La transition énergétique

L'adoption d'énergies renouvelables est un processus complexe au Québec comme en France. 

2 Mai 2017 à 16H31

Série Acfas 2017
Plusieurs scientifiques de l'UQAM organisent des colloques dans le cadre du congrès qui a lieu à l'Université McGill du 8 au 12 mai.

Image: iStock

La transition énergétique dans laquelle se sont engagés plusieurs pays ne se limite pas à une substitution technologique. Passer du charbon à l'énergie solaire ou à l'électricité, par exemple, est un processus complexe dont les ramifications s'étendent bien au-delà du champ de l'ingénierie, remarque le professeur du Département de stratégie, responsabilité sociale et environnementale de l'ESG UQAM René Audet. «Cela implique une redéfinition des systèmes techniques, bien sûr, mais aussi des systèmes sociaux, économiques, environnementaux, légaux et administratifs, qui doivent être reconfigurés tous ensemble afin de contrôler la production, la distribution et la consommation d'énergie.»

Le chercheur, également directeur de l'Institut des sciences de l'environnement et titulaire de la Chaire de recherche UQAM sur la transition écologique, est coresponsable du colloque Transition énergétique: évaluation et potentialités d'une combinaison d'énergies renouvelables à l'échelle du territoire (8 et 9 mai) avec sa collègue Corinne Gendron, titulaire de la Chaire de responsabilité sociale et de développement durable, Christophe Didier, directeur de l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (INERIS), basé en France, et Jean-François Parenteau, coordonnateur du Réseau entreprise et développement durable.

Le conférencier d'ouverture du colloque est Normand Mousseau, professeur de physique à l'Université de Montréal et auteur d'un récent ouvrage sur la transition énergétique. «Il était l'un des deux commissaires de la Commission sur les enjeux énergétiques du Québec qui a précédé l'adoption de la nouvelle Politique énergétique du Québec 2016-2030», précise René Audet.

«Depuis quelques années, les enjeux liés à la transition énergétique sont de plus en plus envisagés d'un point de vue territorial, d'un point de vue local. La question est de savoir si les territoires peuvent s'arrimer avec les objectifs nationaux», poursuit le professeur, qui présentera une communication sur les concepts fondamentaux de la transition socioécologique des milieux de vie lors de la troisième séance. Deux représentants du Regroupement national des conseils régionaux de l'environnement du Québec viendront également présenter «Par notre PROPRE énergie», une démarche de mobilisation régionale pour la réduction de la consommation de pétrole. L'autre communication de cette séance portera sur les territoires insulaires comme laboratoires de la transition énergétique, avec la participation de représentants municipaux des Iles-de-la-Madeleine et d'autres communautés insulaires françaises.

Une séance du colloque sera consacrée aux liens entres politiques publiques et transition énergétique, tant au Québec qu'en France. Les professeures Corinne Gendron et Lucie Sauvé, du Département de didactique, feront partie des conférenciers qui prendront la parole. La filière éolienne, l'électrification des transports et la nouvelle Loi sur la transition énergétique pour le secteur des transports en France figurent parmi les thématiques qui seront abordées. Lors de la séance suivante, portant sur les dynamiques sociales de la transition énergétique, la professeure Maya Jegen, du Département de science politique, se penchera sur l'acceptabilité sociale des technologies énergétiques en prenant appui sur le cas des compteurs intelligents. On se demandera également comment vivront les ménages québécois et quelle sera l'évolution de leurs budgets carbone en 2020, 2030 et 2050.

Enfin, la séance du 9 mai portera sur les filières énergétiques et technologiques. Il y sera notamment question de l'énergie solaire, de la consommation de pétrole et des véhicules électriques. 

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