Séisme destructeur

L'Iran se trouve à la frontière des plaques tectoniques arabique et eurasienne, d'où la sévérité des tremblements de terre qui frappent le pays.

16 Novembre 2017 à 11H44

Série L'actualité vue par nos experts
Des professeurs et chercheurs de l'UQAM se prononcent sur des enjeux de l'actualité québécoise, canadienne ou internationale.

Photo: Getty/Anadolu Agency

Le séisme survenu en Iran le 12 novembre dernier, dont le bilan s'élève à plus de 430 morts, près de 10 000 blessés et quelque 30 000 logements détruits, n'est pas le premier à ébranler le pays. Des tremblements de terre destructeurs ont fait plus de 45 000 morts en 1990 dans les provinces de Ghilan et Zandjan, au nord-ouest de l'Iran, et quelque 30 000 morts dans la ville de Bam, au sud-est, en 2003.

«La région iranienne est propice aux séismes majeurs puisqu'elle se trouve à la frontière des plaques tectoniques arabique et eurasienne, explique Fiona Ann Darbyshire, professeure au Département des sciences de la Terre et de l’atmosphère. Lorsque ces plaques entrent en collision, les forces de compression provoquent de grandes secousses.»

Chaque année, une centaine de séismes de magnitude supérieure à 6 sont recensés à travers le monde – celui du 12 novembre a atteint une magnitude de 7,3. Des tremblements de terre de magnitude similaire n'ont toutefois pas tous les mêmes conséquences. «Au cours des 20 dernières années, les bilans des grands séismes dans le monde varient de zéro à plusieurs centaines de milliers de morts», souligne la professeure.

Facteurs aggravants

Au-delà de la magnitude du séisme, deux facteurs géographiques ont une importance capitale sur les secousses ressenties et, par le fait même, sur les dégâts causés : la profondeur de la faille et la composition du sol. «Les séismes profonds provoquent de plus petites secousses et sont moins destructeurs que les séismes superficiels, dont le foyer se situe près de la surface terrestre, observe la chercheuse. De la même façon, si le sol est solide, les effets des secousses seront moins importants que sur un sol dont les sédiments ne sont pas consolidés.»

Dans les régions urbaines densément peuplées, la piètre qualité des bâtiments est souvent la principale cause du taux élevé de mortalité. «Dans chaque pays, les codes du bâtiment recommandent aux ingénieurs les types de matériaux à utiliser pour s’assurer que les constructions résistent aux séismes, mentionne la chercheuse. Malheureusement, particulièrement dans les pays moins riches, la plupart des bâtiments ont été construits soit avant l’instauration du code, soit avec des matériaux moins coûteux que ceux prescrits.»

Impossibles à prédire

Contrairement aux ouragans, les séismes ne peuvent pas être prédits. «On peut établir des probabilités en fonction de l'historique et du type de sol, mais on ne peut pas savoir si le prochain séisme surviendra dans quelques jours, dans quelques années ou dans quelques décennies», dit Fiona Ann Darbyshire.

Dans les régions particulièrement à risque, il est possible de créer un système de première alerte en déployant un réseau de sismographes sur le terrain. Ces appareils détectent les premières secousses – les ondes P ou primaires –, qui causent peu de dommages, environ une dizaine de secondes avant les ondes secondaires – ondes S –, qui sont les plus destructrices. «Même si ça semble très court, c’est un délai suffisant pour arrêter les trains, couper l'alimentation en gaz, alerter les centrales électriques, les services publics et les premiers intervenants, affirme Fiona Ann Darbyshire. Ces 10 secondes peuvent être cruciales pour éviter une catastrophe majeure.»

L'avis des experts

On peut trouver ici la liste des professeurs de l'UQAM qui peuvent répondre aux questions des journalistes sur le séisme en Iran.

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