Un projet préoccupant

L'UQAM réagit à l'annonce du projet d'un nouvel édifice de HEC Montréal au centre-ville.

17 Octobre 2016 à 18H16

 

«Il s'agit d'un dossier préoccupant», a déclaré le recteur, Robert Proulx, en réaction à l'annonce du projet d'un nouvel édifice de HEC Montréal au centre-ville. La ministre de l'Enseignement supérieur, Hélène David, a fait l'annonce, le 17 octobre, que le gouvernement du Québec autorisait HEC Montréal à aller de l'avant avec ce projet portant sur la construction d'un complexe intégré d'enseignement et de recherche. Le montage financier prévu est composé d'un engagement de HEC Montréal et de sa fondation de l'ordre de 70 millions de dollars ainsi que d'une contribution du gouvernement de l'ordre de 94 millions de dollars.

«La ministre parle de bonifier l'offre de formation en gestion qui se donne en français au centre-ville de Montréal. Mais quels sont les besoins de formation et de recherche qui ne pouvaient être comblés par les établissements déjà présents au centre-ville, dont l'UQAM? A-t-on bien évalué les impacts de ce projet sur l'ensemble des acteurs universitaires?, a questionné le recteur. On peut raisonnablement se demander si ce projet n'aura pas pour conséquence d'intensifier la concurrence et de priver de revenus l'École des sciences de la gestion de l'UQAM. Depuis déjà très longtemps, je défends l'idée que la meilleure utilisation des fonds publics, pour le plus grand bénéfice des citoyens, suppose que les établissements travaillent en collaboration et non selon une logique de compétition entre elles.»

«J'ai pris connaissance de ce projet il y a trois ans et depuis j'ai écrit à tous les ministres de l'Éducation qui se sont succédé pour leur signifier que je m'y opposais, a déclaré Stéphane Pallage, doyen de l'ESG UQAM. Je trouve assez triste que l'on octroie des fonds publics qui auront pour effet d'intensifier la concurrence entre les écoles de gestion à Montréal. Si HEC est en manque d'espaces, je n'aurais aucun problème à ce que le gouvernement investisse dans un nouveau pavillon sur le campus de HEC, mais pas au centre-ville, à proximité de l'ESG UQAM. Il n'y a aucune raison académique qui justifie ce choix. Un choix d'autant plus surprenant qu'il survient avant que ne soit mis en place le Conseil des universités, dont le mandat est de se prononcer sur de telles délocalisations.»

Face à cette nouvelle concurrence, l'ESG UQAM devra continuer à faire preuve d'excellence, a souligné Stéphane Pallage. «Il est évident que l'ESG a besoin d'être forte dans le monde dans lequel elle évolue. Cela demande une accélération du processus de décentralisation à l'UQAM. L'ESG a besoin, plus que jamais, d'une plus grande autonomie.»

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