Chorégraphe émérite

Le professeur retraité Daniel Léveillé remporte le Grand Prix de la danse de Montréal.

1 Décembre 2017 à 14H44

Photo: Émilie Tournevache

Le chorégraphe Daniel Léveillé, professeur retraité de l'UQAM, a remporté le Grand Prix de la danse de Montréal. Fondateur et directeur artistique de Daniel Léveillé Danse (DLD), l'homme a mené de front une carrière de professeur à l'UQAM, de 1988 à 2012, et de chorégraphe acclamé sur la scène internationale. Le jury a souligné son influence en tant que chorégraphe et pédagogue ainsi que la longévité de sa carrière.

Daniel Léveillé occupe une place enviable dans le paysage de la danse contemporaine. En 40 années de pratique, il a contribué au développement de l’art chorégraphique en créant un corpus d’œuvres majeur interprété par des danseurs d’exception. Formé au sein du Groupe Nouvelle Aire, il a travaillé longtemps comme chorégraphe indépendant avant de fonder Daniel Léveillé Danse, en 1991.

Artiste sans compromis, le chorégraphe possède une signature unique. En 2001, la pièce Amour, acide et noix établit sa réputation sur la scène internationale, où il y présentera par la suite La pudeur des icebergs (2004) et Crépuscule des océans (2007). Ses chorégraphies à la limite de l’impossible contribuent à révéler la beauté de l’être dans toutes ses imperfections, avec la nudité comme seul costume possible.

«J'ai beaucoup écrit avec le corps, a-t-il dit lors de la remise de son prix. Je lui ai demandé de sculpter l’espace, de le faire vivre, de s’arrêter sec, de sauter, plus haut encore si possible, d’accélérer, de ne plus respirer, de tourner, plus longtemps, encore plus longtemps, de s’étourdir, de s’épuiser, de m’émouvoir aux larmes, de m’étonner. Je lui ai demandé l’impossible, surtout l’impossible, jusqu’à atteindre l’imperfection. Parce que je crois que c’est là, dans cette imperfection, que se love son humanité.»

Emmanuel Proulx et Ellen Furey dans Solitude Duo.Photo: Denis Farley

Avec Solitudes solo (2012), Prix du CALQ de la meilleure œuvre chorégraphique en 2012-2013, il entame un nouveau cycle de création où l’on voit poindre une gestuelle plus fluide et le retour du costume. Ce cycle se poursuit avec Solitudes duo (2015). Cette nouvelle étape interroge la nature des relations encore possibles dans un monde où l’omniprésence de la technologie isole chaque jour davantage.

Le jury du Grand Prix de la danse a également salué le  travail de soutien et de transmission que le chorégraphe a accompli, en accompagnant la démarche de plusieurs artistes dans la production et la diffusion de leurs œuvres, contribuant ainsi activement à la pérennité du milieu chorégraphique montréalais. Depuis 2006, Daniel Léveillé Danse produit des œuvres signées par des créateurs québécois talentueux sur différentes scènes nationales et internationales.

Dans son allocution, Daniel Léveillé a tenu à dire «un immense merci à toutes les danseuses et à tous les danseurs qui, toutes ces années, ont accepté de porter dans leur chair et d’incarner [son] écriture chorégraphique, avec leur corps et leur âme, avec autant de générosité, de passion et de talent». Le Grand Prix de la danse lui a été remis à l’Édifice Wilder, dans le cadre de la remise des Prix de la danse de Montréal. Il est assorti cette année d’une bourse de 25 000 dollars offerte par Québecor et la Ville de Montréal.

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