Comité mixte Canada-Chine sur la science et la technologie qui se tiendra à Ottawa au printemps prochain. Par ailleurs, trois étudiants de l'Académie des sciences agricoles seront accueillis à l'UQAM en mai  prochain pour un stage postdoctoral d'un an.

«De nombreux étudiants chinois aux cycles supérieurs se voient offrir du financement par leur gouvernement pour aller se perfectionner à l'étranger, note Sylvain St-Amand. L'UQAM a tout intérêt à attirer ces étudiants.»

Xue Han, une étudiante qui fait son doctorat au CIRST sous la direction de la professeure Majlinda Zhegu et qui étudiait auparavant à la CAS, a beaucoup contribué, par ses nombreux contacts, à l'organisation de la mission, note Sylvain St-Amand.

«Il y a énormément de programmes de recherche qui sont créés en collaboration avec la Chine et qui sont financés par divers organismes publics, note la vice-rectrice Catherine Mounier. Les chercheurs de l'UQAM doivent pouvoir en profiter et c'est pour cette raison qu'il est si important de développer nos relations avec les universités chinoises. À cette fin, notre mission a été un franc succès.»

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