Une expertise reconnue

Les chercheurs en littératie de l'UQAM et de Concordia sont appelés à jouer un rôle dans la mise en œuvre des recommandations du Conseil consultatif sur l'économie et l'innovation.

25 Septembre 2017 à 15H26

Le rapport présenté par le Conseil consultatif sur l'économie et l'innovation souligne la nécessité de développer les compétences de base des travailleurs les plus sensibles aux changements technologiques pour maintenir leur employabilité.Photo: iStock

Le Conseil consultatif sur l'économie et l'innovation, formé de 32 leaders socioéconomiques du Québec sous la présidence de Monique F. Leroux, a présenté son rapport après quelque 10 mois de travaux. Le document comporte 12 recommandations principales, dont la première met en valeur la fructueuse collaboration établie depuis quelques années par les chercheurs en éducation de l'UQAM et de l'Université Concordia. «Le Conseil recommande la mise sur pied d'un projet de plateforme numérique visant l'amélioration des compétences en littératie à l'intention des adultes, inspiré de l'application d'alphabétisation pour enfants ABRACADABRA. Celle-ci a été développée en anglais par nos collègues de Concordia et nous en avons produit l'adaptation en français», révèle Monique Brodeur, doyenne de la Faculté des sciences de l'éducation.

Le rapport présenté par le Conseil consultatif sur l'économie et l'innovation souligne la nécessité de développer les compétences de base des travailleurs les plus sensibles aux changements technologiques pour maintenir leur employabilité. Selon les résultats de la dernière évaluation effectuée par l'OCDE, un nombre important de Québécois ne possèdent pas les compétences de base en littératie nécessaires pour s'adapter aux besoins actuels et évolutifs du marché du travail, et occuper des emplois à la mesure de leur potentiel.

Pour bien des gens, l'enseignement qu'ils ont reçu en classe a été inefficace, trop difficile, voire inadapté. Aujourd'hui, ces personnes n'ont ni le temps ni la motivation nécessaires pour retourner aux études. Le projet recommandé par le Conseil vise à offrir à ces travailleurs et aux citoyens l'occasion d'apprendre, ou de perfectionner, les compétences de base qui leur permettront de demeurer en emploi, et ce, de façon adaptée à leurs besoins spécifiques.

«La mise en ligne d’une plateforme d’apprentissage interactive et gratuite, destinée aux adultes souhaitant rehausser leurs compétences en littératie, répond non seulement à des besoins déterminants sur le plan individuel, mais également à un enjeu crucial pour la société québécoise. Cette nouvelle ressource numérique, conçue en fonction des connaissances issues de la recherche, prendra appui sur la collaboration étroite et l'expertise de l'Université du Québec à Montréal et de l'Université Concordia. Elle s’inscrit dans le droit fil de la Politique de la réussite éducative du gouvernement du Québec lancée en juin dernier», affirme le recteur de l’UQAM, Robert Proulx.

«Nous sommes ravis que des outils d’apprentissage numériques élaborés à Concordia et reconnus dans le monde entier forment à nouveau la clé de voûte d’une solution de pointe, déclare Alan Shepard, recteur de l'Université Concordia. Cette fois, en partenariat avec des experts de l’UQAM, nous entendons aider les Québécois et Québécoises à s’épanouir dans le marché du travail en renforçant leurs compétences essentielles. Ils seront ainsi plus aptes à satisfaire aux attentes d’une économie de haute technologie en rapide mutation.»

«Nous sommes heureux de pouvoir contribuer avec Concordia et d’autres partenaires à cette initiative qui vise à permettre aux adultes ayant de faibles compétences en littératie de les rehausser, particulièrement dans un contexte où la plupart des communications aux employés se font par courriel et où les exigences en matière de littératie ne font qu’augmenter», souligne Monique Brodeur.

Les retombées d'ABRACADABRA

Dans son rapport, le Conseil constate que la meilleure application d'alphabétisation au monde, le programme ABRACADABRA, a été développée au Québec, par l'Université Concordia et l'Université du Québec à Montréal. «Il s'agit d'une une ressource en ligne, interactive et gratuite, conçue en fonction des connaissances issues de la recherche, explique Monique Brodeur. Cette ressource vise à soutenir la réussite des premiers apprentissages en lecture et en écriture, en français et en anglais, langue première et langue seconde, chez des élèves de maternelle, de 1re et de 2e année du primaire.»

La plateforme ABRACADABRA, destinée aux enfants de cinq à huit ans, fait partie des ressources offertes dans le Learning Toolkit Plus (LTK+), la trousse d'outils pédagogiques développée par le Centre d'études sur l'apprentissage et la performance (CEAP) de l'Université Concordia, qui vient d'obtenir le Prix d'alphabétisation UNESCO-Roi Sejong pour son projet intitulé «Utiliser les technologies éducatives pour développer les compétences pédagogiques essentielles en Afrique subsaharienne.» Des chercheurs de l'UQAM ont participé il y a quelques années à l'adaptation en français d'ABRACADABRA.

Le Conseil propose de développer, sur cette base, une application visant l'amélioration des compétences en littératie, en numératie et en résolution de problèmes dans un contexte technologique. «Cette application, légère et conçue pour fonctionner sur des ordinateurs de plus de 10 ans, serait développée avec la collaboration des entreprises, proposée par les entreprises partenaires à leurs employés et rendue disponible gratuitement à tous les citoyens qui en sentent le besoin», lit-on dans le rapport.

Le projet vise à mettre en commun les expertises des deux universités en enseignement, en jeux vidéo et en intelligence artificielle pour concevoir cette solution novatrice. «Développer des plateformes interactives coûte cher et c'est pourquoi la première étape est de relever le défi du financement, souligne Monique Brodeur. Outre le développement d'une nouvelle plateforme destinée aux adultes, les fonds visent également à actualiser la version d'ABRACADABRA pour les enfants.»

Une telle ressource bénéficierait grandement aux adultes qui veulent perfectionner leurs connaissances, affirme Monique Brodeur. «Ils profiteraient ainsi d'un enseignement de grande qualité basé sur les moyens jugés les plus efficaces selon les données issues de la recherche, et ils pourraient l'utiliser discrètement, de manière individuelle, sans crainte d'être ostracisés.»

À propos du Conseil consultatif sur l'économie et l'innovation

Le Conseil consultatif sur l'économie et l'innovation a le mandat de formuler des recommandations pour renforcer l’innovation et la recherche, améliorer la compétitivité des entreprises, faire croître l’investissement privé, développer les infrastructures, intensifier les exportations et l’internationalisation des entreprises québécoises, et stimuler l’entrepreneuriat. Il relève de la ministre de l'Économie, de la Science et de l'Innovation, Dominique Anglade.

Articles connexes
PARTAGER
COMMENTAIRES 0 COMMENTAIRE