Une responsabilité collective

Des conférenciers se penchent sur les facteurs facilitant le retour au travail de personnes ayant vécu un trouble mental.

14 Mars 2017 à 14H30

Photo: Istock

La Faculté des sciences de l’éducation présente, le 16 mars prochain, l’avant-dernière de ses Rencontres Educere sur le thème «Retour au travail durable des personnes ayant vécu un trouble mental: concertation des acteurs ». Animée par Jean-Pierre Proulx, journaliste au quotidien Le Devoir, la rencontre se déroulera à la didacthèque de la Bibliothèque des sciences de l’éducation (W-1010), à compter de 17 h 30. Elle réunira Marc Corbière, professeur au Département d’éducation et pédagogie et membre du Centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (CR-IUSMM), Joseph Giulione, directeur général de l’Arrimage, Geneviève Sévigny, directrice des Cliniques d'évaluation et de réadaptation et présidente de l’Association québécoise des ergothérapeutes en pratique privée, et Jean-Robert Turcotte, professeur adjoint à l’Université de Montréal et psychiatre à l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal.

Selon l’OCDE, entre 30 % et 50% des incapacités et des maladies de longue durée au sein de la population active dans les pays occidentaux sont imputables à un trouble mental. La dépression, notamment, représente la deuxième cause d'incapacité au travail, après les maladies cardio-vasculaires, souligne l'Organisation mondiale de la santé (OMS). «Quand on demande aux personnes quelle est la cause de leur problème de santé mentale, 90 % répondent que c'est lié partiellement ou totalement au milieu organisationnel», note Marc Corbière, un spécialiste de la réadaptation et de la psychologie du travail.

Deux type de troubles mentaux  

Selon le professeur, il faut distinguer les troubles mentaux courants, comme la dépression, le trouble anxieux et le trouble de l'adaptation, et les troubles mentaux graves, tels que la schizophrénie, le trouble bipolaire et la dépression sévère. «Un pourcentage élevé de personnes – 25 à 30 % – ayant déjà un emploi et ayant éprouvé un trouble mental courant s'absentent pour une période d'au moins un an. Par ailleurs, 80 % des personnes qui sont absentes du marché du travail en raison d'un trouble mental grave souhaitent travailler», observe Marc Corbière.

Pour les personnes qui reprennent leur activité professionnelle, la durée du maintien en emploi est souvent problématique. «Il est clairement établi que la concertation des acteurs du retour et de la réintégration au travail – employeurs, collègues, syndicats, professionnels de la santé et du milieu juridique – a une grande influence sur le prolongement ou non de l’incapacité au travail d’une personne ayant un trouble mental, souligne le professeur. On doit privilégier la responsabilité collective, au lieu de se focaliser sur l'individu et sur ses difficultés à retourner au travail. Dans certains milieux, on a créé un poste de coordonnateur de retour au travail pour les employés ayant vécu un trouble mental courant et un poste de conseiller en emploi spécialisé pour les personnes ayant un trouble plus grave et qui souhaitent intégrer le marché de l'emploi.»

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