Journée de la pédagogie universitaire

Les professeurs, maîtres de langue et chargés de cours sont conviés à une journée d'échanges et de réflexion.

20 Avril 2017 à 11H18

Le professeur Pierre Chastenay, du Département de didactique, lors du cours Didactique de la science et de la technologie au préscolaire et au primaire, qu'il donnait à l'automne 2016.Photo: Nathalie St-Pierre

Qui est l'étudiant universitaire d'aujourd'hui ? Pas facile de répondre à la question, car les classes ne sont plus aussi homogènes qu'auparavant. On y retrouve désormais des étudiants aux parcours atypiques, des étudiants-parents, des étudiants en situation de handicap, des étudiants de première génération et des étudiants d'immigration récente. «L'enseignement traditionnel répond de moins en moins aux besoins pédagogiques et technologiques de l'ensemble des étudiants», constate Nicole Beaudry, conseillère pédagogique au Centre de formation en soutien à l'académique (CFSA) de l'UQAM. «Les cours basés uniquement sur des exposés magistraux n'ont plus la même portée pédagogique et plusieurs enseignants sont ébranlés et démunis à l'idée de devoir revoir leurs méthodes d'enseignement», renchérit sa collègue Hélène Meunier, qui est également chargée de cours aux Départements de didactique et d'éducation et pédagogie.

Les deux conseillères pédagogiques espèrent que les membres du personnel enseignant – professeurs, maîtres de langue et chargés de cours – de l'UQAM seront nombreux à venir échanger sur leurs pratiques enseignantes lors de la Journée de la pédagogie universitaire, qui aura lieu le 17 mai prochain, sous le thème «Réalités plurielles étudiantes: enjeux et défis». L'événement se déroulera au local DS-R515, de 9 h à 16 h 30.

Échanges, partages et réflexions

La Journée de la pédagogie universitaire s'ouvrira avec une conférence intitulée «La cohabitation des générations à l'université», donnée par Josée Garceau, qui a fait carrière à l'Université de Sherbrooke et qui est l'auteure de La cohabitation des générations (La Presse).

La professeure Marie-Pierre Fortier, du Département d'éducation et formation spécialisées, animera ensuite un segment intitulé «Comprendre l'éducation inclusive en milieu universitaire: quelques balises pour penser sa pratique». «Elle présentera aux participants un cadre de référence permettant d'inclure tous les étudiants, souligne Nicole Beaudry. Des enseignants de l'UQAM témoigneront également de leurs pratiques inclusives.»

En après-midi, le professeur Alain Stockless, du Département de didactique, prononcera une conférence intitulée «Les environnements numériques d'apprentissage: Pourquoi, comment ?». «Il présentera ce qu'est la technopédagogie, sa valeur ajoutée par rapport à l'enseignement traditionnel, explique Hélène Meunier. En collaboration avec le Carrefour technopédagogique, nous présenterons des technopédago-trucs d'enseignants, sous forme de capsules vidéo où des profs et des chargés de cours témoignent, par exemple, des bénéfices de l'utilisation des tableaux blancs interactifs, de la pédagogie hybride, des télévoteurs et de la plateforme d'apprentissage Moodle. Les participants pourront réfléchir, partager et échanger sur des bonnes pratiques d'enseignement.»

Une activité de synthèse et de clôture sera animée par Yves Mauffette, professeur au Département des sciences biologiques.

En soirée, lors du cocktail, les participants seront invités à la remise des Prix d'excellence en enseignement de l'UQAM.

Des exemples inspirants

Dans la majorité des cas, les enseignants universitaires n'ont pas reçu de formation en enseignement; ce sont d'abord et avant tout des chercheurs. Voilà pourquoi, avant chaque rentrée automnale, le CFSA, en collaboration avec le Carrefour technopédagogique, offre aux nouveaux professeurs et chargés de cours une formation initiale en pédagogie universitaire, laquelle aborde par exemple l'élaboration d'un plan de cours, la planification de l'enseignement et de l'évaluation, la gestion de classe et l'intégration de la technopédagogie. «Il n'est pas rare que certains profs ou chargés de cours reviennent nous voir deux ou trois années après avoir suivi la formation, raconte Hélène Meunier. Ils ont réussi à se sortir du tourbillon du début de carrière et ils souhaitent mettre en place ou tester certaines pratiques pédagogiques dans leurs cours.»

Le CFSA et le Carrefour technopédagogique offrent tout au long de l'année des formations sur une foule de sujets, de même que des séances d'accompagnement individualisé. «Depuis septembre dernier, j'ai rencontré individuellement plus d'une trentaine d'enseignants, note Hélène Meunier. Certains veulent modifier leurs façons de faire, essayer d'intégrer la technopédagogie, ou encore trouver réponse à des problématiques précises, comme l'évaluation des apprentissages.»

Ce fut le cas, par exemple, d'une professeure comptant 25 ans d'expérience, qui souhaitait utiliser la plateforme Moodle pour la première fois, sur l'insistance de ses étudiants. Ou encore de ce chargé de cours qui enseigne depuis 30 ans et qui était totalement dépourvu, raconte Hélène Meunier. «Ses étudiants désertaient systématiquement son cours après la pause. Parfois il n'en restait que cinq ou six sur une quarantaine. Et son évaluation d'enseignement, réalisée chaque trimestre par les étudiants, était plutôt négative.» En discutant avec lui de ses stratégies d'enseignement, la conseillère a pu lui suggérer, entre autres, cette astuce: faire des pauses d'apprentissage en arrêtant son cours toutes les 20 minutes, puis soulever une question et laisser les étudiants y réfléchir individuellement ou en débattre avec un pair. «Il a testé l'astuce le soir même et il m'a laissé un message immédiatement après son cours. Tous les étudiants étaient restés après la pause et certains l'avaient même félicité, car ils avaient adoré le cours!», souligne-t-elle fièrement.

Pour ces enseignants qui cognent à la porte du CFSA et du Carrefour technopédagogique, l'objectif n'est pas de performer ou d'être aimés de leurs étudiants. «Ils souhaitent uniquement que les étudiants soient motivés à assister à leur cours, s'engagent dans leur apprentissage et réussissent!», conclut Hélène Meunier.

On peut s'inscrire à la Journée de la pédagogie universitaire sur le site web du Centre de formation en soutien à l'académique.

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