Au-delà de l'âgisme

Entre la vieillesse active et la vieillesse vulnérable existe toute la diversité des expériences.

2 Mai 2017 à 16H29

Série Acfas 2017
Plusieurs scientifiques de l'UQAM organisent des colloques dans le cadre du congrès qui a lieu à l'Université McGill du 8 au 12 mai.

Photo: Istock

Nos représentations collectives de la vieillesse et du vieillissement oscillent entre deux visions contrastées: celle d'une vieillesse active et réussie, visant la préservation de la jeunesse, et celle d'une vieillesse associée à la vulnérabilité et à la dépendance. Celles-ci seront au centre des discussions lors du colloque Regards sur soi, regards des autres: vieillesse et vieillissement à l'épreuve de l'identité (9 mai), dont la coresponsable est la professeure du Département de sexologie Isabelle Wallach.

«Ces conceptions prédominantes de la vieillesse présentent une vision simplificatrice et réductrice, qui ne reflète pas la complexité et la diversité des expériences, tant individuelles que collectives, du vieillissement», affirme Isabelle Wallach. Le colloque explorera ces expériences dans différents groupes au sein de la population, dont les immigrants et les minorités sexuelles.

On se penchera sur le fait que certaines personnes âgées intériorisent les représentations sociales âgistes, tandis que d'autres résistent à leur influence, notamment en ce qui concerne les normes de beauté féminine. «L'idéal corporel féminin axé sur la jeunesse véhicule des standards de beauté exerçant une pression sur les femmes âgées», souligne la professeure, qui présentera les résultats d'une étude réalisée auprès de 25 femmes hétérosexuelles et lesbiennes, âgées entre 64 et 82 ans. «Les femmes sont soumises à l'injonction de conserver un corps jeune et séduisant, sous l'influence de l'idéologie du bien-vieillir, dit Isabelle Wallach. Certaines se sentent dévalorisées et ont une image négative de leur corps. D'autres – des femmes hétérosexuelles ayant des valeurs féministes ou des femmes lesbiennes – portent un regard très critique sur les normes de beauté.»

L'expérience du deuil et de la mort dans les résidences pour personnes âgées sera aussi abordée. «La mort des personnes âgées est un phénomène attendu, mais peu de place est accordée à la parole la concernant, observe la professeure. Le colloque questionnera ce silence et son impact à la lumière de témoignages.»

«Vieux, personnes âgées, aînés: du pareil au même ?» est le titre d'une autre communication. Au Québec, le terme utilisé pour désigner les personnes ayant 65 ans et plus est celui d'aîné. «Ce concept a une signification anthropologique, rappelle Isabelle Wallach. Dans les sociétés traditionnelles, il renvoie aux personnes qui, par l'expérience acquise, transmettent des savoirs et une mémoire collective. Dans nos sociétés hypermodernes, tendues vers l'avenir, nous avons plutôt tendance à infantiliser les aînés et à dévaloriser leurs connaissances.»

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