Robert Proulx dans Policy

Le recteur signe un article sur les universités et l'innovation dans la revue canadienne de politiques publiques.

30 Août 2016 à 9H59

Pour le recteur, la mission sociale des universités, financées à même les fonds publics, est incontournable. Photo: Nathalie St-Pierre

Le recteur Robert Proulx signe un texte d'opinion dans le numéro de septembre-octobre du magazine de politique canadienne et de politiques publiques Policy, distribué auprès des dirigeants d'entreprises, des députés, des ministres, des sénateurs, présidents d'agences gouvernementales et membres de la Tribune de la presse.  Intitulé «Science, technologie, société : Les universités au cœur de l'innovation», l'article, paru en français et en anglais simultanément, porte sur le rôle de premier plan que les universités canadiennes jouent «dans le développement d'un système d'innovation dynamique, apte à assurer l'avancement social, économique et culturel du Canada».

Le Canada doit impérativement miser sur ses universités pour relever les défis d'aujourd'hui et de demain, affirme le recteur, ce qui implique, selon lui, d'adopter une vision plus globale de l'innovation et de soutenir la recherche dans tous les domaines de la connaissance. En effet, soutient-il, on ne peut réduire l'innovation à sa seule dimension économique.

«La dimension sociale de l’innovation se révèle avec encore plus d’acuité lorsqu’on considère les nombreux enjeux qui marquent le xxie siècle, écrit-il. Du réchauffement climatique au phénomène de la radicalisation, du vieillissement de la population à la réconciliation avec les peuples autochtones, ces défis demandent en effet des solutions novatrices qui ne sont pas nécessairement créatrices de valeur économique, mais qui sont néanmoins cruciales au développement des sociétés.»

« La dimension sociale de l’innovation se révèle avec encore plus d’acuité lorsqu’on considère les nombreux enjeux qui marquent le xxie siècle. »

Robert proulx,

recteur

Qu'il s'agisse d'un produit ou d'une politique, l'innovation doit être pensée comme «une rupture, une réponse nouvelle, bien souvent inattendue et parfois audacieuse à un besoin», souligne Robert Proulx. Et c'est parce que l'innovation résulte habituellement d'une collaboration entre différents acteurs qui mettent en commun leur connaissance et leur savoir-faire que l'université en est un acteur incontournable.

Pour le recteur, la mission sociale des universités, financées à même les fonds publics, est incontournable. «Par leurs activités de formation, de recherche et de création, elles développent une culture du savoir qui permet non seulement de penser le monde, mais aussi de le transformer et de le réinventer», observe-t-il.

Le recteur insiste sur l'importance des collaborations que tissent les universités  avec des entreprises, avec le milieu social, culturel ou éducatif, ou avec l'international. Les universités, rappelle-t-il, sont «des lieux d’effervescence intellectuelle, d’invention, d’imagination, d’audace», qui remettent en question les idées reçues et forment ainsi un réservoir d'idées nouvelles indispensables au processus d'innovation.

Liberté académique et autonomie universitaire

«L’innovation, qu’elle soit scientifique, technologique ou sociale, n’est pas un processus linéaire, écrit-il. On ne peut ni la prévoir, ni la programmer, ni la planifier. Elle est le fruit d’avancées et de reculs, d’essais et d’erreurs, de réussites et d’échecs.» C'est pourquoi, fait-il valoir, un système d'innovation robuste suppose liberté académique et autonomie universitaire afin que les chercheurs puissent jouir d'un espace leur permettant «de mener des recherches désintéressées, dont les retombées ne sont pas immédiatement perceptibles».

En conclusion de son article, Robert Proulx appelle le gouvernement à faire preuve de leadership en reconnaissant le rôle des universités dans le système d'innovation et en leur fournissant toutes les ressources nécessaires. Il faut continuer à soutenir la recherche appliquée, mais également et surtout investir de façon accrue en recherche fondamentale, affirme-t-il, en n'oubliant pas les domaines comme les sciences humaines et les arts, dont la contribution à l'innovation est fondamentale. «Il s'agit, dit-il, d'une condition sine qua non à la capacité du Canada d’assurer son avancement collectif.»

PARTAGER
COMMENTAIRES 0 COMMENTAIRE