Les joyaux de Parc-Extension

Des Uqamiens partent à la découverte du quartier le plus densément peuplé à Montréal dans le cadre de la campagne Centraide.

14 Novembre 2016 à 17H05

Des Uqamiens partent à la découverte du quartier le plus densément peuplé à Montréal dans le cadre de la campagne Centraide. Sur la photo: le parc Athéna dans Parc-Extension.
Photo :Nathalie St-Pierre

Une vingtaine de participants, Uqamiens et membres du personnel de Bibliothèques et Archives nationales du Québec (BAnQ), ont pris part, le 9 novembre dernier, à une visite guidée en autobus de l'arrondissement Villeray—St-Michel—Parc-Extension. Offerte dans le cadre de la campagne Centraide UQAM, la visite avait pour but de faire découvrir le quartier et certains de ses organismes communautaires financés par Centraide du Grand Montréal.

«Parc-Extension a une population de près de 30 000 personnes dont 60 pour cent provient de l'immigration; c'est l'un des quartiers les plus pauvres au Canada», explique Sylvie Trudel, guide pour l'organisme d'animation urbaine L'Autre Montréal, qui accompagne le groupe. Pourquoi y-a-t-il plus de nouveaux arrivants dans Parc-Extension que partout ailleurs sur l'île de Montréal? «Les logements, construits rapidement dans les années 1950 et 1960, y sont moins chers, poursuit la guide. Autre raison: le quartier est situé dans une zone d'emploi à vocation industrielle.» C'est dans Parc-Extension que l'on compte la plus forte densité de population à Montréal (18 000 personnes par kilomètre carré), près de quatre fois plus que la moyenne de l’île.

La tournée du quartier débute sur l'avenue du Parc devant l'ancienne gare Jean-Talon, un bâtiment art déco construit par la communauté italo-montréalaise dans les années 30, à deux pas du métro Parc et de la mosquée Al Sunnah Al Nabawiah, la plus importante de Parc-Extension.

Poursuivant sa route sur la rue Jean-Talon, l'autobus scolaire s'arrête devant quelques lieux importants de la vie communautaire du quartier. Le joli parc Athéna a été nommé en hommage aux immigrants grecs, «les premiers à être venus s'installer dans le quartier, précise Sylvie Trudel. On y retrouve encore aujourd'hui plusieurs associations helléniques et certains résidents d'origine grecque y habitent toujours.» Sur la rue Durocher, un temple hindou, devant lequel trônent deux sculptures d'éléphants, avoisine un temple sikh. Les deux bâtiments ont été construits récemment, après l'arrivée d'une vague d'immigration majoritairement issue de l'Asie du Sud (Inde, Pakistan, Bangladesh et Sri Lanka). «Plusieurs langues sont parlées dans le quartier, dont l'ourdou, le pendjabi, l'hindi, le bengali et le gujarati», relève la guide.

Le complexe William-Hingston, sur la rue Saint-Roch, abrite une école primaire, un centre de la petite enfance, la bibliothèque municipale ainsi qu'une quinzaine d'organismes communautaires comme le Comité d'action de Parc Extension et l'Organisation des jeunes de Parc-Extension (PEYO), lesquels sont financés par Centraide du Grand Montréal. Plus loin, l'École secondaire Lucien-Pagé, située à l'entrée du quartier Villeray, accueille près de 1500 écoliers. Ashley Rousseau Garfat, travailleuse de rue de l'arrondissement pour l'organisme Pact de rue, s'y rend tous les jours de classe pour rencontrer les étudiants. L'organisme vient en aide aux jeunes âgés de 12 à 25 ans vivant des situations problématiques. Ses intervenants offrent des services de soutien et d'accompagnement (trouver un logement, de la nourriture, etc.) et distribuent du matériel d'injection et de prévention contre les infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS).

«L'idée, c'est d'être disponible et de demeurer à l'écoute des jeunes. Mon approche, c'est de me faire voir, mais sans brusquer, explique Ashley Rousseau Garfat aux visiteurs, regroupés dans la salle de réunion de Pact de rue. Ma présence suscite la curiosité des jeunes. Certains viendront me parler d'eux-mêmes, d'autres parce que leurs amis me connaissent... C'est comme ça qu'on finit par gagner leur confiance et tisser des liens.»

Robert Paris (B.Ed., 2014), administrateur et travailleur de rue chez Pact de rue, croit qu'il faut d'abord «bien connaître et comprendre la réalité du quartier». Le plus grand défi des travailleurs de l'organisme est d'affronter le fléau des ITSS. «Le phénomène des jeunes filles recrutées pour la prostitution, ce n'est malheureusement pas un problème nouveau, remarque le travailleur de rue, mais on observe depuis quelques temps chez les jeunes une recrudescence de ces infections. Le discours sur la prévention ne passe pas aussi bien qu'avant.»

La contribution de Centraide est essentielle à l'organisme. «C'est ce qui me permet de payer le loyer et de rémunérer les employés, précise l'administrateur. L'organisme est en bonne santé financière, mais nous sommes tout de même angoissés quand vient le temps de renouveler nos demandes de subventions!»

La visite de l'arrondissement a été organisée par Jean Landry, de Centraide du Grand Montréal, et son collègue Michel Riopel, représentant délégué de l’UQAM, en collaboration avec Sylvie Quéré, directrice de la campagne Centraide UQAM, et Marc-André Fortin, coordonnateur de la campagne.

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