Constellation d’instants

Thomas Corriveau présente une rétrospective de ses œuvres récentes à la Galerie Graff.  

28 Février 2017 à 13H50

26 mai 2016, Dalian (Chine), de Thomas Corriveau, 2016 / acrylique sur toile, 99 x 125 cm.

Le professeur à l'École des arts visuels et médiatiques Thomas Corriveau présente l'exposition Collections à la Galerie Graff (édifice Belgo), à Montréal. Prenant pour modèles des photographies prises par l’artiste ou des images glanées sur le web, les peintures réunies dans cette exposition, qui proviennent des séries Tableaux photographiques (2016), Passions (2014-2016) et Collections (2015-2016), se construisent toutes en stratifications complexes de fines touches de couleur. Ainsi, si le regard fugace du spectateur recompose facilement tel visage ou telle scène, celui qui s’y attarde davantage voit ces images lumineuses s’écailler. Comme si ces toiles, bien qu’elles s’inspirent de photographies, y imprimaient une vibrance, un effet de décollement temporel qui, par accumulation ou grattage, condenserait en une seule image la constellation d’instants entourant la prise de vue. L’effet inattendu de ce traitement de l’espace pictural est renforcé dans les Collections, petits tableaux où s’entassent, comme un motif, objets semblables et contenants anonymes.

À travers ces images intrigantes, ces réalités classées de façon artificielle et boulimique, celui qui est aussi vice-doyen aux études de la Faculté des arts nous montre qu’il n’a pas à choisir entre la représentation et l’abstraction. En effet, qu’elles s’inspirent d’objets, de paysages, de réalités humaines ou de souvenirs, les œuvres du professeur et artiste établissent un point de contact entre la liberté du peintre, du sujet et du spectateur de ne pas figer le sens d’un moment ou d’une chose, afin de rester un peu plus longtemps en suspension dans son image.

Dans la salle de projection de la Galerie, les visiteurs peuvent voir La bêtise, un film d’animation réalisé par Thomas Corriveau. Le court métrage reprend ces idées de multiplicité et de suspension en mettant en scène des personnages désincarnés aux actions mécaniques et répétées. Présenté en novembre dernier aux Sommets du cinéma d’animation à Montréal, La bêtise relate la violente confrontation entre deux hommes défendant un territoire anonyme, une forêt qu'ils peuplent graduellement de copies d'eux-mêmes.

Cofondateur du Laboratoire de recherche-création sur le dessin et l’image en mouvement (Grupmuv), Thomas Corriveau travaille principalement le dessin, la peinture et le film d’animation. Ses œuvres font partie de diverses collections privées et publiques et sont exposées de façon régulière depuis le début des années 1980 tant au Québec qu’à l’étranger. Ses recherches picturales portent en grande partie sur la constitution d’images par multiplication d’éléments semblables, que ce soit dans des œuvres en dessin, peinture ou des animations projetées en boucle. Thomas Corriveau s’intéresse à leur mise en espace et participe à des projets de spectacles multidisciplinaires alliant le dessin animé à la danse ou au théâtre.

L'exposition est présentée jusqu'au 11 mars prochain.

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