Chaleur dangereuse

Une publication permettra aux autorités en santé publique de mieux prévenir les impacts des vagues de chaleur.

24 Novembre 2016 à 11H22

Avec les changements climatiques, les canicules augmenteront en fréquence, en durée et en sévérité au cours des décennies à venir et constituent un véritable danger pour la santé humaine. Photo: istockphoto.com

Parmi les risques de catastrophes naturelles, les vagues de chaleur sont responsables d’un grand nombre de décès, de maladies et de pertes économiques à travers le monde. Avec les changements climatiques, celles-ci augmenteront en fréquence, en durée et en sévérité au cours des décennies à venir et constituent un véritable danger pour la santé humaine. Les systèmes d’avertissement reliés à la chaleur sont recommandés par les autorités de santé publique pour réduire les risques d’excès de morbidité et de mortalité. Ainsi, les critères d’alertes publiques fondés sur des données probantes sont nécessaires pour réduire les impacts sur la santé humaine avant et durant les vagues de chaleur extrême.

Le Guide pour l’identification des seuils d’alertes aux canicules au Canada basés sur les données probantes, dirigé par le professeur Philippe Gachon, du Département de géographie, chercheur au centre ESCER (Étude et simulation du climat à l'échelle régionale) de l'UQAM et membre de l'Institut des sciences de l'environnement, réunit des experts dans les domaines de la santé publique, de la météorologie et de la climatologie. En plus d’identifier les seuils d’alerte pour les vagues de chaleur au Canada en se basant sur les meilleures données disponibles, il propose une approche pour mieux les définir, dans l'optique de réduire les risques pour la santé humaine et de contribuer au bien-être de la population.

L'ouvrage a été réalisé en collaboration avec le Service météorologique du Canada (Environnement et Changement climatique Canada), le Centre ESCER, Santé Canada et l’Institut national de santé publique du Québec. Le professeur René Laprise, du Département de sciences de la Terre et de l'atmosphère et membre fondateur du centre ESCER, a participé au comité de révision.

«En Amérique du Nord, les vagues de chaleur sont responsables d'un nombre élevé de décès, en particulier aux États-Unis, relève Philippe Gachon. Au Canada, moins de gens meurent en raison de la chaleur, certes, mais à cause du vieillissement de la population et de l'augmentation du nombre de gens vivant dans les villes (deux des facteurs affectant la vulnérabilité et l’exposition à la chaleur accablante), les canicules deviennent une problématique de santé publique.»

L'ouvrage s'adresse aux décideurs, aux spécialistes dans les domaines météorologiques et sanitaires et à la communauté de chercheurs qui s'intéressent aux liens entre la santé et le climat. «Les données probantes combinent l'observation, les prévisions météorologiques à court et à long terme ainsi que les liens établis entre les événements de canicule et les effets sur la mortalité et la morbidité», précise le professeur.

L'équipe de chercheurs a également émis quelques recommandations. Les scientifiques suggèrent qu'il est préférable d'identifier des seuils d'alerte différents selon les régions climatiques du Canada. Le Service météorologique du Canada devrait ainsi ajuster ses seuils d’avertissement de chaleur aux seuils définis par les autorités sanitaires provinciales, en fonction des particularités climatiques et démographiques des régions du pays. Autre recommandation: définir des seuils plus flexibles en fonction du moment ou de la période de l'année. Une vague de chaleur en mai, par exemple, peut avoir plus d'impact qu'en juillet, puisque le corps humain n'a pas eu le temps de s'adapter à la chaleur durant le printemps.

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