Une vision globale de la santé

Depuis 30 ans, le CINBIOSE mène des recherches qui font le lien entre santé, société et environnement.

3 Avril 2017 à 16H18

Illustration: iStock

Le Centre de recherche interdisciplinaire sur le bien-être, la santé, la société et l'environnement (CINBIOSE) célèbre cette année ses 30 ans d'existence. Tout au long de l'année, plusieurs événements souligneront cet anniversaire. «Nous organiserons un colloque l'automne prochain, en lien avec notre slogan "30 ans d'engagement et d'innovation", souligne sa directrice, la professeure de l'INRS-Institut Armand-Frappier Cathy Vaillancourt. Il y aura à cette occasion un événement grand public, organisé avec la Ville de Montréal dans le cadre du 375e

Le CINBIOSE co-organise les 11 et 12 mai prochains les Assises du Centre interdisciplinaire de recherche en opérationnalisation du développement durable (CIRODD), l'un de ses partenaires. Cet événement, qui aura lieu à l'UQAM, se déroulera sous le thème de la santé durable.

«Nous participerons également avec le Groupe de recherche en toxicologie de l'environnement (TOXEN) au colloque du Chapitre Saint-Laurent les 15 et 16 juin prochains. On y abordera les effets cumulatifs de la pollution et la santé environnementale», mentionne Cathy Vaillancourt. Le Chapitre Saint-Laurent est un organisme à but non lucratif qui rassemble des spécialistes et des intervenants œuvrant, entre autres, en biologie, en toxicologie et en chimie environnementale.

La petite histoire du CINBIOSE

Le CINBIOSE a été créé en 1985 par Karen Messing et Donna Mergler, du Département des sciences biologiques, aujourd'hui professeures émérites. À l'époque, le Centre s'appelait le Groupe de recherche-action en biologie du travail. Le nom CINBIOSE est adopté deux ans plus tard, acronyme de Centre de recherche sur les interactions biologiques entre la santé et l'environnement. «Le nom a changé à quelques reprises au fil des ans, précise Cathy Vaillancourt, mais l'acronyme est resté le même, tout en reflétant l'élargissement du caractère interdisciplinaire du centre et l'inclusion de la notion de santé dans son sens le plus large. La mission demeure la même: mener des recherches orientées vers des préoccupations sociales liées à la santé au travail et à la santé environnementale.»

Reconnu comme centre institutionnel par l'UQAM dès 1990, le CINBIOSE mène d'abord des projets de recherche avec les Services aux collectivités de l'UQAM – notamment dans le cadre du Protocole d'entente avec les centrales syndicales, puis avec des groupes de femmes (Relais-femmes) ainsi qu'avec différents acteurs sociaux en santé et en environnement. «Donna Mergler et Karen Messing ont collaboré étroitement dès le début de l'aventure avec  l'Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST), qui est toujours l'un de nos partenaires privilégiés», souligne la directrice.

En 1998, le CINBIOSE accède au statut de Centre collaborateur de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l'Organisation panaméricaine de la santé (OPS) pour la prévention des maladies liées au travail et à l'environnement. «Cette reconnaissance nous a apporté un rayonnement international et de multiples collaborations avec d'autres centres à travers le monde», souligne Cathy Vaillancourt.

Les approches écosystémiques de la santé

Avec 32 membres réguliers et des dizaines de membres associés, le CINBIOSE compte sur des collaborateurs dans plusieurs universités québécoises, européennes, latino-américaines et africaines. Ses travaux sont une référence dans le domaine des approches écosystémiques de la santé. «Ce sont des approches qui reposent sur une vision globale de la santé et qui favorisent le travail interdisciplinaire, la participation des personnes concernées par les problématiques étudiées et la prise en compte des inégalités sociales et de genre, explique Cathy Vaillancourt. Ces approches, réellement novatrices à l'époque, sont désormais reconnues à travers le monde.»

Les recherches et interventions menées au fil des ans par les chercheurs du CINBIOSE portent, par exemple, sur l'exposition à des substances toxiques telles que le mercure, les pesticides ou le manganèse, notamment en Amérique latine et dans le Grand Nord québécois. Elles traitent aussi des conditions de travail et de leurs liens avec la santé des travailleuses et travailleurs, notamment en matière de troubles musculosquelettiques et de risques psychosociaux, et ce, dans des secteurs aussi divers que le commerce de détail, la restauration, l'éducation, les mines ou l'agriculture.

En 2005, le CINBIOSE a fondé avec ses collaborateurs d'Amérique latine et des Caraïbes la première communauté de pratique en approches écosystémiques de la santé (CoPEH-LAC). Trois ans plus tard, il contribuait à la création d'une communauté semblable au Canada (CoPEH-Canada). En 2010, le CINBIOSE et ses partenaires canadiens ont reçu une reconnaissance des approches écosystémiques de la santé comme un des «événements marquants liés à la recherche en santé publique et des populations», un honneur décerné par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) et l'Association canadienne de la santé publique.

Un colloque d'envergure

Le CINBIOSE est partenaire de l'Association for Ecology and Health. À l'été 2014, le CINBIOSE et la CoPEH-Canada avait d'ailleurs organisé le colloque EcoHealth à l'UQAM. Celui-ci rassemblait des chercheurs et praticiens de tous les continents œuvrant dans divers domaines – écologie, médecine, médecine vétérinaire, planification urbaine et rurale, sciences sociales et développement international –  et visait à reconnaître la diversité des approches dans le domaine de l’écosanté et à susciter les collaborations entre les chercheurs.

«La force du CINBIOSE est sa capacité de réunir des chercheurs de différents domaines – biologie, ergonomie, chimie, communication, droit, éducation, politique, etc. – qui en arrivent à parler le même langage pour réaliser des recherches innovantes, poursuit Cathy Vaillancourt. Nos étudiantes et étudiants apprécient particulièrement cette interdisciplinarité.»

L'importance de la relève

Ce sont ces étudiants, surtout de cycles supérieurs, qui ont créé en 2007 le Comité de la relève, un espace privilégié d'interactions et de réflexions ouvert à tous les étudiants et jeunes chercheurs. «Sans cette relève extrêmement dynamique, le CINBIOSE n'existerait plus, affirme Cathy Vaillancourt. Nos étudiants organisent plusieurs activités, y compris à l'international.»

Dans le cadre du 30e anniversaire, le Comité de la relève du CINBIOSE organise, le 12 avril prochain, un panel de discussion sur les enjeux liés à l'éthique et à la justice en recherche, auquel participeront Susan Zimmerman, directrice administrative du Secrétariat sur la conduite de la recherche au Canada, Emmanuelle Bernheim, professeure au Département des sciences juridiques, et Katherine Lippel, professeure à l'Université d'Ottawa et membre du CINBIOSE. La discussion sera animée par Stéphanie Bernstein, professeure au Département des sciences juridiques.

Rattachement à la Faculté de communication

Cathy Vaillancourt a pris la relève de la professeure Johanne Saint-Charles à la tête du CINBIOSE en juin 2015. La professeure Saint-Charles, du Département de communication sociale et publique, avait procédé à un changement majeur: rattacher le CINBIOSE à la Faculté de communication plutôt qu'à la Faculté des sciences. «Ce rattachement est structurant pour le CINBIOSE, note Cathy Vaillancourt, car il importe de miser sur le transfert des connaissances et sur la communication de nos résultats de recherche. C'est ce qui nous permet ultimement de rayonner ici et à l'international.»

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