Lectures de novembre

Notre sélection mensuelle d'ouvrages publiés par des professeurs, chargés de cours, étudiants, employés, diplômés ou retraités de l'UQAM.

6 Novembre 2017 à 9H32

Série «Titres d'ici»

Le procès d'une image

Le professeur du Département d'histoire de l'art Vincent Lavoie poursuit depuis plusieurs années un programme de recherche consacré au statut de l'image photographique. Dans L'affaire Capa. Le procès d'une icône, il décortique la controverse qui entoure depuis 50 ans Falling Soldier, la plus célèbre photo de la guerre d'Espagne, celle d'un soldat républicain frappé de plein fouet par une balle ennemie le 5 septembre 1936. Publiée dans d'innombrables journaux et magazines, cette photo de Robert Capa, ce Falling Soldier un peu flou, capté dans sa chute avec ce qui semble un léger tremblement de la main du photographe, a longtemps symbolisé l'héroïsme des combattants espagnols. Mais quand sont émis les premiers doutes sur son authenticité par le journaliste Phillip Knightley, dans les années 1970, sa valeur emblématique est mise à mal. À partir de ce moment, détracteurs et défenseurs du photographe se disputent sur les lieux du drame, l'identité du milicien tué, la trajectoire des tirs, le caractère fabriqué – ou non – de la scène. Que cachent ces disputes? Que disent-elles sur les valeurs que l'on attribue au photojournalisme – authenticité de l'image, neutralité, intégrité et courage du photographe? C'est ce que Vincent Lavoie s'emploie à révéler dans ce livre. Publié aux éditions Textuel.

Maëlle est une ado

Jamais deux sans trois: après L'autisme, un jour à la fois (2008), qui portait sur les premiers signes de l'autisme de la petite enfance au diagnostic, et Accompagner un enfant autiste (2011), qui proposait des stratégies en lien avec les particularités alimentaires, les difficultés de sommeil, la propreté, l'anxiété et les habiletés sociales, voici Autisme et adolescence. On y retrouve la petite Maëlle, enfant autiste, devenue une adolescente de 15 ans. «Il fallait l'accompagner dans cette nouvelle étape de sa vie, car comme cela arrive chez les autres enfants qui entrent dans l'adolescence, tout est remis en question : les idéaux, l'identité, l'amitié, l'amour», soulignent sa maman, Catherine Kozminski, et la professeure Nathalie Poirier, du Département de psychologie. Les deux auteures reprennent la même formule: dans chaque chapitre, la maman de Maëlle partage d'abord quelques observations concernant les réussites et les défis de sa fille et, plus largement, de la famille (Maëlle a une sœur et un frère plus jeunes). Ces témoignages permettent ensuite à la spécialiste d'aborder les particularités de l'autisme à l'adolescence. Leur objectif commun: se mettre à l'écoute des besoins de l'adolescente afin d'élaborer les meilleures formes d'accompagnement et les meilleures solutions pour les parents d'adolescents autistes. Publié aux Presses de l'Université Laval.

Enjeux de densification urbaine

Après avoir perdu des habitants jusqu'à la moitié des années 1990, Montréal et Bruxelles font face depuis une génération à une croissance démographique soutenue, qui produit des effets sur la disponibilité des terrains à construire, sur la mobilité, sur les niveaux de pollution environnementale, sur la desserte en matière d'équipements et de services publics. Créée en 2012, la Plateforme Montréal et Bruxelles en projet(s) réunit des chercheurs, des acteurs du développement urbain et des étudiants en urbanisme et en études urbaines de l'UQAM, de l'Université catholique de Louvain, de l'Université libre de Bruxelles et de l'Université Saint Louis qui se passionnent pour ces enjeux. Chacun des 11 chapitres de Montréal et Bruxelles en projet(s) couvre l'une des facettes de la densification urbaine en s'appuyant sur des études de cas dans les deux métropoles. Il est question de planification urbaine, d'intégration de la mixité sociale, d'articulation urbanisme-transport et du cadre légal de l'action de l'urbanisme. Les professeurs du Département d'études urbaines et touristiques de l'ESG UQAM Hélène Bélanger, Benoît Frate, David Hanna, Richard Morin, Florence Paulhiac et Denis Proulx (retraité) participent à cet ouvrage, dirigé par leur collègue Priscilla Ananian et par l'ingénieur-architecte et urbaniste Bernard Declève, professeur à l'Université catholique de Louvain. Publié aux Presses universitaires de Louvain.

