Entrepreneurs dans l'âme

Les cinq finalistes étudiants au Rendez-vous Pile 2017 ont ficelé des projets novateurs.

16 Octobre 2017 à 10H30

Photo: iStock

Dans le cadre des célébrations de l'UQAM entourant le 375e de Montréal, le Service des partenariats et du soutien à l'innovation (SePSI) organise le Rendez-vous Pile 2017, qui aura lieu le 9 novembre prochain. C'est à cette occasion que seront désignés les lauréats de deux concours s'adressant aux étudiants et aux professeurs lancés plus tôt cette année. Ces concours, qui visent à valoriser l'innovation en recherche et en création, ont pour thème commun «Des solutions de recherche pour un mieux-être dans la ville».

Les cinq projets étudiants finalistes seront présentés devant public et devant un jury formé principalement de gens d'affaires à l’Agora Hydro-Québec (CO-R500) du Cœur des sciences, de 13 h 30 à 16 h. Les gagnants seront connus le jour même, lors d'un gala de remise de prix qui commencera à 17 h au MT Lab (SB-7250). Deux bourses de 5 000 $ seront remises aux deux meilleurs projets afin de financer, en totalité ou en partie, les frais de démarrage et de développement de l'entreprise. Un prix du public de 2 500 $ offert par le Quartier de l'innovation sera également attribué, ainsi qu'un espace pour six mois dans l'incubateur MT Lab.

Les personnes intéressées à assister aux activités du Rendez-vous Pile peuvent s'inscrire ici: https://rvpile.uqam.ca/

Une firme d'urbanisme à but non lucratif

À l'automne 2015, une dizaine de diplômés du baccalauréat en urbanisme forment un groupe de réflexion autour d'une passion commune: les banlieues. «Ce sont des espaces qui comportent de nombreux défis pour les urbanistes passionnés par le territoire», affirme en riant Charlotte Montfils-Ratelle (B.Sc. urbanisme, 13; M.Sc. études urbaines, 17). Rapidement naît l'idée de créer un organisme spécialisé dans l'intervention sur les territoires suburbains.

«On entend par là tout territoire qui possède les caractéristiques suivantes: faible densité de population, séparation des fonctions urbaines et dépendance à la voiture», précise Charlotte Montfils-Ratelle.

Depuis mars 2016, l'OBNL L'Arpent est officiellement enregistré et offre ses services-conseils en aménagement du territoire. «Nous accompagnons les municipalités, les promoteurs immobiliers et les citoyens dans le développement de milieux de vie plus complets et durables, notamment par la densification et la diversification des territoires. Cela peut consister, par exemple, à travailler sur l'offre de logements ou sur la diversité fonctionnelle de quartiers monofonctionnels», explique la diplômée, qui fait partie de l'aventure en compagnie de ses collègues Samuel Descôteaux Fréchette (B.Sc. urbanisme, 14) et Justin Verville Alarie (B.Sc. urbanisme, 14). L'Arpent mène présentement un projet à Granby qui vise la reconversion de terrains occupés par des usines désuètes.

Une solution pour les auteurs qui s'autoéditent

La technologie de gestion des droits qui prévaut actuellement dans le milieu de l'édition – que l'on appelle DRM pour Digital Right Management –  lie le livre numérique à la personne qui l'a acheté à partir de son équipement de lecture (sa tablette, par exemple) ou de son logiciel de lecture numérique. Impossible de libérer l'ouvrage de son médium.

«Les DRM sont chers et complexes à installer, en plus de ne pas être transférables d'une personne à l'autre ou d'une plateforme de lecture à l'autre», souligne Simon-Pierre Marion (B.Sc.A. informatique de gestion, 98; MBA gestion de la technologie, 16), fondateur de Scénarex, une entreprise spécialisée dans la gestion de la sécurité des fichiers numériques. La grande majorité des petits éditeurs et des auteurs en autoédition n'ont pas les moyens d'utiliser les DRM. En publiant des livres numériques sans protection, ils s'exposent à des copies illicites et à des pertes de revenus importantes.

Scénarex propose une solution: Bookchain™. «Il s'agit d'une solution technologique innovante, qui rend possible la revente ou le prêt de livres numériques par un lecteur, en lui permettant de transférer ses droits de lecture à un autre lecteur, tout cela en garantissant à l'auteur, à l'éditeur et au distributeur de l'ouvrage une juste part des profits de la revente. Notre solution permet aussi d'assurer la gestion des droits de lecture d'un ouvrage sur différentes plateformes», explique Simon-Pierre Marion. La licence d'utilisation de Bookchain™ sera gratuite, précise-t-il, son entreprise percevant des redevances lors de la vente ou de la revente des ouvrages. «C'est un outil idéal pour les auteurs en autoédition.»

