Un Centre sportif tout neuf!

La construction du pavillon a débuté en février 1994.

18 Avril 2017 à 16H23

Série Campus sportif
À l'occasion du 20e anniversaire du Centre sportif, les artisans de la première heure racontent l'histoire du sport à l'UQAM. Sixième texte de la série.

Les employés s'installent dans le nouveau Centre sportif dès l'automne 1996 et l'inauguration officielle a lieu le 20 janvier 1997.
Photo :Centre sportif

«L'UQAM aura son complexe sportif», titre en une le journal L'UQAM du 17 mai 1993. Ce nouveau complexe sera situé à l'angle des rues Sanguinet et René-Lévesque. On y prévoit entre autres une piscine de dimension semi-olympique, une salle multisport ceinturée d'une piste de course en surélévation, une salle polyvalente, une salle d'entraînement cardio-vasculaire et de musculation ainsi qu'un mur d'escalade, pour un total de 5000 mètres carrés. Quelques unités de résidences étudiantes seront intégrées au projet, apprend-on. L'UQAM sera locataire pendant 25 ans. Par la suite, le complexe sportif lui appartiendra.

L'annonce de la construction d'un centre sportif tout neuf a été accueillie avec joie par la communauté universitaire. «Les étudiants le réclamaient depuis longtemps, se souvient Manon Vaillancourt, à l'époque responsable du Service de l'animation sportive. Ils avaient même bloqué la rue Sainte-Catherine et installé un filet de volleyball pour promouvoir l'activité sportive et faire comprendre au gouvernement que c'était un besoin essentiel pour eux. Ils trouvaient inacceptables que l'université n'ait pas de centre sportif.»

Le projet était piloté par la vice-rectrice, administration et finances de l'époque, Florence Junca-Adenot, aujourd'hui professeure associée au Département d'études urbaines et touristiques de l'ESG UQAM. «J'ai mis le projet de construction sur les rails avant de quitter le vice-rectorat en mai 1996», se rappelle celle qui fut vice-rectrice pendant 13 ans et qui fut responsable des principaux projets de construction du campus central dans les années 1980 et 1990.

Démolition du bâtiment situé au coin des rues Sanguinet et René-Lévesque avant la construction du Centre sportif de l'UQAM, février 1994.Photo: Archives UQAM

Entre 1994 et 1996, le Service d'animation sportive suspend ses activités le temps que la construction du nouveau centre soit complétée. La piscine du Latourelle est définitivement fermée. Seul le Centre d'accès à la nature demeure ouvert pendant cette période. Les équipes de soccer masculin, de ski alpin et de golf des Citadins poursuivent également leurs activités. Mis à part les animateurs Jean-Guy Prescott, Jean-Yves Groulx et Anita Choquette, ainsi que la secrétaire Raymonde Chaussé, les employés du Service des sports sont réaffectés à d'autres services. Alain Giasson, par exemple, est «prêté» aux Services à la vie étudiante d'où il effectue les études de mise en marché pour le futur centre sportif. «Je préparais également les campagnes de communication, les programmes de commandites et la signalisation du futur pavillon», précise ce dernier.

La construction officielle du nouveau pavillon débute en février 1994. À titre de responsable intérimaire du SAS – Manon Vaillancourt avait obtenu un poste de cadre au Service des immeubles et de l'équipement –, Jean-Guy Prescott s'y est investi corps et âme. «Ce fut mon dernier dossier, mais quel dossier!», se rappelle celui qui a pris sa retraite en 1997, tout juste après l'ouverture du Centre sportif. «Comme j'avais travaillé par le passé sur des chantiers de construction et que j'avais visité tous les centres sportifs qui s'étaient construits au cours des 20 années précédentes, autant dans les universités que dans les cégeps, j'avais ce qu'il fallait pour suivre de près toutes les étapes.»

Tandis que Jean-Guy Prescott veillait au projet de construction, Jean-Yves Groulx préparait la programmation et achetait les équipements du futur centre sportif. Anita Choquette coordonnait le programme des Citadins et veillait à la programmation du secteur aquatique et des camps de jour.

Pour l'Université, le projet est «l'aboutissement de vingt ans de pourparlers avec les divers paliers de gouvernement», souligne le journal L'UQAM. Malgré des compressions massives, la pertinence du Centre sportif n'est pas remise en question. Les associations étudiantes ont été les premières à défendre le projet, «une question de santé, mais aussi de qualité de vie, de productivité dans le rendement académique, de sentiment d'appartenance qu'il faut développer, et surtout d'équité: pourquoi les étudiantes et les étudiants de l'UQAM seraient-ils privés des services sportifs auxquels ont droit ceux et celles qui fréquentent les autres universités et la plupart des collèges ?», demandaient-elles.

