Art et violence

Des chercheurs se demandent en quoi la violence peut constituer un moteur de création.

3 Mai 2016 à 11H33

Série Acfas 2016
Un nombre record de chercheurs de l’UQAM ont organisé des colloques en vue du Congrès de l’Acfas 2016, qui se tiendra en nos murs du 9 au 13 mai. Actualités UQAM propose une sélection des événements scientifiques présentés par des Uqamiens dans divers domaines de la connaissance.

Dessin d'un enfant sur le thème de la violence conjugale, réalisé dans le cadre d'ateliers de création.

Le colloque Quand l'ART renCONTRE la violence (12 mai) propose une réflexion interdisciplinaire sur la violence comme force d'inspiration créatrice dans différentes disciplines artistiques: littérature, danse, cinéma, chanson, design graphique. «Présente dans les représentations de la mort, de la perte et de la souffrance, tant physique que psychologique, la violence est un puissant générateur d'émotions. En confrontant l’univers de la recherche et ceux de l’expression artistique et de l’intervention sociale, le colloque permettra un dialogue fructueux autour de cette thématique», souligne la professeure du Département de musique Sylvie Genest, coresponsable de l'événement.

Quelle est la responsabilité de l'artiste face au phénomène de la violence? Doit-il l'exprimer, la sublimer, la dénoncer? S'intéresse-t-il à la figure du témoin, de la victime ou de l’agresseur? Ces questions seront débattues par les participants.

En réponse à la violence dont elles font l'objet, plusieurs femmes autochtones se tournent vers les arts pour dénoncer les injustices, décoloniser les regards et se réapproprier leur identité. Le colloque mettra en lumière l’œuvre de deux activistes et créatrices autochtones, Elle-Maïja Tailfeathers et Cheryl L’Hirondelle, qui utilisent le cinéma et les arts médiatiques pour diffuser des messages à caractère politique.

Deux professeures de l'Université Laval présenteront les résultats d'une recherche-création de type participatif avec des femmes victimes de violence conjugale et des hommes au comportement agressif. «Les chercheuses se sont intéressées à la représentation graphique de la violence conjugale dans le cadre d'une campagne publicitaire visant à la dénoncer», note Sylvie Genest.

Cette dernière examinera les techniques de manipulation à l'œuvre dans des chansons d'amour du répertoire francophone – Aznavour, Brassens, Brel, Ferré –, lesquelles évoquent des aspects de la violence ordinaire. «En 2009, le rappeur français Oreslam a été poursuivi en justice pour une chanson qui incitait à la violence envers les femmes», rappelle la professeure.

Les travaux d'ateliers de création avec des enfants âgés de moins de 12 ans exposés à violence conjugale seront aussi dévoilés. «Les ateliers ont permis aux enfants d'exprimer leurs conceptions de la violence conjugale ainsi que  les solutions qu’ils identifiaient pour y faire face», observe Sylvie Genest.

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