Acceptabilité sociale

L'acceptabilité sociale existait bien avant qu'on en parle, mais elle portait d'autres noms. On parlait alors de conflit, de controverse, d'appui populaire… Depuis une dizaine d'années, cet enjeu est au cœur des débats sociaux et politiques entourant les grands projets de développement, du Plan Nord à Énergie Est, en passant par l'éolien et le gaz de schiste. Mais que recouvre cette notion un peu fourre-tout? L'ouvrage Acceptabilité sociale: sans oui, c'est non, propose des réponses. Ses auteurs, Marie-Ève Maillé, professeure associée au Centre de recherche interdisciplinaire sur le bien-être, la santé, la société et l'environnement (CINBIOSE), et Pierre Batelier, doctorant en sciences de l'environnement, rappellent que le terme n'est à ce jour inscrit dans aucun texte de loi. Selon eux, son utilisation dans la sphère publique «évacue les nuances et tend à réduire les éléments du débat à des caricatures, minant ainsi la capacité d'agir des citoyens et renforçant le pouvoir des élites économiques et politiques». Les deux chercheurs invitent, avec humour, à déconstruire les dichotomies présentes dans le discours sur l'acceptabilité sociale: les promoteurs et les opposants, l'égoïste et le bon citoyen (ou le syndrome du «pas dans ma cour»), les faits et les opinions, la rigueur et les émotions… Paru aux éditions Écosociété.    

Relations publiques et journalisme

L'ouvrage collectif Relations publiques et Journalisme à l'ère numérique, publié sous la direction des professeurs Nadège Broustau (communication sociale et publique) et Chantal Francoeur (École des médias) analyse les bouleversements stimulés par les facteurs économiques, sociaux et technologiques que subissent, depuis quelques années, les professions liées aux communications et à l'information. À la lumière de ces transformations, il actualise la conception des interactions entre les journalistes et les professionnels des relations publiques – qu'ils oeuvrent dans le secteur privé, public, culturel, militaire ou politique. Il revisite ainsi les approches dites traditionnelles – oppositionnelles, d'amour/haine ou axées sur l'interdépendance – et propose d'autres perspectives pour appréhender les nouvelles dynamiques suscitées notamment par la révolution numérique. Divers auteurs s'interrogent sur les nouveaux rapports de force entre les acteurs de l'information et ceux qui orchestrent la communication, sur l'influence que les médias sociaux exercent sur eux et sur leurs interactions, et sur ce qui distingue les différentes professions des relations publiques. Afin de scruter les échanges et les particularités de différents contextes de travail au Canada, en France, en Belgique et en Italie, l'ouvrage propose des entretiens avec des journalistes et des professionnels des relations publiques, des analyses de corpus et des enquêtes en ligne. Paru aux Presses de l'Université du Québec. 

Histoire des pays d'en haut

Dans Le cœur des Laurentides, le professeur retraité du Département de didactique Michel Allard fait revivre l'épopée des pays d'en haut, popularisée par la célèbre série télévisée.  Après les autochtones, les coureurs des bois et les bûcherons, des vagues successives de colons se sont installés au cours du 19e siècle dans cette chaîne de montagnes parmi les plus vieilles du monde, répondant à l'appel des élites qui cherchent à contrer l'exode des Canadiens français vers la Nouvelle-Angleterre. Mais la terre est ingrate, les communautés isolées et l'entreprise de colonisation semble vouée à l'échec jusqu'au moment où entre en scène le fameux curé Labelle. Grâce à lui et à l'arrivée du P'tit train du Nord, l'isolement des Laurentides est brisé, l'industrie du bois peut se développer et, surtout, celle du tourisme peut apparaître. Pour les adeptes de plein air, qui viennent d'aussi loin que les États-Unis, les pays d'en haut deviennent un vaste terrain de jeux où pratiquer la chasse, la pêche, le ski ou la navigation de plaisance. Le paysage se transforme avec la construction de chalets par milliers et d'un vaste réseau hôtelier, faisant des Laurentides l'une des trois plus importantes régions touristiques du Québec. Le livre s'accompagne d'une riche iconographie. Publié au Septentrion.

PARTAGER
COMMENTAIRES 0 COMMENTAIRE