En mode collaboration

De porte-parole à gestionnaire, Stéphanie Trudeau sait s'entourer des meilleurs employés.

20 Mai 2016 à 14H34

Série «Sur le terrain»
Des diplômés de l'UQAM qui ont fait leurs preuves répondent à 10 questions sur leur univers professionnel.

Stéphanie Trudeau

Engagée dans plusieurs causes sociales et féministe convaincue, Stéphanie Trudeau (B.A. communication/ relations publiques, 2001) est vice-présidente, stratégie, communication et développement durable, chez Gaz Métro. Un poste qu'elle adore puisqu'il combine ses passions pour la communication et les questions énergétiques. Après avoir été porte-parole de l'entreprise de 2001 à 2005, Stéphanie Trudeau l'a quittée pour mieux y revenir sept ans plus tard afin d'y occuper le poste de vice-présidente du développement durable et des affaires publiques et gouvernementales. Ses fonctions se sont élargies depuis pour inclure la direction du marketing et de l'innovation ainsi que celle des services à la clientèle. Auparavant, elle a occupé différents poste de direction chez Tact Intelligence-conseil, à la Brasseries Labatt et à la Société des alcools du Québec. Membre de plusieurs conseils d'administration, elle vient de recevoir, à 37 ans seulement, une médaille de reconnaissance de l'Assemblée nationale.

Quelle est la plus grande qualité pour être heureuse dans votre domaine?

Dans le domaine des relations publiques, il faut avoir une bonne résistance au stress, savoir gérer l'imprévu et bien s'entourer, et ce, autant sur le plan professionnel que personnel.

Votre plus grande réussite?

Avoir réussi à bâtir des équipes solides à mon image. Au fil des années, j'ai élargi mon champ de responsabilités par rapport à mon domaine d'étude (les relations publiques). J'ai aujourd'hui sous ma responsabilité près de 160 employés qui travaillent dans des domaines très variés. Les gestionnaires sous ma gouverne sont des leaders forts, ce qui est nécessaire puisque, sans cela, on n'y arriverait pas! Nous partageons les mêmes valeurs, soit celles de leadership et de collaboration. C'est enrichissant d'être entourée de tels experts, qui me lancent des défis au quotidien.

Un faux pas qui vous a servi de leçon?

Durant mes études universitaires à l'UQAM, j'étais présidente de l'aile jeunesse d'un parti politique. Lors d'un congrès, j'ai quitté abruptement une plénière, étant mécontente de la tournure des événements. J'avais toutefois sous-estimé mon impact sur les gens: une centaine de membres ont suivi mon exemple en quittant la salle! Il a fallu que je les convainque d'y retourner en m'excusant de mon erreur. Morale de l'histoire: ne jamais oublier que, lorsqu'on est un leader, on est observé en tout temps et l'on doit toujours contenir quelque peu ses émotions!

Un bon coup d'un compétiteur que vous auriez aimé faire?

Ce n'est pas un compétiteur direct du domaine de l'énergie, mais la Société de transport de Montréal (STM) a réussi avec brio selon moi son repositionnement d'entreprise en tant qu'acteur de premier plan en matière de développement durable. Un positionnement davantage axé sur le citoyen dans le but de favoriser l'utilisation du transport collectif. Tout un changement de look et d'esprit pour la STM!

La dernière tendance dans votre secteur?

La réalité digitale, de plus en plus incontournable. Tout va plus vite et les manières de faire en sont bouleversées. Depuis l'arrivée des médias sociaux, il existe toute une nouvelle réalité à apprivoiser, un rythme différent, et il est parfois difficile de prévoir ce qui deviendra viral. Tous les aspects de mon travail sont désormais touchés par la réalité digitale, que ce soit le marketing, les affaires publiques ou le service à la clientèle. Dans le domaine du service à la clientèle, par exemple, les interactions clients-représentants se passent désormais en direct sur le Web par l'entremise du clavardage. On fait de plus en plus de placements publicitaires digitaux et de moins en moins à la télé et dans les médias écrits.

Et ce qui est définitivement dépassé?

En tant qu'entreprise ou organisation, on ne peut pas se contenter de respecter les lois, les règlements et les processus pour obtenir l'acceptabilité sociale d'un projet. L'acceptabilité sociale va bien au-delà de ce qui est prévu dans les lois! Il faut travailler de concert avec les communautés et être ouvert à modifier certains aspects des projets pour mieux répondre à leurs attentes.

Sur la scène nationale ou internationale, qui est le «gourou» de l'heure?

J'en ai un bon et un mauvais! Côté négatif, c'est Donald Trump. Il utilise de manière très efficace le concept de negative campaigning pour dénigrer ses adversaires. Il est parvenu à rallier des milliers d'Américains désabusés à qui il aime faire croire qu'il existe des solutions simples à des problèmes complexes tout en affirmant haut et fort qu'il est là pour dire les vraies affaires! Sous prétexte qu'il n'a pas la langue de bois, il se sert d'une tribune pour dire n'importe quelle énormité.

Du côté positif, c'est Pierre Lavoie, athlète de triathlon, conférencier et motivateur. Il tient un discours fort inspirant sur l'importance d'adopter de saines habitudes de vie pour rester en santé. C'est une personne rassembleuse et très convaincante qui fait de la sensibilisation auprès des jeunes dans les écoles et de la population en général en mettant sur pied différents programme et concours sportifs comme le défi Cubes énergie, pour les enfants, ainsi que le Grand défi Pierre Lavoie et le 1000 km en vélo, pour les adultes.

Nommez une étoile montante qui vous inspire.

Effet A (effet-a.com), un mouvement qui fait la promotion de l'engagement professionnel des femmes. Lorsqu'une femme atteint son plein potentiel dans son milieu de travail, cela crée de la richesse autant pour elle que pour la société et l'entreprise pour laquelle elle travaille. Le développement professionnel des femmes, c'est un gros plus pour la société. J'ai eu la chance de participer à la première cohorte de l'Effet A avec ma patronne, Sophie Brochu. Je ne me décrivais pas à l'origine comme une féministe mais depuis que j'ai participé au mouvement, j'ai ouvert les yeux et j'ai compris qu'être féministe, ça n'a rien à voir avec le fait d'écraser les hommes!

Quel est le livre qu'il faut lire en ce moment?

Lean In: Women, Work, and the Will to Lead, de Sheryl Sandberg, chef de l'exploitation de Facebook et numéro 2 de la compagnie. Selon Sandberg, plus il y a de femmes qui prennent leur place et plus cela est profitable pour la société. C'est un livre facile à lire, où Sandberg parle de son parcours, de ses doutes et de ses questionnements professionnels. Cela nous fait réfléchir au fait que les femmes sont bien souvent leur propre ennemi et se mettent beaucoup trop de barrières.

Les deux principaux conseils que vous donneriez à un jeune qui commence sa carrière?

Oser, se faire confiance tout en restant humble. Il faut trouver le bon dosage entre les trois. Autre conseil: le succès arrive beaucoup plus vite si on travaille en équipe que si on fait cavalier seul. La collaboration est primordiale surtout lorsqu'on débute dans notre métier. On apprend aussi beaucoup plus de choses.

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