Inauguration officielle

Les employés s'installent dans le nouveau Centre sportif dès l'automne 1996 et l'inauguration officielle a lieu le 20 janvier 1997. La piscine, qui n'est pas terminée, ouvrira ses portes l'automne suivant. Le contraste avec les pavillons précédents est frappant: tout est neuf! Le succès est au rendez-vous: plus de 6000 étudiants s'inscrivent dès la première session afin de profiter de la salle de conditionnement physique et d'une cinquantaine d'activités dirigées, de quelque 20 activités libres et de plusieurs sports d'équipe.

La tempête de verglas

En janvier 1998, le Centre sportif est transformé en centre d'hébergement durant la crise du verglas. Ouvert 24 heures par jour, il accueille jusqu'à 240 sinistrés la nuit, soit des personnes âgées, des familles avec de jeunes enfants, des itinérants, des handicapés ou des jeunes qui vivent dans les rues du centre-ville.

La cotisation automatique

«L'une des grandes forces du Centre sportif a été et est toujours de faire partie des Services à la vie étudiante (SVE), affirme Manon Vaillancourt, directrice du Centre sportif de 1996 à 2009 et ancienne directrice des SVE. Cela nous a permis de mettre en place la cotisation automatique pour financer l'animation sportive avec l'accord des associations étudiantes.»

Les Services à la vie étudiante tels que nous les connaissons aujourd'hui ont été mis en place en 1993, après une vaste consultation auprès de la communauté universitaire, rappelle Manon Vaillancourt. Un Comité de la vie étudiante (CVE), composé majoritairement de représentants étudiants, a été créé en 1994. Un Comité des usagers  du Centre sportif a aussi été créé dès son ouverture, en 1997. «Ces deux instances ont entériné la mise en place d'une cotisation automatique pour l'animation sportive, à même les frais de scolarité, explique Manon Vaillancourt. Pierre Gladu, à l'époque directeur des SVE, avait piloté le dossier.»

Au départ, la somme demandée était de 4,50 dollars par crédit. Cette cotisation sera finalement réduite à 3,65 dollars par crédit, puis à 3,36 dollars quelques années plus tard. Au départ, seuls les étudiants pouvaient utiliser le Centre sportif. «Ils le finançaient grâce à la cotisation automatique, mentionne Manon Vaillancourt. Mais cette politique a causé de la grogne, car le personnel voulait aussi fréquenter le Centre. Nous recevions beaucoup de plaintes!» Finalement, le Centre sportif a été ouvert au personnel à partir de l'automne 1997.

«Les étudiants ont toujours été au cœur de l'évolution du sport à l'UQAM et leurs réflexions ont toujours été justes, autant par rapport à la cotisation automatique que par rapport au sport d'excellence.»

Manon Vaillancourt

Directrice du Centre sportif (1996-2009) et des Services à la vie étudiante (2009-2017)

À l'automne 2008, le CVE recommande au Comité exécutif de l'UQAM d'entériner le projet de transformation d'une cotisation par crédit à une cotisation par personne. «La demande est venue des étudiants en éducation, qui jugeaient que la pratique de l'activité physique était importante et que l'on n'avait pas à départager qui est à temps partiel et qui ne l'est pas. Selon eux, tout le monde devait avoir accès au Centre sportif», raconte Manon Vaillancourt. Établie au départ à 40 $ par personne, la cotisation uniforme s'élève aujourd'hui à 42,96 $ par trimestre (automne et hiver) pour tous les étudiants, qui deviennent ainsi automatiquement membres du Centre sportif.

«En 1999, la cotisation pour l'animation sportive représentait 80 % du financement du Centre sportif. Aujourd'hui, elle représente 68 %», souligne Manon Vaillancourt. Les camps de jours, réintroduits au Centre sportif dès 1998, et la location de plateaux sportifs ont permis de diminuer la pression sur la cotisation étudiante. «Les étudiants ont toujours été au cœur de l'évolution du sport à l'UQAM et leurs réflexions ont toujours été justes, autant par rapport à la cotisation automatique que par rapport au sport d'excellence», estime Manon Vaillancourt.

Pas de souterrain?

L'UQAM est reconnue pour son réseau souterrain, directement relié au métro. Bizarrement, le Centre sportif ne bénéficie pas de ce réseau souterrain, puisque ce dernier s'arrête au pavillon De-Sève, construit quelques années plus tard. «Il y a eu beaucoup de discussions à propos de l'opportunité de creuser un corridor souterrain, mais il avait finalement été décidé que l'un des buts du Centre sportif était d'animer le quartier. Quoi de mieux que des usagers qui prennent l'air pour s'y rendre afin de mettre de la vie dans les rues avoisinantes?», demande Florence Junca-Adenot.

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