Un plan de réinvestissement

Le Comité consultatif sur l'examen du soutien fédéral à la science fondamentale dépose son rapport.

10 Avril 2017 à 16H51

Le Comité constate que le financement de source fédérale représente aujourd'hui moins de 25 pour cent des dépenses en R-D dans le secteur de l’enseignement supérieur, une anomalie sur la scène internationale. Photo: Nathalie St-Pierre

Après des années où la compétitivité du Canada en matière de recherche s'est érodée par rapport aux pays comparables, le Comité consultatif sur l’examen du soutien fédéral à la science fondamentale propose un plan audacieux pour réinvestir dans l’écosystème de recherche au pays. Son rapport Investir dans l’avenir du Canada : Consolider les bases de la recherche au pays, rendu public aujourd’hui, recommande, entre autres, un soutien accru aux chercheurs en début de carrière, une attention stratégique et coordonnée à la collaboration internationale, une amélioration de l’équité hommes-femmes en science et une augmentation substantielle du financement de la recherche axée sur la découverte. Le Comité, présidé par le chercheur David Naylor, professeur de médecine à l'Université de Toronto, avait été mandaté par la ministre des Sciences, Kirsty Duncan, en juin 2016.

Toutes sources confondues, les dépenses intérieures brutes en R-D du Canada relativement à son PIB ont lentement diminué au cours des 15 dernières années, notent les auteurs du rapport. Au cours de cette période, on a non seulement connu une période de restrictions des dépenses engagées par le gouvernement fédéral par l'entremise des quatre grands organismes responsables du financement de la recherche, mais, de plus, les fonds étaient alloués de préférence à la recherche axée sur les priorités ou sur les partenariats, «ce qui réduisait d'autant le soutien disponible pour les projets de recherche indépendants». Le Comité constate que le financement de source fédérale représente aujourd'hui moins de 25 pour cent des dépenses en R-D dans le secteur de l’enseignement supérieur, une anomalie sur la scène internationale.

Le recteur Robert Proulx, qui agit dans ce dossier à titre de porte-parole francophone pour Universités Canada, l'organisme représentant les universités canadiennes, se montre très satisfait de ce rapport. «Le rapport fait souffler un véritable vent de fraîcheur et d’optimisme dans le milieu de la recherche. Les recommandations, basées sur des données probantes, s’appuient sur des valeurs et des priorités que nous partageons, qu’il s’agisse d’augmenter globalement les fonds aux organismes subventionnaires, qui passeraient de 3,5 G $ à 4,8 G $, de mieux soutenir la recherche fondamentale et indépendante, de financer la recherche de manière équitable dans toutes les disciplines ou d’accompagner les chercheurs tout au long de leur carrière, quel que soit leur âge, leur genre ou leur origine.» De même, le recteur salue la proposition visant à créer un Conseil consultatif national sur la recherche et l’innovation qui, de pair avec le nouveau poste de Conseiller scientifique en chef, devrait permettre de soutenir le développement de la recherche interdisciplinaire et intersectorielle en plus d’assurer la concertation interministérielle en matière de recherche et d'innovation. Indubitablement, on vient de changer de cap. «On revient, enfin, à la mission fondamentale de l’Université», déclare Robert Proulx.

Le rapport recommande également une meilleure coordination entre les quatre organismes subventionnaires, un financement accru des frais de soutien de la recherche engagés par les établissements et des investissements constants et prévisibles dans l’infrastructure de recherche.

La vice-rectrice à la Recherche et à la création Catherine Mounier se réjouit elle aussi des conclusions de cet examen du soutien fédéral aux sciences fondamentales. «Le rapport Naylor répond à plusieurs des préoccupations exprimées par l’UQAM lors de la consultation, mentionne-t-elle, en particulier le support accru à la recherche fondamentale dans tous les domaines et pour tous les chercheurs, qu’ils soient en début de carrière ou qu’il s’agisse de chercheurs dont la carrière est établie. Le rapport souligne également l’importance de la recherche multidisciplinaire et de la recherche en sciences sociales et humaines. Je suis convaincue que ses recommandations auront des effets bénéfiques  pour toute la communauté des chercheurs de notre université.»

Le Comité a examiné les méthodes de financement en vigueur dans les pays comparables au Canada. Il a reçu 1275 contributions provenant de particuliers, d'associations et d'organismes. Il a également organisé des tables rondes réunissant quelque 230 chercheurs dans cinq villes canadiennes.

Universités Canada a salué la possibilité qui lui a été offerte de contribuer aux délibérations du Comité et se réjouit à l’idée de collaborer avec le gouvernement à une amélioration du soutien fédéral à la science fondamentale à la lumière des constatations et des recommandations du Comité.

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