Citoyenne en action

Cathy Wong souhaite améliorer le sort des Montréalaises.

13 Avril 2017 à 10H34

Cathy WongPhoto: Nathalie St-Pierre

Malgré sa jeune trentaine, Cathy Wong (LL.B., 08) possède une feuille de route impressionnante. Présidente, depuis 2013, du Conseil des Montréalaises, une instance consultative auprès de la Ville de Montréal en matière de condition féminine, elle siège également aux conseils d’administration de la Société des célébrations du 375e anniversaire de Montréal, des Offices jeunesse internationaux du Québec, du Théâtre Jean-Duceppe, des comités consultatifs d’Élections Canada et du réseau de télévision communautaire MAtv. La jeune femme a aussi présidé le Forum jeunesse de l’île de Montréal, en 2012-2013, et le Jeune Conseil de Montréal, en 2010-2011. Elle a reçu de nombreux prix pour son engagement, notamment pour avoir participé à la reconstruction du YMCA de Port-au-Prince, détruit par le tremblement de terre qui a frappé la ville en 2010.

Le YMCA fait partie de sa vie depuis son enfance et a été au cœur du processus d'intégration de ses parents, immigrants chinois. «Je suis une enfant du Y: j'y ai fréquenté la garderie et les camps de jour, suivi les cours de natation, et mon premier emploi, je l'ai décroché au Y comme instructrice en conditionnement physique pendant mes études en droit à l'UQAM», raconte-t-elle. C'est donc tout naturellement qu'elle y devient agente de développement, en 2010.

Son désir de s'engager date de l'adolescence. De retour d'un voyage en Chine, Cathy Wong prend conscience de sa chance de vivre dans une démocratie. Durant ses études, elle fait du travail probono, écrit dans le journal étudiant, participe à des simulations parlementaires et à des débats oratoires. «C'est à l'UQAM que j'ai développé un intérêt pour le droit social, le droit du travail et les droits de la personne», affirme-t-elle.

En tant que présidente du Conseil des Montréalaises, elle observe avec intérêt la situation des femmes dans la métropole. «Montréal se positionne bien en ce qui a trait au nombre d'élues, mais quand on se rapproche du pouvoir exécutif, on s'éloigne de la parité hommes-femmes», fait-elle remarquer. Depuis le début de son mandat, elle s'est également intéressée aux employées de la Ville, notamment aux femmes cols bleus (il y en a de plus en plus!) et aux cadres. Une étude publiée en 2016 par le Conseil recommandait l'adoption d'une politique de conciliation famille-travail pour l'ensemble de la fonction publique municipale et plaidait pour une meilleure représentation des communautés ethniques au sein des cadres féminins.

L'itinérance féminine a aussi fait l'objet de son attention. Le Conseil a mené une recherche sur le sujet en collaboration avec Serge Lareault (B.A. communication, 93), le nouveau Protecteur des personnes en situation d'itinérance de la Ville de Montréal. «C'est un phénomène invisible à Montréal, déclare Cathy Wong. Contrairement aux hommes sans-abris, les femmes itinérantes ne vivent pas et ne dorment pas nécessairement dans la rue, puisqu'elles ne s'y sentent pas en sécurité. Elles se déplacent pour chercher un toit où dormir. Comme les ressources visent les gens dans la rue, il est important de prendre conscience de cette différence pour mieux rejoindre les femmes et les aider.» La sécurité des femmes dans les espaces publics est d'ailleurs un autre dossier sur lequel planchent Cathy Wong et son équipe. «Nous avons reçu le mandat de réaliser une étude sur la sécurité des femmes durant les festivals après une agression survenue au festival Osheaga», précise-t-elle. Le rapport devrait sortir d'ici le début de l'été, soit juste avant le coup d'envoi des festivals.

En tant qu'agente de développement du secteur jeunesse des YMCA du Québec, un poste qu'elle occupait jusqu'à tout récemment, Cathy Wong a formé plusieurs jeunes à l'engagement citoyen. Elle a, entre autres, développé une série d'ateliers pour les adolescentes, où celles-ci bâtissent leur confiance en elles tout en réalisant des projets créatifs. La plupart des participantes ont connu des situations éprouvantes. «Beaucoup sont immigrantes, certaines vivent dans la précarité, d'autres sont survivantes de violences sexuelles ou ont des problèmes de persévérance scolaire.»

Selon Cathy Wong, ces jeunes filles et les garçons qui les entourent ne sont pas sensibilisés aux enjeux sociaux et politiques.

«On ne discute pas de ces questions dans leurs milieux. Ce sont des jeunes éloignés du pouvoir et de la participation citoyenne, et les filles le sont encore plus. L'objectif est de leur donner des outils pour qu'ils puissent devenir des acteurs de la communauté.»

En collaboration avec plusieurs organisations jeunesse de Montréal, les YMCA ont participé au projet #Jeunesse375MTL visant à promouvoir l'engagement des jeunes. Dix-neuf jeunes ambassadeurs présenteront leurs idées et leurs souhaits pour la ville dans le cadre des célébrations du 375e anniversaire. Les propositions recueillies alimenteront la nouvelle Stratégie jeunesse 2018-2021.

Quant à Cathy Wong, elle a envie de prendre une pause avant de se lancer dans de nouveaux projets. «Les arts et le documentaire m'attirent», confie cette ancienne concurrente de la Course Évasion autour du monde 2012, diffusée sur les ondes de Canal Évasion, qui tient depuis quelques mois une chronique dans le journal Le Devoir. «Pour le moment, sky is the limit

Source:
INTER, magazine de l'Université du Québec à Montréal, Vol. 15, no 1, printemps 2017.

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