Montréal, ville laboratoire

Des chercheurs de divers horizons examinent les principaux enjeux urbains de la métropole.

9 Mai 2017 à 15H16

Série Acfas 2017
Plusieurs scientifiques de l'UQAM organisent des colloques dans le cadre du congrès qui a lieu à l'Université McGill du 8 au 12 mai.

Avec ses enjeux de participation citoyenne et de gouvernance, les fusions et défusions qu'elle a connues, sa population en évolution, incluant un apport important de l'immigration, ses projets d'aménagement du territoire et de ville intelligente, Montréal  est un lieu de recherche sur la ville particulièrement dynamique. Photo: Marie-Claude Bourdon

En cette année de son 375e anniversaire, Montréal est l'objet d'un colloque organisé par le Centre de recherche sur la ville, l'antenne uqamienne du Réseau Villes Régions Monde. Intitulé Vivre Montréal: enjeux et défis d'une ville en mutation (11 mai), ce colloque portera sur les mutations que la ville a connues au cours des 15 dernières années.

«Montréal constitue un véritable laboratoire de recherche sur la ville», affirme le responsable de ce colloque, le professeur du Département d'études urbaines et touristiques de l'ESG UQAM Richard Morin.  Avec quatre grandes universités, plus l'INRS – Centre urbanisation, culture, société, Montréal abrite une masse critique de chercheurs qui s'intéressent à la chose urbaine, souligne-t-il.

Avec ses enjeux de participation citoyenne et de gouvernance, les fusions et défusions qu'elle a connues, sa population en évolution, incluant un apport important de l'immigration, ses projets d'aménagement du territoire et de ville intelligente, Montréal  est un lieu de recherche sur la ville particulièrement dynamique, observe le professeur. «Les études urbaines ont pour origine l'École de Chicago, rappelle-t-il.  Dans les années 20, des sociologues se sont penchés sur l'étude de la ville et ont utilisé Chicago comme laboratoire, au point où l'on en est venu à parler de l'École de Chicago. Dans les années 80 et 90, on a vu éclore l'École de Los Angeles. Actuellement, beaucoup de recherches se font à Montréal à propos d'aspects de la ville que l'on retrouve dans plusieurs métropoles du monde. Je n'irais pas jusqu'à parler de l'École de Montréal, mais certains le font.»

Les quatre axes du colloque correspondent aux grandes thématiques du Centre de recherche sur la ville, précise Richard Morin. On se penchera d'abord sur les questions de gouvernance. «Avec ses quatre paliers décisionnels, la ville est un cas particulier, note le professeur. Elle a également innové sur le plan de la consultation et de la participation citoyenne.»

Le deuxième axe porte sur la composition sociale de la ville. La population montréalaise est vieillissante, mais la ville compte par ailleurs beaucoup de familles avec des enfants, auxquels il faut faire une place. «De plus en plus diversifiée grâce à l'immigration, la population se caractérise aussi par une importante disparité des revenus, observe Richard Morin. Une partie de ses citoyens sont de plus en plus fortunés – cadres, professionnels –, alors que les autres ont de la difficulté à s'intégrer.»

Le troisième axe s'intéresse à l'aménagement du territoire. «D'un côté, on a une planification urbaine institutionnalisée, avec l’adoption d’un plan métropolitain d’aménagement et de développement, d’un schéma d’aménagement et de développement d’agglomération et d’un plan d’urbanisme, dit le professeur. De l'autre, on a de grands projets, comme celui du Réseau électrique métropolitain, qui surgissent sans être planifiés et qui bouleversent le milieu.»

Finalement, le quatrième axe du colloque sera consacré à la «ville intelligente et innovante». «Montréal s'est dotée d'un plan d'action municipal à cet effet, note Richard Morin. Nous avons maintenant un Quartier de l'innovation autour de Griffintown. Cela soulève des questions. Dans quelle mesure un plan d'aménagement urbain peut-il susciter l'innovation? Qu'est-ce qui amène des entreprises innovantes dans une ville? Est-ce l'aménagement physique ou le type de population? Ou est-ce que la ville n'est que le lieu où s'incarne une conjoncture nationale, avec l'éclosion d'entreprises dans le domaine des technologies et du multimédia?»

Ces quatre grandes thématiques reflètent les tendances qui caractérisent le développement de Montréal ainsi que les recherches qui y sont menées, souligne le responsable du colloque. Plusieurs chercheurs de l'UQAM participeront à l'événement, dont les professeurs du Département d'études urbaines et touristiques Benoit Frate (environnement juridique des pouvoirs dévolus à Montréal), Michel Rochefort (planification urbaine), Florence Paulhiac (transport et REM),Hélène Bélanger (gentrification), Mohamed Reda Khomsi (ville intelligente) et Priscilla Ananian (Quartier de l'innovation).

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