Un espace de rédaction en ville

Les retraites de rédaction «Thèsez-vous?» ont été sacrées projet par excellence au plus récent gala Forces Avenir. «Les étudiants sont nombreux à manifester le besoin de poursuivre l'expérience de rédaction collaborative, interdisciplinaire et interuniversitaire au-delà des retraites, une fois de retour en ville», constate Émilie Tremblay-Wragg (B.Éd. éducation préscolaire et enseignement primaire; M.A. éducation, 13), cofondatrice de «Thèsez-vous?» avec Sara Mathieu-Chartier (B.A. sexologie, 09; M.A. éducation, 13). Certains organisent même des rencontres dans des cafés un peu partout au Québec. «Sur notre page Facebook, il y a presque une offre de rencontre par jour!», s'étonne la doctorante. Voilà pourquoi Blitz Paradisio, l'OBNL derrière «Thèsez-vous?», souhaite établir un premier espace collectif de rédaction conçu pour les étudiants de 2e et 3e cycles. Les démarches en vue de trouver un local dans un quartier central de Montréal vont bon train.

«L'Espace Blitz, un lieu répondant aux besoins des étudiants et présentant les caractéristiques de l'espace idéal en matière de mobilier, d'ergonomie et de luminosité, permettrait à 40 étudiants de rédiger en même temps», précise Émilie Tremblay-Wragg. Un espace semblable pourrait ensuite voir le jour à Québec, à Sherbrooke et en Outaouais. Le projet est également lié au développement d'un Espace digital. «Il est temps de se doter d'une plateforme numérique efficace, autant pour gérer les inscriptions à nos retraites que pour offrir  à nos usagers un outil facilitant l'organisation de rencontres de rédaction géo-localisées», conclut la chercheuse.

Démocratiser l'activité physique à tout âge

Plusieurs recherches effectuées ces dernières années – notamment celles effectuées par Mylène Aubertin-Leheudre, professeure au Département des sciences de l'activité physique – ont démontré les effets bénéfiques de l'activité physique sur la santé des personnes âgées de plus de 50 ans: prévention des maladies cardiovasculaires, préservation du système cognitif et conservation de la qualité musculaire, pour ne nommer que ceux-là.

«Malheureusement, le marché de l'entraînement physique s'adresse majoritairement à un public plus jeune, affirme Sébastien Hémond, étudiant au programme court de 2e cycle en technologies de l'information. Les centres d'entraînement peuvent être intimidants et il n'existe aucune offre en ligne adaptée à la clientèle plus âgée.»

Conjuguant ses deux passions – l'entraînement physique et les technologies de l'information –, ce dernier a créé, en collaboration avec le designer Éric Couture (B.A. design graphique, 09), une plateforme web axée sur le conditionnement physique, l’alimentation et le bien-être des 50 à 70 ans. FitHive offrira à ses abonnés des vidéos spécialisées, de l’information technique et médicale, des feuilles d’entraînement, des conseils alimentaires ainsi que la possibilité d'échanger avec d'autres usagers. L'entrepreneur souhaite également s'associer avec des professionnels certifiés – kinésiologues, physiothérapeutes, instructeurs de yoga – qui pourront répondre aux besoins des clients. À long terme, Sébastien Hémond souhaite exporter son concept à l'international et cibler toutes les catégories d'âge. «Nous voulons que FitHive devienne la référence virtuelle de l'entraînement physique.»

Des ateliers mobiles pour stimuler la créativité

Pour réaliser leurs maquettes et prototypes, les étudiants de l'École de design ont accès à un atelier multitechnique équipé des meilleurs outils. Ils y travaillent divers matériaux – le bois, l'aluminium, l'acier, la céramique – et peuvent y faire du moulage, de la soudure et de la sérigraphie. Ce type d'infrastructure est rare au Québec. «Il existe très peu d'ateliers polyvalents offrant un espace communautaire de travail à Montréal, et l'accès aux ateliers existants est généralement très coûteux, souligne Lina-Camélia Louessard, étudiante à la maîtrise en design de l'environnement. Parallèlement, la Ville possède plusieurs terrains vacants qui pourraient être utilisés à meilleur escient.»

S'inspirant des Fab Labs, l'étudiante et sa collègue Émelyne Chilin souhaitent recycler des conteneurs maritimes usagés pour en faire des ateliers mobiles, accessibles dans différents quartiers de Montréal. Ces Wàku ateliers – en japonais, wàku est l'abréviation de wakingu, qui signifie travail –, mettront à la disposition du public des outils, tables de travail, machines et logiciels à faible coût. Selon les deux entrepreneures, un investissement initial d'environ 200 000 dollars est nécessaire pour aménager les premiers conteneurs. D'ici quelques années, l'objectif est de créer une quinzaine de Wàku ateliers à travers le Québec. «Nous voulons que les gens échangent leurs idées et concrétisent ce qu'ils ont en tête. Il y a tant de potentiel inexploité en matière de création locale.»

Actualités UQAM présentera les projets finalistes présentés par des professeurs dans un article à paraître le 19 octobre prochain.

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