À la croisée des chemins

Au milieu des années 1980, le Service des sports s'installe dans les locaux de l'École de technologie supérieure.

28 Mars 2017 à 15H31

Série Campus sportif
À l'occasion du 20e anniversaire du Centre sportif, les artisans de la première heure racontent l'histoire du sport à l'UQAM. Cinquième texte de la série.

Hockey cosom pratiqué dans l'un des gymnases de l'ÉTS, avenue Henri-Julien, à la fin des années 1980.
Photo: Charles Vincent et Stéphane Bigras

Un an après les Jeux olympiques, la fréquentation des installations sportives du pavillon Latourelle a augmenté de 25 %. L'ouverture du pavillon à la population du quartier et une nouvelle politique d'accessibilité  – une carte d'abonnement coûte 15 $ pour l'année  et un tarif unique de 5 $ a été établi pour chacune des activités dirigées – y sont pour quelque chose, en plus de la proximité du nouveau campus central. Le conditionnement physique a la cote parmi les activités les plus populaires, avec 44 % des inscriptions, suivi du yoga (11 %), du wendo (10 %), du ballet-jazz (9 %) et de la natation (8 %). L'âge moyen des usagers tourne autour de 25 ans.

La création des ligues UQAMicales en hockey, volleyball et ballon-balai contribue également à augmenter le nombre d'étudiants qui fréquentent le Service des sports. Une ligue intra-muros en soccer est créée au printemps 1982. À l'automne suivant, un premier cours de taï-chi est offert par le Service des sports. «On attendait une trentaine de personnes, il en est venu près de 100», note à l'époque Denis Gélinas, coordonnateur du cours.

En 1985, la Direction de l'UQAM décide d'allouer les espaces du Latourelle au Module de danse, qui s'y installe progressivement au cours des cinq années suivantes. Le Service des sports se tourne alors vers l'École de technologie supérieure (ÉTS), à l'époque située au 4750, avenue Henri-Julien, afin d'y louer des locaux. On y retrouve deux gymnases doubles, une palestre, des locaux d'appoint et des vestiaires. Dès l'automne 86, le Service des sports de l'UQAM et l'ÉTS offrent une programmation unifiée à leurs étudiants. «Cela faisait le bonheur de l'ÉTS, car elle n'avait pas de service des sports, rappelle Jean-Guy Prescott, qui agit à l'époque comme directeur intérimaire du Service des sports. Pour nous, c'était une entrée dans la modernité. Après avoir connu les poids et haltères en fonte de la Palestre nationale, nous avions désormais accès à des vélos stationnaires!»

Le centre administratif demeure au Latourelle avec quelques employés qui s'occupent de la piscine, toujours ouverte. C'est à l'automne 88 que le Service des sports établit officiellement ses quartiers à l'ÉTS.

Le rapport Pelchat

À l'hiver 1987, Gilbert Dionne, vice-recteur associé Enseignement et Recherche, a confié au professeur Christian Pelchat, du Département de kinanthropologie, le mandat d'effectuer une analyse de la situation du sport à l'UQAM et de proposer des solutions. Christian Pelchat rappelle dans son rapport que le sport est devenu un «fait social au même titre que le travail, la santé, l'éducation et la culture». Or, il constate que l'UQAM s'est impliquée dans ces quatre secteurs «avec beaucoup d'originalité tant par ses programmes d'enseignement et de recherche que par ses services à la collectivité. Elle se doit maintenant d'adopter envers le sport la même attitude d'ouverture, d'initiative et de créativité.»

Selon le chercheur, l'UQAM reconnaît le sport comme objet d'étude scientifique, comme en témoignent la vitalité de son Département de kinanthropologie (renommé en 2015 Département des sciences de l'activité physique), qui compte alors 21 professeurs réguliers. Il note également la popularité du baccalauréat en enseignement de l'activité physique et du certificat en plein air, qui regroupent 415 étudiants. Là où le bât blesse, note-t-il, c'est sur le plan des installations dédiées à la pratique du sport.

Le chercheur se penche également sur le phénomène naissant des étudiants-athlètes. À l'époque, le sport d'élite interuniversitaire devient un pôle de rayonnement pour les universités. Voilà pourquoi il recommande que l'UQAM «entreprenne les démarches nécessaires pour se doter d'installations sportives lui permettant la réalisation du mandat qu'elle se donne en regard de l'activité physique et du sport, et qu'elle fasse de l'activité physique et du sport un de ses moyens privilégiés de rayonnement universitaire dans le milieu québécois et canadien.»

Pour ce faire, le chercheur propose différents scénarios. Outre le transfert du Service dans les installations du Parc olympique et la location d'espaces au centre-ville pour créer un réseau de plateaux sportifs et un partenariat avec le Centre Claude-Robillard, lieu d'entraînement de nombreuses équipes nationales, il suggère la construction d'un complexe sportif, sans trop se faire d'illusions à court ou à moyen terme. Il prône aussi une hausse des budgets alloués au Service des sports (par l'entremise d'une cotisation automatique des étudiants) et la mise sur pied d'un «Club excellence UQAM» pour regrouper les étudiants-athlètes, des propositions qui se concrétiseront quelques années plus tard.

Activités sur le campus central

À l'automne 1989, pour répondre aux demandes des employés, qui souhaitent avoir accès, sur le campus, à un programme de conditionnement physique, les inscriptions sont décentralisées: on peut s'inscrire à l'ÉTS et au pavillon Hubert-Aquin. En plus des activités à l'ÉTS, on peut profiter de la piscine du Latourelle, faire du jazz exercice au pavillon Judith-Jasmin ou s'inscrire au cours «En forme» au pavillon Lafontaine. Un programme de conditionnement physique pour les 55 ans et plus est mis sur pied pour le personnel.

La solution que représente l'ÉTS ne peut qu'être temporaire. Les installations ne sont pas idéales et le nombre d'étudiants de l'UQAM qui prennent le temps de s'y déplacer reste peu élevé. «C'était le bâtiment d'une ancienne école secondaire. Les gymnases étaient situés au sous-sol, nos bureaux étaient au rez-de-chaussée et il n'y avait pas de guérite pour accueillir les visiteurs, se rappelle Manon Vaillancourt, embauchée en 1989 à titre de responsable du Service d'animation sportive, nouvelle appellation du Service des sports. Nous y avons néanmoins mis sur pied le premier camp de jour sportif de l'UQAM à l'été 1991.»

Manon Vaillancourt, qui se décrit comme une «réaliste optimiste» est entrée en poste avec une vision à long terme de ce que pouvait devenir le sport à l'UQAM. C'est elle qui réussira à convaincre la Direction de l'UQAM de se lancer dans le projet d'un centre sportif. 

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