Les retombées olympiques

Comme toute la population montréalaise, la communauté uqamienne a vécu au rythme des Jeux de 1976.

13 Mars 2017 à 16H03

Série Campus sportif
À l'occasion du 20e anniversaire du Centre sportif, les artisans de la première heure racontent l'histoire du sport à l'UQAM. Quatrième texte de la série.

Pierre Lassonde, animateur au Service des sports, porte fièrement la flamme olympique entouré d'une douzaine de collègues et d'étudiants de l'UQAM. On aperçoit à sa droite Raymnond Lamarche, directeur du Service des sports à l'époque.Photo: Archives UQAM

La tenue des Jeux olympiques à Montréal, en 1976, a été un événement marquant pour la Ville, mais aussi pour l'UQAM et son Service des sports. «Depuis l'annonce des Jeux olympiques, prévus pour l'été 1976, il devient de plus en plus difficile de louer des plateaux sportifs à travers la ville», annonçait déjà en 1974 Jean-Guy Prescott, alors responsable intérimaire du Service des sports.

Pour les jeunes de l'époque, les Jeux sont une occasion rêvée de se dénicher un emploi. Le Comité organisateur des Jeux olympiques (COJO) installe un bureau au service de placement de l'UQAM afin de recruter un maximum d'étudiants. «Depuis un an, environ 500 étudiants de l'UQAM ont fait des demandes au COJO», mentionne le journal L'UQAM en novembre 1975.

Le Département de kinanthropologie obtient le mandat d'évaluer la forme physique des athlètes canadiens participant aux épreuves de tir au pistolet, de canot-kayak et de tir à l'arc. Professeurs et techniciens mettent au point des simulateurs permettant aux athlètes de reproduire en laboratoire chacun des mouvements propres à leur sport tandis que l'on mesure leur endurance, leur force et leur dépense d'énergie, entre autres.

Un peu avant le début des Jeux, Pierre Lassonde, animateur au Service des sports, a vent de la possibilité de participer au relais de la flamme olympique et il inscrit 12 représentants de l'UQAM (des employés et des étudiants). «Le groupe a parcouru un kilomètre avec la flamme. Ce fut une expérience mémorable!», raconte-t-il.

Durant l’été 1976, une partie du pavillon Latourelle ainsi que les terrains adjacents sont loués au COJO afin d’y aménager un campus international de la jeunesse.  Jean-Guy Prescott lui-même est «prêté» au COJO pendant quatre mois afin de travailler au village olympique. « Après les Jeux, le Service des sports de l'UQAM, qui avait récupéré les tapis de judo et de lutte pour le pavillon Latourelle, a connu des années de très grande ferveur sportive», se rappelle Alain Giasson, à l'époque étudiant en éducation physique, avant d'être embauché en 1980 comme animateur. Plusieurs installations héritées de l'épopée olympique, comme la piscine olympique, le Centre Claude-Robillard et le Centre Étienne-Desmarteau ont servi aux étudiants de kinanthropologie au cours des années suivantes, ajoute-t-il.

Déménager au Stade?

En 1977, tandis que le Latourelle ouvre ses portes à la population du quartier, un projet voit le jour: déménager le Service des sports et le Département de kinanthropologie dans le mât du Stade olympique. L'idée émane du Comité consultatif chargé d'étudier l'avenir des installations olympiques, présidé par Jean-Claude Marsan, directeur de l'École d'architecture de l'Université de Montréal. Ce comité recommande «d'intégrer au Parc olympique les services d'éducation physique et les équipements sportifs des Universités du Québec à Montréal et Concordia.» On veut ouvrir les installations olympiques à la population de l'est et du centre de Montréal, en plus d'y intégrer tout un ensemble d'activités relevant de la Ville de Montréal.

Photo: Nathalie St-Pierre

Claude Charron, ministre délégué au Haut-Commissariat à la Jeunesse, aux Loisirs et aux Sports dans le gouvernement Lévesque, est responsable des installations olympiques. En octobre, 1977, il a une première rencontre avec les responsables des Services aux étudiants de l'UQAM. «M. Charron a pu se rendre compte lui-même de la modestie des équipements sportifs et des facilités qui sont actuellement à la disposition de la population de l'UQAM», souligne le journal L'UQAM.  Début décembre, le ministre sollicite une deuxième rencontre avec le recteur Claude Pichette.

Un comité est alors mis sur pied par le Conseil d'administration de l'UQAM pour évaluer la pertinence et la faisabilité du projet. Ses travaux débouchent sur une entente de principe avec la Régie des installations olympiques (RIO), qui fait l'objet d'une résolution adoptée par le Conseil d'administration. L'UQAM insiste sur l'importance d'une zone vouée au sport amateur et à sa promotion, en lien avec la collectivité. Des plans sont produits par la RIO, dont on trouve trace dans les archives de l'UQAM.

Le projet ne verra toutefois jamais le jour. «Malgré un lien direct par la ligne verte du métro, c'était beaucoup trop loin», commente le directeur du Service des sports de l'époque, Raymond Lamarche. Pierre Lassonde, qui a pris la relève dans ce dossier, était pourtant prêt à tenter le coup. «On nous disait qu'il y avait beaucoup d'espace pour nous au Parc olympique, se souvient-il. J'y ai cru, mais il n'y avait pas de volonté politique pour réaliser ce projet à l'UQAM.» En fait, le projet ne faisait pas l'unanimité, beaucoup trouvant les installations olympiques trop loin pour être facilement accessibles pour les étudiants.

Les allers-retours entre la Régie des installations olympiques (RIO) et l'UQAM achoppent en outre sur plusieurs points. La RIO souhaite réaliser «un simple projet de location d'espaces dans un environnement voué à l'exploitation commerciale, dont les activités principales s'avèrent incompatibles avec la mission sociale de l'Université», souligne le directeur des SVE, Laurent Jannard, dans un document daté de 1981. Le projet reviendra tout de même à l'avant-scène épisodiquement, avant d'être abandonné définitivement au tournant des années 1990. 

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