Brillante carrière

La nageuse Roxane Lemieux a fait rayonner l'UQAM dans le milieu de la natation.

18 Avril 2017 à 14H55

Roxane LemieuxPhoto: Nathalie St-Pierre

En sortant de la piscine après le Championnat canadien de natation, le mois dernier, à Sherbrooke, Roxane Lemieux tournait la page sur une brillante carrière universitaire. Au cours des cinq dernières années, l'étudiante à la maîtrise en kinanthropologie a remporté plus de 50 médailles, dont 12 lors des Championnats provinciaux. «J'ai de la difficulté à réaliser que c'est terminé, confie-t-elle avec un brin de nostalgie dans la voix. J'ai vécu mes plus beaux moments en carrière au niveau universitaire, et j'ai rencontré des adversaires qui sont devenues mes amies.»

Seule étudiante de l'UQAM sur le circuit depuis une décennie – l'Université a déjà eu une équipe de natation à la fin des années 1990 ainsi que quelques nageuses solitaires au début des années 2000 –, Roxane a toutefois fait sa marque dans le milieu de la natation. En effet, l'organisme U SPORTS a classé l'UQAM au dixième rang au Canada et au troisième rang au Québec, devant des équipes de natation complètes comme celles des universités McGill, Sherbroke ou McMaster. «Lorsque des nageurs et des entraîneurs du reste du Canada venaient me voir, j'étais fière de dire que j'étudiais à l'UQAM. J'ai en quelque sorte participé au rayonnement de l'université», dit la nageuse.

Nageuse élite

Roxane Lemieux nage de façon compétitive depuis l'âge de huit ans. L'athlète originaire de Boucherville a connu du succès à tous les échelons, participant aux Jeux du Québec et aux Jeux du Canada à la fin des années 2000.

En 2012, celle qui amorçait un baccalauréat d'intervention en activité physique a fait une demande pour intégrer le circuit universitaire. «C'était le meilleur environnement pour que je puisse continuer à progresser, parce que mes principales rivales nageaient à ce niveau.» Identifiée comme une nageuse élite par la Fédération de natation du Québec, Roxane est autorisée à participer aux compétitions, même si l'UQAM n'a pas d'équipe. «Il est certain que j'aurais aimé faire partie d'une équipe, mais j'ai quand même eu beaucoup de soutien au fil des ans.» Elle pense notamment à Daniel Méthot, coordonnateur du programme de sport d'excellence des Citadins, à Jean-Pierre Hamel, directeur du Centre sportif, à sa partenaire d'entraînement Éva-Anne Brunel, à son entraîneur René Laroche, ainsi qu'à ses parents et à sa sœur qui l'ont accompagnée à plusieurs compétitions au fil des ans. «Je me suis aussi fait plusieurs amis au sein des autres universités. On m'invitait régulièrement dans les partys d'équipes», mentionne-t-elle.

Plus forte mentalement

De son propre aveu, Roxane a connu la meilleure saison de sa carrière en 2016-2017. Malgré une blessure à la cheville, la nageuse a réalisé ses meilleurs chronos à vie au 100 m libre, au 200 m libre, au 400 m libre et au 200 m dos.

Si sa technique et sa forme physique ont toujours été sans faille, l'étudiante a réalisé des progrès importants sur le plan psychologique. «Ce n'est pas facile de gérer la pression et de toujours performer, surtout dans un sport individuel. Sans coéquipiers, je me sentais parfois seule, et ma confiance en moi n'était pas toujours optimale.»

En 2013, elle suit un cours de baccalauréat sur la psychologie du sport donné par la chargée de cours Daphné Laurin-Landry, doctorante en psychologie à l'UQAM. Ce cours est une révélation pour l'athlète, à tel point qu'à la fin du trimestre, Roxane demande à Daphné de la conseiller pour améliorer sa préparation mentale. «Elle m'a beaucoup aidé à gérer mon stress et mes émotions, à me centrer sur moi-même et sur le moment présent, dit-elle. Sa présence et ses conseils ont développé ma confiance en moi, ma motivation à me surpasser et à transformer mes peurs en défis.»

«Ce fut une relation bénéfique pour les deux parties, ajoute Daphné Laurin-Landry. Pour moi, avoir la chance d'appliquer mes connaissances en psychologie du sport avec une athlète de haut niveau comme Roxane constituait une occasion unique.»

Rêve olympique

Celle qui termine sa maîtrise cette année songe à poursuivre ses études au doctorat. «Je vais me laisser un peu de temps pour y penser. Entre temps, je vais continuer à nager tout en travaillant dans le domaine de la préparation physique.»

À 25 ans, Roxane Lemieux caresse toujours l'espoir de participer aux Jeux olympiques de Tokyo en 2020. Lors du dernier Championnat canadien, elle a tenu tête à trois nageuses ayant participé aux Jeux de Rio en 2016. Quelques mois avant ces Jeux, elle avait même devancé la prodigieuse nageuse Penny Oleksiak, quadruple médaillée à Rio et athlète de l'année au Canada en 2016. «Je sens que je n'ai pas encore atteint mon plein potentiel, dit-elle. Je suis plus puissante, plus forte et plus expérimentée à chaque année. Le prochain cycle olympique devrait coïncider avec mon apogée.»

PARTAGER
COMMENTAIRES 0 COMMENTAIRE