Trouver refuge à l'université

L'UQAM a rejoint le réseau universitaire Scholars at Risk (Universitaires en danger).

21 Mars 2017 à 11H11

Le réseau mondial Scholars at Risk (SAR/ Universitaires en danger, en français), permet à des chercheurs, dont la vie est menacée, d'obtenir des postes dans des universités où ils pourront effectuer leurs recherches en sécurité et en toute liberté.Photo: scholarsatrisk.org

En devenant membre du réseau mondial Scholars at Risk (SAR/ Universitaires en danger, en français), l'UQAM pourrait bientôt accueillir des universitaires et des chercheurs, et même des étudiants, qui, en raison de conflits armés ou pour des questions d'ordre politique, religieux, culturel ou ethnique, ne peuvent plus poursuivre leurs recherches ou leurs études dans leur pays d'origine.

Créé en 1999, dans le cadre d’un programme sur les droits de la personne de l’Université de Chicago, le réseau international d’institutions d’enseignement supérieur permet à des chercheurs d'obtenir des postes dans des universités où ils pourront effectuer leurs recherches en sécurité et en toute liberté et contribuer ainsi à leur nouvelle société d'accueil. Plus de 200 universités et organismes, répartis dans plus de 25 pays, sont membres de SAR. Il s'agit principalement d'universités nord-américaines, néozélandaises et européennes. Les chercheurs accueillis par ces universités proviennent en majorité de la Syrie, de l'Iran et de l'Afrique sub-saharienne.

L'organisme a aussi pour mandat de sensibiliser la communauté universitaire aux enjeux et aux défis des chercheurs en exil. «SAR met sur pied des formations –des séminaires ou des colloques – destinées aux professeurs ou aux étudiants universitaires pour mieux faire comprendre l'origine des tensions politiques au Moyen-Orient, par exemple, ou les causes menant à la répression de certains groupes plus vulnérables», illustre la professeure au Département de science politique Bonnie Campbell, qui fait partie du comité SAR-UQAM, un groupe de sept professeurs en charge d'implanter le projet à l'Université. «Les membres de SAR peuvent aussi participer à des conférences organisées par le réseau à travers le monde, et signer des pétitions ou envoyer des lettres en appui aux universitaires en prison.»

Le 30 mars prochain, l'UQAM organise un événement afin de promouvoir sa récente adhésion au réseau et de discuter des modalités du projet. «C'est un projet collectif: on souhaite que tous les Uqamiens se sentent interpellés et que toutes les facultés et l'école s'impliquent afin de trouver la formule qui sied à tout le monde», dit Bonnie Campbell.

Une première conférence SAR à l'UQAM

Lors de l'événement, la chercheuse syrienne Hanadi Ibrahim prononcera une conférence. Cette pharmacienne de formation, détentrice d'un doctorat en chimie analytique de l'Université Paris-Sud, est désormais professeure invitée à la Western University, en Ontario. Membre de SAR depuis 2009, la Western University a accueilli jusqu'à présent trois chercheurs «en danger» sur son campus. «La professeure Ibrahim nous parlera de sa propre expérience en tant que chercheuse invitée, des raisons pour lesquelles elle a dû quitter la Syrie et de ce que représente pour elle la liberté académique», explique Bonnie Campbell, qui est aussi directrice du Centre interdisciplinaire de recherche en développement international (CIRDIS).

Hanadi Ibrahim.

Les chercheurs bénéficiant du programme SAR proviennent de toutes les disciplines. «On retrouve environ la même proportion de chercheurs dans les sciences naturelles et dans les sciences humaines», précise Bonnie Campbell. Des étudiants en situation de vulnérabilité peuvent aussi bénéficier du programme d'appui aux étudiants exilés (Students at Risk). «Ainsi, des étudiants ont obtenu une bourse d'études pour étudier dans une université norvégienne.»

L'adhésion au réseau Scolars at Risk permettra à l'UQAM de manifester sa solidarité internationale et de participer au progrès social. «Cela est d'autant plus important que l'on retrouve peu d'universités francophones membres du regroupement, fait remarquer Bonnie Campbell. Si des chercheurs francophones sont obligés de s’exiler sans pouvoir trouver refuge dans d'autres universités, ils risquent d'être contraints d’abandonner leur carrière.» La Clinique internationale de défense des droits humains de l'UQAM (CIDDHU), qui offre aux étudiants l’occasion de s’impliquer directement dans de vrais dossiers de défense des droits humains en collaboration avec des organisations partenaires étrangères et locales, a déjà manifesté son intérêt pour défendre la cause de chercheurs vulnérables.

La conférence, qui sera présentée par le recteur Robert Proulx et la professeure Peggy Davis, du Syndicat des professeures et professeurs de l'UQAM (SPUQ), aura lieu à la salle Pierre-Bourgault (pavillon Judith-Jasmin Annexe - JE), de 12 h 30 à 14 h. L'événement est organisé par le comité SAR UQAM, en collaboration avec la Faculté de science politique et de droit et le CIRDIS.

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